La gauche française…

Regard sur l’actualité – Jonas Follonier

Cinq mois avant les présidentielles françaises, la gauche se dessine. La première chose qu’il convient de remarquer, c’est qu’il y aura trop de candidats. La dispersion des voix constitue un piège que les ténors du côté babord de l’échiquier politique français auraient pu, et dû, éviter. De l’extrême gauche au centre-gauche, on pourrait bien compter pas moins de six candidats (et sans doute plus) : une écologiste, un(e) anti-capitaliste, un communiste, une radicale de gauche, un(e) socialiste, un libéral progressiste et peut-être encore d’autres !

Clairement, il s’agit d’un gros n’importe quoi. Yannick Jadot, le candidat vainqueur de la primaire d’Europe Ecologie Les Verts, est inconnu du peuple. Philippe Poutou, du Nouveau Parti Anticapitaliste, reconnaîtrait, s’il avait un peu de décence, que sa candidature consiste en une farce, de mauvais goût qui plus est. Sylvia Pinel, elle, s’est autoproclamée candidate du Parti radical de gauche ; un peu d’histoire du radicalisme lui rappellerait que ne pas passer par une primaire revient à bafouer la philosophie qu’elle est censée porter.

Restent trois candidats qui, contrairement aux trois autres, ne servent pas de décoration et qui donc ont leur importance : Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon et celui ou celle que les militants socialistes éliront à la primaire citoyenne de janvier. Macron s’est surpris lui-même du succès qui fut le sien samedi lors de son premier meeting parisien ; entre 10’ooo et 15’ooo personnes se sont rassemblées autour de ce libéral atypique, qui a fini son discours en transe, criant : « Vive la République, vive la France ! »

Du côté du Parti socialiste, le choix se fera sans doute entre un protectionniste (Arnaud Montebourg) et un social-démocrate bien à droite sur les questions identitaires (Manuel Valls). Parmi les autres candidats, mon regard s’est arrêté sur Vincent Peillon, ancien ministre de l’Education nationale. Professeur invité durant les deux dernières années à l’Université de Neuchâtel, il se montra être un homme brillant et très pédagogue. J’ai en effet participé à plusieurs de ses cours-conférences.

Cependant, nous pouvons tout de même nous interroger sur sa ligne politique : l’intellectuel républicain a déclaré hier soir au journal de France 2 qu’il serait le candidat du bilan de François Hollande. Même si l’on considérait que le quinquennat qui est prêt de s’achever n’est pas aussi mauvais que l’on voudrait nous faire croire, qui peut s’imaginer un seul instant que le discours tenu par Peillon sera audible auprès du peuple français, quand la popularité du président de la République n’a jamais été aussi basse et l’attente de renouveau aussi manifeste ?

Enfin, celui dont on dit parfois qu’il a le plus de chance à gauche, Jean-Luc-Mélenchon, n’est rien d’autre qu’un imposteur. Ecrivons-le noir sur blanc. Figurez-vous qu’hier, le candidat de La France insoumise a twitté cette phrase :

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Je vous le demande, Monsieur Mélenchon : comment osez-vous proférer telle absurdité ? Comment osez-vous soutenir que la concurrence augmente les prix, alors que c’est tout le contraire ? Qu’elle augmente les coûts, alors que c’est tout le contraire ? Comment osez-vous faire croire au peuple français, accablé d’impôts et de bureaucratie, qu’il vit dans un pays ultra-libéral, alors qu’en réalité celui-ci consiste en un communisme mou ?

S’en prendre au capitalisme est bas, mais permis. Dieu soit loué. Par contre, donner de tels arguments est non seulement bas, mais moralement interdit. Car c’est tout simplement faux. Et, Monsieur Mélenchon, monsieur le populiste, vous le savez très bien. C’est là le plus grave.

Ecrire à l’auteur : jonas.follonier@leregardlibre.com

Image : Jean-Luc Mélenchon (© Le Figaro)

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