L’importance de la durée

Le Regard Libre N° 3 – Jonas Follonier

Le 20 mars dernier, Ovide, poète latin d’excellence, aurait eu 2057 ans – un âge relativement avancé. Sa poésie, quant à elle, n’a pas pris une ride.

En m’imprégnant, un soir parmi d’autres, de cette merveilleuse traduction des fameuses Métamorphoses faite en alexandrin par M. Desaintange, je ne peux m’empêcher de ressentir en moi une grande admiration, tout d’abord pour cette esthétique, mais aussi pour cette pulsion d’immortalité, de génie soucieux de la postérité, à chaque fois que j’en relis les premiers vers :

Je cède à mon génie, et je veux, dans mes veilles,
Des corps jadis changés célébrer les merveilles.
Dieux ! vous qui fîtes seuls ces changements divers,
Dans ce hardi projet encouragez mes vers :
Et du berceau des temps descendant d’âge en âge
Jusqu’aux jours des Césars conduisez mon ouvrage.

Les Anciens avaient en effet compris l’importance de la durée. L’immédiat, si chéri de notre époque dans nombre de domaines, était à l’opposé de leurs idéaux. Et si la durée s’applique à l’art en général, elle vaut aussi pour toute œuvre : l’architecture, la politique ou encore l’économie – à supposer qu’il faille à présent distinguer celle-ci de celle-là – ne devraient pas hésiter à y aspirer.

Ecrire à l’auteur : jonas.follonier@leregardlibre.com

Crédit photo : © frenchtouch2

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