Christine Angot quitte le plateau d’ONPC : la question du viol crée le choc

Regard sur l’actualité – Loris S. Musumeci

France 2 a diffusé samedi soir l’émission d’On n’est pas couché, animée par Laurent Ruquier, sous la critique et les larmes. Alors que tout avait commencé dans l’habituelle ambiance cathodique, mêlant légèreté et combativité, les prémices d’un déraillement sont tout de suite apparues dans l’introduction entre la nouvelle chroniqueuse et l’ancienne ténor d’Europe Ecologie Les Verts.

L’animateur commence à questionner la politique Sandrine Rousseau sur son livre Parler. Elle raconte donc l’agression sexuelle subie par l’intouchable Denis Baupin, de son même parti, le déni total et l’absence de conséquences à ses égards. Et là, la même Christine Angot, qui s’émouvait un peu plus tôt face à la chanteuse Sheila et la diffusion d’une interprétation de « Bang bang », se lance à l’attaque.

De vraies questions

« Parler à qui ? parler comment ? » interroge-t-elle. En suivant son collègue Yann Moix, elle considère que l’ouvrage de Sandrine Rousseau s’enferme dans l’injonction politique, voire le discours convenu. En cela, libre à la chroniqueuse de le constater. Tel est d’ailleurs le but des échanges dans cette émission de variété. Par ailleurs, elle ajoute que la parole à propos d’un viol ne peut se tenir que seul.

« Ça n’existe pas le viol, mais un viol de quelqu’un sur quelqu’un. » La passion pour le sujet et l’insistance laissent comprendre au spectateur que l’auteur de L’Inceste parle à partir de son vécu. Le ton demeure néanmoins correct et l’émission suit son cours. Vers la fin de celle-ci, il est temps de discuter plus en profondeur de Parler.

Christine Angot pose là l’essentielle question du consentement. La réflexion est plus que pertinente, d’autant qu’elle avait déjà été mise à l’avant lors d’une précédente émission par rapport à la PMA. Tout ne peut pas reposer sur ce consentement car la frontière qui justifierait qu’on l’outrepasse est trop floue et branlante.

Mais l’inadmissible surgit, et la chroniqueuse jette son verre et ses feuilles à terre, partant dans sa loge en hurlant. Détail : ce moment n’est pas diffusé, l’enregistrement ayant eu lieu jeudi. La diffusion de samedi soir passe alors d’une colère encore maîtrisée de Christine Angot aux larmes de Sandrine Rousseau.

Quelle vérité ?

Deux sont les problèmes : la vérité entre l’enregistrement et l’émission, et la décence d’une intervention sur le service public. Le sentimentalisme de la nouvelle personnalité d’On n’est pas couché n’est plus admissible. Son désaccord, justifié ou non, l’a poussée à une profonde malhonnêteté, qui plus est imposée à tout le plateau. Cette fois-ci, ce fut pire que face à François Fillon lors de L’Emission politique en mars dernier sur la même chaîne. Si le candidat à la présidentielle avait eu en effet la force de ne pas se laisser descendre en direct, la victime Sandrine Rousseau n’a pas pu résister.

L’émission a de ce fait montré sa chroniqueuse en digne chevalière de la sincérité, au détriment de l’invitée en larmes d’un instant à l’autre. Plutôt que de couper seulement les vingt minutes de crise de l’une, il aurait fallu supprimer l’humiliation de l’autre aussi. Ou alors tout laisser. La situation est au vrai dilemme. En tout cas, elle révèle un vice des temps actuels, surtout à la télévision : l’intempérance.

Ecrire à l’auteur : loris.musumeci@leregardlibre.com

Crédit photo : © 20mn.fr

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