« Jour J » ou l’honneur sauvé du cinéma comique français

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Une rubrique partenaire de Cinérevue, l’émission cinématographique de NeuchVox. Prochain direct : lundi 5 juin 2017, 20h30 – 21h00

« La jolie brune Juliette (Reem Kherici, ex-membre de la “Bande à Fifi”, révélée par Canal plus) a fondé avec sa copine Clarisse (Sylvie Testud) une entreprise qui organise des mariages (“Wedding planning”). Un soir, dans un bal costumé, Juliette drague Mathias (Nicolas Duvauchelle) et se le tape dans une calèche. Elle lui laisse sa carte de visite. Mais le lendemain, lorsque la copine de Mathias, la blonde Alexia (Julia Piaton, fille de Charlotte de Turkheim), tombe par hasard sur la carte, le jeune homme, pris de court, prétend qu’il voulait lui faire une surprise : il désire se marier avec elle. Alexia est folle de joie, mais Mathias va désormais devoir organiser un mariage qu’il ne souhaitait pas avec sa petite amie et sa maîtresse d’un soir… » (Les Inrocks)

Il y en a eu suffisamment, ces derniers temps, des comédies ratées servies par nos voisins cinéastes français. Jour J fait exception à la règle. Dieu soit loué ! L’honneur du cinéma comique français est sauf. Si ce second long-métrage de l’élégante Reem Kherici n’est pas un film qui restera dans les mémoires, il réussit néanmoins à faire rire de bon coeur, et c’est tout ce que l’on demande quand on va voir une comédie.

Certes, le film possède quelques bémols : le scénario est facile, les effets comiques tournent beaucoup trop autour du sexe. Le jeu des acteurs n’excelle pas en tous points. Aussi, cette comédie n’est pas novatrice. Mais elle n’a pas à l’être. Il ne faut pas vouloir mélanger les genres : certains films comiques marquants ont fait évoluer le genre de décennie en décennie, et il y a les oeuvres intermédiaires, qui se basent sur des schémas déjà connus du public. Ces films peuvent être bons. Jour J en fait partie.

Tout de même, comment expliquer qu’un tel film puisse marcher ? Nous pouvons d’abord louer sa cohérence. En effet, le comique de répétition semble être central ici, tout comme l’exagération. Du début à la fin, tout dégringole, tout se casse. Nous avons affaire à du chu et du déchu. Christ en croix, collection de grands crus, chiens, curés et personnages principaux. Rien ni personne n’échappe à cette machinerie de la déchéance.

Les paysages du sud de la France et la distribution des seconds rôles (dont les excellents Lionnel Astier et François-Xavier Demaison) contribuent indéniablement à composer l’atmosphère familiale et familière que l’on aime tant dans ce genre de films. Humble, la mise en scène ose néanmoins une certaine originalité, ne serait-ce que par l’apparition de l’actrice principale (et réalisatrice) dans son jeune âge ou par les gadgets loufoques de la première scène.

Les coups de théâtre présentés au spectateurs sont tellement gros mais tellement évidents que le rire est au rendez-vous. Le spectateur est content de ne pas avoir à supporter l’oeuvre d’un réalisateur qui veut se la jouer intellectuel. Jour J est un film de beaufs pour les beaufs. Chacun de nous cache un beauf en lui. En ce sens, cette sorte de vaudeville contemporain est un bon moment à passer au cinématographe.

Ecrire à l’auteur : jonas.follonier@leregardlibre.com

Crédit photo : © AlloCiné

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