« Dalida », le grand film biographique de la décennie

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

« Io ti chiedo, io ti prego
Un po’ d’amore, un po’ d’amore per me »

(« Je te le demande, je t’en prie
Un peu d’amour, un peu d’amour pour moi »)

Le texte de Pace sur la musique d’Hayward ouvre le grand film biographique de l’année, voire de la décennie. « Un peu d’amour », c’est ce qu’a demandé Dalida, toute sa vie durant.

Celle-ci, chacun la connaît approximativement. Iolanda Gigliotti est née au Caire en 1933 d’une famille de migrants italiens. En 1954, elle s’envole pour Paris. D’un cabaret à l’autre, elle est rapidement repérée, jusqu’à atterrir sur la scène de l’Olympia en 1956. Une légende est née. Les succès s’accumulent, le cœur s’émerveille connaissant l’approche d’un premier amour. D’un deuxième amour. D’un troisième amour. Et ainsi de suite. Etoile de la chanson, elle est profondément malheureuse. Ses amants passent et se meurent dans l’abîme d’un passé regretté. En 1987, Dalida se suicide ne supportant plus sa vie tragique.

Une tragédie, c’est tout l’objet de la réalisation de Lisa Azuelos dans son hommage à Dalida. Et mémoire honorée il y a bien. Le film est effectivement une vraie réussite. Ce qui n’en fait pourtant pas un chef d’œuvre cinématographique.

Techniquement, la pellicule donne le constat désolé d’une brièveté gênante. Les coupures sont sèches et réduisent les séquences en épisodes. Tout le film n’est cependant pas concerné par la remarque. Il n’en demeure pas moins que cet aspect-là blesse le visionnage d’un spectacle qui se voudrait sans aucun passage de superficialité.

Le choix des acteurs a couru le même risque du survol biographique, plutôt que la pénétration spirituelle. On eût pu craindre des rôles bien joués, bien mimés. Heureusement, il n’en est rien. Sveva Alviti, se transformant en Dalida, a su émouvoir sans caricaturer ; surtout dans la seconde partie du film. Autant la gestuelle de l’interprétation d’un Gigi l’amoroso paraît à la proche limite d’un artificiel de mauvais goût, autant celle du Je suis malade déclenche une douloureuse pluie de larmes. Ecouter un tel titre reste prenant, mais dans le cadre du « biopic » il permet une impressionnante liaison du texte interprété avec le vécu. Si l’actrice avait exagéré, la scène en question aurait été un gâchis, le reste du long-métrage aussi.

Quant aux étapes de l’existence dramatique de la belle Egyptienne, bien que rapides, elles sont correctement ordrées. C’est à dire que les apparitions ne sont justement pas chronologiques. La première image de la biographie peigne les cheveux de celle qui se prépare à la mort, pour passer ensuite à la Vierge Marie. Dès lors, toute l’histoire fera allusion à ces scènes initiales : l’amertume joyeuse et l’espérance tragique d’une femme. Dalida.

« La vie m’est insupportable,
pardonnez-moi. »

Ecrire à l’auteur : loris.musumeci@leregardlibre.com

Crédit photo : Dalida site Officiel

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