Les absurdités de Vincent Peillon, candidat à la primaire du PS

Regard sur l’actualité – Jonas Follonier

Quelle infinie déception ai-je ressenti ces derniers jours en découvrant dans la presse certains propos dont on n’aurait jamais soupçonné qu’ils puissent être prononcés par un candidat à la primaire du PS réputé intellectuel. Vincent Peillon, qui se démarquait de ses amis concurrents par sa formation de philosophe et son étoffe de républicain passionné, semble être tombé vraiment bas.

Sa première erreur fut celle commise sur le plateau de France 2 mardi dernier. Le candidat à la primaire de la gauche a déclaré : « Certains veulent utiliser la laïcité, ça a déjà été fait par le passé, contre certaines catégories de population. C’était il y a quarante ans (sic) les juifs à qui on mettait une étoile jaune, c’est aujourd’hui un certain nombre de nos compatriotes musulmans ».

Il y a là une triple méprise. Tout d’abord, il y a quarante ans, les juifs ne portaient pas d’étoile jaune. Vincent Peillon a sans doute voulu parler des années 40, mais n’est-ce pas là une approximation totalement scandaleuse pour une personne prétendant à la Présidence de la République ? Ensuite, ce que veut véhiculer l’agrégé de philosophie à travers cette phrase relève d’une absurdité déroutante : rappelons tout de même qu’il n’y avait pas de djihad juif à cette époque et qu’il n’y en a jamais eu. Enfin, la laïcité n’a jamais constitué la justification de l’horreur antisémite du XXe siècle.

Mais surtout, cette phrase laisse entendre que les victimes communautaires en France ne sont plus juives, mais musulmanes. Cette analyse, partagée par Edwy Plenel, est absolument fausse. L’antisémitisme existe toujours en France, il gagne même à nouveau en puissance, et il est très majoritairement issu de milieux islamiques. Ce sont dans les quartiers arabo-musulmans que se développe, en ce moment même et de plus en plus, une détestation manifeste du peuple juif.

Cette réalité, malheureusement, ne semble pas être captée par les ondes de ce qu’on appelle désormais l’islamo-gauchisme. Contre toute attente, Vincent Peillon, grand spécialiste de la République et de la laïcité, en devient un représentant incontesté, et tout cela seulement pour des histoires d’électorat, j’en ai bien peur. Bien sûr, il faut reconnaître et combattre le rejet des musulmans ; mais il faut en même temps reconnaître et combattre le rejet des juifs, qui est d’ailleurs plus fréquent.

La deuxième phrase de Vincent Peillon qu’il est difficile de digérer concerne sa vision de la droite. Voici comment il l’a définie mercredi sur TMC : « La droite, c’est des gens qui considèrent qu’il y a des différences entre nous qui font que, par exemple, si nous n’avons pas la même orientation sexuelle, moi, j’ai le droit de me marier, lui n’a pas le droit de se marier ; il est noir, il n’a pas le droit de vote. C’est ça notre histoire depuis deux siècles. »

Je m’abstiendrai ici de longs commentaires. Cette déclaration parle d’elle même. Elle témoigne de l’état actuel d’une gauche qui, sentant bien qu’elle n’arrivera jamais à assumer et à réparer sa trahison de l’électorat populaire, tente de l’attirer par tous les moyens, autant démagogiques que contre-productifs. Dommage, car le candidat Peillon aurait pu rehausser le niveau du débat politique français. Il s’est heureusement bien rattrapé depuis quatre jours, notamment lors de son passage à On n’est pas couché.

Ecrire à l’auteur : jonas.follonier@leregardlibre.com

Crédit photo : Lelab Europe1

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