Macron – Le Pen, enfin un vrai duel !

Le Regard Libre N° 27 – Jonas Follonier

Nous l’attendions, au Regard Libre, cette fin de l’ancien clivage gauche-droite, tant désuet. Nous l’attendions, ce coup de poing aux partis traditionnels français, surtout au PS. Quels que soient ceux des onzes candidats que nous aurions voulu voir accéder au second tour, une joie nous saisit. Celle de voir enfin s’affronter deux candidats autour de la vraie opposition idéologique qui marque notre temps : le libéralisme contre la souverainisme ; le progressisme contre le conservatisme.

J’ai pour ma part la particularité, ou peut-être la naïveté, de penser que ces deux tendances ne sont pas inconciliables. Oui, je crois au progès, et oui, j’estime qu’il existe des choses à conserver urgemment. De la même façon, je suis convaincu que les étiquettes de « libéral » et de « réactionnaire » ne sont pas antinomiques, mais peuvent former une position très intéressante. Qu’y aurait-il d’incohérent à soutenir le libre marché tout en militant pour revenir en arrière sur des questions liées à l’éducation, par exemple ?

Il me serait dès lors difficile, si je devais voter à cette présidentielle, de prendre parti pour Emmanuel Macron ou pour Marine Le Pen. Sans doute plus d’un citoyen français est-il dans la même situation que moi. Soit parce qu’il est un électeur de François Fillon, qui représente justement cet alliage libéral-conservateur ; soit parce qu’il est un électeur de Jean-Luc Mélenchon, chef de la gauche souverainiste.

Quoique sceptique face à l’offre des deux candidats vainqueurs, il reste que je salue l’effondrement des deux partis historiques. Après un second tour fort mièvre en 2012 avec François Hollande et Nicolas Sarkozy, deux libéraux divisés sur quelques problématiques sociétales, la France a enfin le droit à un vrai duel. Macron et Le Pen, tout les divise. C’est là la marque d’un réel choix.

Car il ne s’agit pas bêtement d’un affrontement entre un candidat républicain et une candidate de l’extrême droite, contrairement à ce que prétendent la majorité des politiciens et des journalistes. Deux personnes respectables se présentent à la Présidence de la République. Il est ridicule de vouloir faire barrage au « fascisme » de Marine Le Pen : il s’agit de vains mots, qui en plus d’être approximatifs sont contre-productifs.

L’enjeu du 7 mai prochain n’est pas moral, mais politique. Le vrai combat est un débat. Marine Le Pen possède un programme économique absolument catastrophique ; Emmanuel Macron semble proposer peu de mesures fortes en ce qui concerne le terrorisme, notamment. Ces problématiques suffisent pour créer un débat d’idées authentique chez les candidats, mais aussi chez les citoyens.

Puisse cette discussion démocratique avoir lieu, comme au sein de notre rédaction.

Ecrire à l’auteur : jonas.follonier@leregardlibre.com

Crédit photo : © Europe 1

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