La philosophie a-t-elle encore une place dans notre société ?

Le Regard Libre N° 1 – SoΦiamica

Platon, il y a quelques millénaires de cela, disait avec brio : « la philosophie commence avec l’étonnement ». Il comprenait ainsi qu’en observant le monde qui nous entoure, l’homme, par nature avide de savoir, se mettait à philosopher, ou en d’autres termes à réfléchir sur la vie.

Et pourtant, environ vingt-cinq siècles plus tard, son idéologie semble avoir totalement disparu : l’homme est tout simplement blasé par son quotidien et a perdu l’étincelle d’admiration qui animait ses yeux. Chaque matin, il se lève, il se rend à son travail, passe difficilement sa journée en gémissant face au labeur, rentre chez lui et s’endort finalement, fatigué par une désolante habitude. De plus, il a plongé dans un rationalisme extrême : le dernier courant de pensées en date n’est autre que la philosophie analytique, soit un affreux dédale absurde de logique pure, de calculs et de fonctions, qui a pour différentes variables et inconnues des sentiments ou des passions, eux-mêmes par définition irrationnels. La caricature peut paraître forte, mais elle retranscrit hélas assez fidèlement la mentalité actuelle.

Revenons à notre « Monsieur-tout-le-monde » et posons-lui une question : a-t-il pris le temps de penser, aujourd’hui ? Certainement ! De quels habits allait-il parer sa carcasse ? Que mangerait-il pour satisfaire sa panse bien grasse ?

Il nous répondra avoir eu des obligations plus importantes, des devoirs urgents, par exemple une société à diriger, un foyer à entretenir, etc… Et voilà le problème de notre pragmatique époque : nous n’avons, soit disant, plus le temps de réfléchir ! La vie est réelle, concrète, tangible : il faut s’occuper de faits, pas de pensées. La philosophie n’apparaît plus que comme un « extra », une distraction, pour ceux qui ont du temps à perdre avec des questions insolubles.

Or je ne crois pas à cette façon de penser. Il est même certain que tôt ou tard, chacun d’entre nous sera forcé à sortir de la sphère matérialiste afin de se confronter aux réalités non pas physiques, mais métaphysiques ! Quelques questions banales suffiront : qui sommes-nous ? « pourquoi » et « pour quoi » sommes-nous ici ? Et je puis vous assurer que nous désirerons en connaître les réponses. Aujourd’hui encore, un homme me disait : « La nature humaine est ainsi faite : on est frustré de ne pas savoir. »

Où est donc passée cette merveilleuse capacité à s’émerveiller du monde et à reconnaître les petits détails qui « pigmentent » la vie, cette volonté d’en savoir plus sur la nature non seulement cosmique mais aussi humaine ? Où est le désir de sagesse et surtout de vérité ?

En résumé, à quand le retour de l’émerveillement ?

À méditer.

Crédit photo : © Les-Philosophes.fr

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