Tolérance et philanthropie – L’interview de Claude Oreiller

Le Regard Libre N° 10 – Sébastien Oreiller et Jonas Follonier

Monsieur Claude Oreiller nous a très aimablement reçus dans son bureau afin de répondre à nos questions relatives à son expérience en tant que président du Parti radical démocratique valaisan et en tant que vénérable de la loge maçonnique de Bex. Il est à présent également directeur des Transports Publics Chablais.

S. O. et J. F. : Pouvez-vous tout d’abord nous décrire votre parcours ?

Claude Oreiller : J’ai commencé la politique en 1988 au niveau local en tant que conseiller municipal à Massongex. Au début des années 90, je suis entré au comité directeur du PRD Valais, dont je suis devenu président en 1997 jusqu’en 2001. En mai 1983, je suis entré dans la loge de Bex, à laquelle je suis resté très fidèle. J’en suis d’ailleurs devenu vénérable par la suite.

Pouvez-vous présenter la franc-maçonnerie en deux mots ?

Tout d’abord, cette organisation est dotée d’un mélange socio-culturel très intéressant. Tous les membres peuvent échanger librement. Seuls deux sujets sont interdits : la religion et la politique, afin d’éviter les discordes. Il n’y a rien d’occulte. On trouve ce qui s’y passe dans n’importe quelle librairie ou sur Internet. Quant au fameux secret, il s’agit plutôt d’un secret intransmissible de l’expérience vécue lors de l’initiation. On n’arrive pas à l’exprimer. Quant aux réticences de l’Eglise, elle viennent plutôt d’une aile ultramontaine, à l’instar de Mgr Lefebvre (ndrl : le fondateur d’Ecône). En outre, il existe de nombreuses convergences entre l’Eglise et la franc-maçonnerie. Foi et maçonnerie sont totalement conciliables. Par ailleurs, la franc-maçonnerie a contribué à la modernisation du Valais, notamment à travers la création de l’Ecole Libre du Châble, qui témoigne d’un courage remarquable au début du XXe siècle face à l’opposition du clergé.

Que pensez-vous de la décision du Grand Conseil que les élus et magistrats appartenant à une loge doivent le signaler ?

À l’époque, j’avais sollicité Philippe Bender pour préparer la réponse à cette motion de l’UDC datant de 2003. Reprise en 2014, cette motion a été acceptée par le Grand Conseil et renvoyée à la présidence du Conseil d’Etat. Le principe de tolérance dans l’Etat est mis à mal avec le contexte actuel. C’est dommage.

Enfin, pouvez-vous nous parler du Lions Club ?

Il s’agit d’un club de service qui fonctionne en tant que réseau d’amis. J’ai surtout contribué au jumelage de mon Club du Chablais avec des Clubs Lions de la région de Rome pour la mise en lumière de la Via Francigena dans la région du Chablais, ceci avec le soutien déterminant du Père Abbé de St. Maurice Joseph Roduit.

Merci pour cette interview, et comme disait Matthieu Ricard, « le sourire, c’est la porte du cœur qui s’ouvre à l’autre. »

Ecrire aux auteurs :  sebastien.oreiller@netplus.ch et jonas.follonier@leregardlibre.com

Crédit photo : © lenouvelliste.ch

 

 

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