Le congé paternité de deux semaines est enterré

Regard sur l’actualité – Nicolas Jutzet

La polémique de la semaine nous vient de Berne, où « l’affreuse » majorité bourgeoise du Conseil National a définitivement recalé un projet de congé paternité de deux semaines. Pour rappel, celui-ci avait déjà été refusé par le Conseil des Etats en novembre 2015.

S’ensuivit l’habituelle pluie de remontrances et les accusations lancées par les autoproclamés « progressistes » aux abominables « conservateurs ». On les accuse de promouvoir, en 2016, au XXIème siècle (rendez-vous compte !), un modèle de société dépassé, dans lequel la femme s’occupe des enfants pendant que le mari assure la sécurité financière du ménage. C’est évidemment faux, du moins pour la grande majorité. En face, on rétorque que la famille est une affaire privée, que l’Etat n’a pas à s’immiscer dans la politique familiale.

Etant personnellement farouchement opposé à ce congé paternité, j’irais même plus loin : il faut supprimer le congé maternité ! En effet, toute « subvention » de politique familiale porte atteinte à la famille authentique, celle qui voit le jour de manière spontanée (et donc selon sa volonté !). Chaque individu a sa vision propre de la famille idéale, de ce fait il est absurde de continuer à arroser un modèle de famille « figé ». En agissant de la sorte, on porte atteinte à tous ceux qui sortent du cadre établi. Cette discrimination doit cesser. Fonder une famille, ou non, est un choix strictement personnel, la société n’a pas à supporter financièrement votre décision. Si les parents devaient payer les frais réels qu’engendrent leur(s) enfant(s), je vous garantis que les salles de classes seraient moins remplies. Et nos difficultés moins nombreuses.

Pour qui s’intéresse au sujet, il est vite évident que le problème est bien plus vaste, et ne se résume pas au seul congé mater/paternité. Nous fonçons dans le mur avec notre système d’assurances sociales qui, en plus d’être coercitif, est structurellement déficitaire. La solution prônée par certains consiste à encourager le peuple à se reproduire, afin que les progénitures puissent à terme financer la retraite des anciens. Une fuite en avant qui me rappelle le système de Ponzi. Le jour où le château de cartes s’effondre, le système éclate. Il va falloir se battre pour éviter que les charges et les conséquences de ce système déficient ne retombent sur notre génération ainsi que les suivantes.

« Dès lors que la solidarité est obligatoire, elle n’a plus de valeur morale. Et pour ce qui est des retraites, elle ne désigne en fait que le vol d’une génération par une autre. » (Pascal Salin)

Ecrire à l’auteur : nicolas.jutzet@leregardlibre.com

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