Oui à la vente de reins

Le Regard Libre N° 21 – Jonas Follonier

Dans chaque pays d’Europe, des dizaines de milliers de personnes souffrent d’une insuffisance rénale nécessitant soit une dialyse soit une greffe. Seule la greffe permet de survivre ; l’espèrance de vie d’une personne sous dialyse – un lourd traitement devant être effectué plusieurs fois par semaine – est en effet de cinq ans. Les dialysés représentent 40% des malades rénaux. En France, près de 10’000 d’entre eux meurent chaque année.

Quant à la greffe dont ont la chance de bénéficier les 60 % restants, elle provient le plus souvent d’une personne décédée. Or les reins provenant d’un don d’une personne vivante sont de bien meilleure qualité et assurent une bonne santé. Problème : les reins, voilà à peu près la seule chose que nous avons le droit de donner, mais non de vendre.

Cette situation mériterait réflexion, pour une raison très simple : il y a une très forte demande en reins (des milliers de personnes meurent chaque année), mais leur vente est interdite. Or un être humain vit globalement très bien après le don de l’un de ses deux reins.

Il ne serait pas déraisonnable de considérer le cas de l’Iran, seul pays à légaliser la vente de reins : là-bas, on verse 4’000 dollars à une personne qui fait part de l’un de ses reins et sa santé est suivie gratuitement par des médecins jusqu’à la fin de sa vie. Ainsi, en plus d’être une nécessité morale, la légalisation de la vente de reins est une nécessité économique : les rémunérations des « donneurs » de reins et leur suivi médical représenteraient un bien moindre coût pour la société que les montants gigantesques servant à financer les dialyses.

Un tel marché devrait avoir le droit d’exister, à condition qu’il soit régulé et surveillé.

Ecrire à l’auteur : jonas.follonier@leregardlibre.com

Crédit photo : © rts.ch

 

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