Qui de nous a pleuré ?

Le Regard Libre N° 1 – Loris S. Musumeci

Lampedusa, 3 octobre 2013, le naufrage d’un bateau d’émigrants fait plus de 300 morts sur un total de 500 passagers. Ce fut la plus grande catastrophe en mer Méditerranée de notre siècle. Une véritable tragédie! Plusieurs naufrages avaient déjà eu lieu auparavant, et le drame continue ; régulièrement, des bateaux d’âmes désespérées sombrent au large de la petite île sicilienne. Si bien que nous comptons, depuis les quatre dernières années, presque 2000 morts rien qu’en ces belles mais tristes côtes de Lampedusa.

Ce voyage de l’espérance s’est malheureusement transformé en voyage de la mort pour beaucoup (trop) d’hommes, de femmes et d’enfants, qui n’avaient pour seul désir qu’une vie plus sûre, loin des guerres, des famines et des pleurs.

Cependant, au bout de ce tunnel si sombre et qui semble sans fin, apparaît une légère lumière. C’est la lumière de l’espérance, que le Pape François nous a livrée lors de sa célébration pour les défunts de Lampedusa, le 8 juillet dernier, en visite sur les lieux mêmes du drame.« Qui de nous a pleuré? » Ces mots à la fois étonnants et pleins de sens ont été prononcés par le Pape dans sa – maintenant célèbre – homélie de Lampedusa. « Qui de nous a pleuré pour ce fait et pour les faits comme celui-ci ? Qui a pleuré pour la mort de ces frères et sœurs ? Qui a pleuré pour ces personnes qui étaient sur le bateau ? Pour les jeunes mamans qui portaient leurs enfants ? Pour ces hommes qui désiraient quelque chose pour soutenir leurs propres familles ? Nous sommes une société qui a oublié l’expérience des pleurs, du ‘’souffrir avec’’ : la mondialisation de l’indifférence nous a ôté la capacité de pleurer. » Ces paroles poignantes de François nous incitent à combattre, avec comme seule arme l’amour du prochain, la « mondialisation de l’indifférence »…

Le Pape ‘’du bout du monde’’ nous invite alors tous, croyants ou non (peu importe !), à être les « gardiens de nos frères ». En effet, « La vocation de ‘’garder’’, qui concerne tous les hommes, c’est le fait de garder les gens, d’avoir soin de tous, de chaque personne, avec amour, – spécialement des enfants, des personnes âgées, de celles qui sont plus fragiles et qui souvent sont dans la périphérie de notre cœur (…) C’est aussi le fait de vivre avec sincérité les amitiés, qui sont une garde réciproque dans la confiance, dans le respect et dans le bien. Au fond, tout est confié à la garde de l’homme, et c’est une responsabilité qui nous concerne tous. »

Ecrire à l’auteur : loris.musumeci@leregardlibre.com

Crédit photo : © The Guardian

 

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