L’ingéniosité française en Sicile fera-t-elle fléchir Donald Trump ?

Regard sur l’actualité – Jonas Follonier

Ce vendredi 26 mai, le Groupe des sept s’est réuni dans la cité de Taormine, en Sicile. Le G7, ce sont les dirigeants des Etats-Unis, du Japon, de l’Allemagne, de la France, du Royaume-Uni, de l’Italie et du Canada. Leur point commun ? Ces pays font partie des plus grandes puissances économiques mondiales. La plus grande d’entre eux, comme tout le monde le sait, ce sont les Etats-Unis.

Le mot d’ordre du président américain actuel, tout le monde le connaît également : l’Amérique d’abord. Ce principe s’est vérifié lors de la réunion des sept puissances. Sur les deux grands sujets de cette rencontre, les accords sur le climat et les accords commerciaux, l’administration Trump s’est trouvée en nette opposition avec ses six partenaires.

En tant que groupe de discussion, le G7 entretient une volonté de collaboration internationale, d’ouverture du marché, d’accords empreints de pragmatisme et de concessions. L’optique est on ne peut plus adverse du côté Trump : tout ce qui semble  ne pas bénéficier à l’économie américaine aux yeux du président est rejeté avec la plus grande fermeté.

Cela peut choquer, mais si on n’y réfléchit bien, telle devrait être l’attitude de tout responsable politique. Défendre ses intérêts, telle est la règle dans le monde cynique de la géopolitique. Trump n’est pas un monstre, il applique simplement cette norme. Là où le bat blesse, c’est que son jugement sur ce qui profite ou non à son pays semble empreint de puérilité.

« America first » ! « America first » ! Nous avons affaire à un enfant. Ce qui fait peur, c’est le manque de recul du chef américain. Son manque de nuance aussi. Dans un monde globalisé, travailler ensemble est non seulement souhaitable, mais indispensable. Ecoute-t-il seulement ses homologues étrangers ?

Impossible de le dire à l’heure actuelle, mais une chose est sûre : Emmanuel Macron a témoigné d’une grande habileté politique. Symbolisée par sa poignée de main virile avec Donald Trump, la volonté du président français de ne ne pas se laisser faire et de parler d’égal à égal s’est manifestée lors des discussions en rapport avec le climat. Et si les Accords de Paris n’étaient pas un frein à l’industrie américaine, mais au contraire une opportunité économique ?

Voilà qui fait réfléchir Trump. Quel que soit le verdict de ce dernier, que nous saurons vraisemblablement à la fin du mois, Macron aura eu le mérite de le faire réfléchir. Enveloppée d’une fine diplomatie qui continue de faire sa gloire, la partie française a réussi son coup. Le camp américain, sous les ordres de son chef, a repoussé le délai de sa décision. L’ingéniosité française en Sicile fera-t-elle infléchir Donald Trump ?

Il est probable que oui. Et pas seulement en vertu de la prestation macronienne. Après tout, la COP21 (Conférence de Paris sur le climat) aura déjà été le fruit de moult négociations parisiennes, avant de devoir être finalement adaptée pour tenir compte du point de vue américain, si Trump venait à la signer. Pourquoi ne le ferait-il pas, alors que les changements qu’apporterait l’accord en question seraient quasi nuls ?

Ecrire à l’auteur : jonas.follonier@leregardlibre.com

Crédit photo : © 20min.ch

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