« Et le Verbe s’est fait chair »

Le Regard Libre N° 7 – Loris S. Musumeci

Noël, Noël, Noël… en ce beau mois de décembre, c’est sans doute le nom que l’on prononce ou entend le plus. Mais que signifie-t-il réellement ? En quoi et où peut-on véritablement le trouver ? Si ces questions ont bien lieu d’être, c’est parce qu’il serait illusoire et faux d’enfermer le « Noël » soit dans la fête commerciale sponsorisée par le père Noël et ses lutins, soit dans une simple célébration religieuse chrétienne. Le Noël est bien plus que cela, il s’incarne complètement dans la réalité.

Cependant, avant d’aller plus loin dans la réflexion, il semble intéressant de s’arrêter sur ces deux « perceptions-types ». La première, celle du « Noël-matérialiste », semble assez évidente. En effet, dès le mois de novembre déjà, nous commençons à percevoir le phénomène de la course folle aux cadeaux, à la plus grande joie des centres commerciaux bien sûr. Jusque là, rien ne semble mauvais en soi. Qu’y a-t-il de mal à vouloir offrir des cadeaux à ses proches ? Rien. Toutefois, ce qui pourrait être bien dommage, c’est acheter et offrir par automatisme, sans donner du sens aux cadeaux. Dans ce cas, ces derniers seraient facilement vides d’intention, et la dimension de « don » s’effacerait vite du cadeau. Cela se produit notamment par la « pratique » du cadeau ; c’est-à-dire que l’on offre simplement parce que c’est « Noël », la « fête des cadeaux ». Ce qui peut provoquer ce vide de sens aux cadeaux, c’est également le contexte de stress et d’agitation dans lequel ils sont achetés.

Etonnamment, la deuxième « perception-type » est intimement liée à la première. En effet, il a été question du problème de l’automatisme dans la première vision, celle du « Noël-matérialiste ». Il s’agit également de ce fameux automatisme pour cette deuxième perception, celle de la simple célébration religieuse. C’est ici plus précisément un problème de « pratique ». De ce fait, lorsque Noël est vécu exclusivement en tant que pratique religieuse, remonte à la surface le même problème, celui de ne pas donner de réel sens aux événements. La fête de Noël ne peut se vivre véritablement que dans la réalité, c’est-à-dire dans la Vie pratique. Il est d’ailleurs intéressant de remarquer que la dimension de réalité est essentielle dans le Noël car c’est justement l’Evénement qui célèbre l’incarnation ; en quelque sorte il s’agit de l’ « abstrait » qui se fait chair, qui entre donc pleinement dans notre réalité humaine.

A ce point, le lien spirituel avec le véritable Noël chrétien prend tout son intérêt.

Et le Verbe s’est fait chair (Jn 1:14)

C’est là que se trouve le sens de Noël ; dans cet Absolu (ce qui nous dépasse, ce que l’on peut appeler Dieu, Verbe…) qui prend véritablement chair, qui s’immerge complètement dans la réalité que nous vivons. Selon la vision chrétienne, c’est justement Dieu qui s’incarne en la personne de Jésus-Christ, d’où la célèbre sentence de l’astronaute américain James Irwin : «  Le plus important, ce n’est pas que l’homme ait marché sur la lune, mais que Dieu ait marché sur la terre. » Cependant, ce qui est plus intéressant encore, c’est de voir en qui cet Absolu prend chair pour rejoindre l’Homme. Alors qu’Il aurait pu se révéler dans un grand théologien avec ses grandes et belles théories, Il s’est rendu homme dans la plus pauvre et simple des conditions : un bébé aux modestes parents qui naît dans l’humilité d’une écurie. En effet, un bébé, c’est de l’amour, de l’Amour qui s’incarne.

Que chacun accueille ce message selon sa sensibilité et ses convictions. Toutefois, ce qui semble vraiment universel dans la pensée de Noël, que l’on soit croyant ou non, c’est que les plus belles choses, comme l’amitié, se vivent dans la plus pure beauté de la simplicité.

Ouvrons nos cœurs au Noël, disposons-les à l’amour.

Dans l’amitié, je vous souhaite, chers lecteurs, mes vœux les plus sincères pour un bel et joyeux Noël.

Ecrire à l’auteur : loris.musumeci@leregardlibre.com

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