L’Italie homosexuelle se révèle

Regard sur l’actualité – Loris S. Musumeci

Mercredi 11 mai dernier, la Chambre des députés italienne a finalement adopté, à 369 voix contre 193, la loi sur la Formation sociale spécifique ou loi Cirinnà. Elle a confirmé le choix du Sénat exprimé le 25 février de cet an qui était en faveur de l’adoption de la loi à 173 voix contre 71. Le pas est assez large pour une Italie encore ancrée dans son identité catholique et ne manque pas de susciter l’habituelle « polemica ».

La Formation sociale spécifique, qui passa aux yeux du reste de l’Europe pour un mariage homosexuel, est en réalité un équivalent du Pacte civil de solidarité – PACS. Elle est la première reconnaissance juridique pour les couples homosexuels en Italie. Ses fins consistent en la mise en commun des biens matériels, à l’assistance morale, au droit à l’hérédité lors du décès d’un des deux compagnons ainsi que des droits civils d’être considérés comme d’un même noyau « familial » ; cela permettrait la visite en prison ou l’hôpital. La loi a cependant dû renoncer à la permission d’adopter l’enfant du partenaire ainsi qu’à l’obligation de fidélité. Remous, compromis et ruses politiques le permirent : les conservateurs et leur ministre de l’intérieur Angelino Alfano ont accepté la loi proposée par le centre-gauche de Matteo Renzi, premier ministre, à condition qu’on en reste proprement là : point de mariage homosexuel ni d’adoption.

Si cette loi n’a rien de nouveau et d’exceptionnel pour l’Europe, elle demeure néanmoins d’envergure bien conséquente. La date du 11 mai n’était pas encore passée que déjà certaines associations de lesbiennes et homosexuels exigeaient un mariage à part entière et que la droite annonçait sa révolte prochaine.

La société progresse, les valeurs s’estompent et l’avenir est marqué de mystères. Où va-t-on ? Nous le découvrirons demain, demain et demain.

Ecrire à l’auteur : loris.musumeci@leregardlibre.com

Crédit photo : www.psychologies.com

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