Calogero, la nouvelle référence de la pop française

Le Regard Libre N° 32 – Jonas Follonier

Dans la génération des baby-boomers, c’est lui qui mène la danse de la chanson française actuelle. Son nouvel album, très pop, continue sur la lancée du précédent et dévoile un artiste totalement maître de son art. Calogero, l’un de nos coups de cœur musicaux.

Né en Isère en 1971, Calogero Joseph Salvatore Maurici s’est imposé dans le monde de la variété française avec son deuxième album solo, Calogero, sorti en 2002. Cet opus contenant le célèbre En apesanteur annonçait le style de l’artiste, qui n’hésite pas à utiliser sa voix de tête dans les refrains. Guitariste, bassiste et pianiste, Calogero s’inscrit dans la pop rock française qui privilégie les mélodies.

« Liberté chérie » et amour chéri

Avec Liberté chérie sorti le 25 août dernier, Calogero livre un album extrêmement abouti, poursuivant la parfaite identité artistique de son dernier en date, Les Feux d’artifice. Des refrains aériens, des arrangements fournis, une basse créatrice, on reconnaît Calogero et son génie dès le premier morceau, Voler de nuit. Cette chanson a d’ailleurs une tonalité très polnarévienne, autant dans la manière dont le refrain est chanté que dans la mélodie et même les paroles. « Derrière chaque maison, des gens rêvent, des gens s’aiment. C’est beau comme vu d’avion, on a l’air tous les mêmes. » On se croirait dans Holidays.

L’importance de l’amour est une thématique omniprésente dans l’album. On se sait par cœur, très rock, interroge ce qui fait la durée d’un couple, tandis que Le baiser sans prénom nous plonge dans le souvenir d’amours clandestines sur un tempo délicieux de valse. La chanson éponyme de l’album, Liberté chérie, fait allusion aux attentats parisiens et à leur cible : un certain art de vivre marqué par la liberté, l’humour et l’amour. Très simple, mais très vrai, ce morceau composé par Calogero et écrit par Marie Bastide est un chant de revendication : « Et c’est comme ça qu’ils vivent ici ; c’est les gardiens de ce pays. »

Une référence

L’album, en somme, n’est pas surprenant en ce qui concerne les paroles, toujours autant fidèles à la ligne altruiste et émancipatrice que Calogero aime proposer à ses paroliers. Or c’est pour sa recherche musicale que l’album Liberté chérie mérite un respect indéniable. Nous avons affaire à un artiste qui innove à chaque fois tout en restant dans son style. Surtout, Calogero n’a rien perdu de sa capacité à créer des mélodies magnifiques et qui restent facilement dans les mémoires.

La chanson Fondamental en est le plus bel exemple. Troisième single extrait de l’album, cette ballade construite sur du piano et accueillant guitares et métalophones s’élèvera sûrement au rang des plus grands succès de Calogero. Au même titre que Si seulement je pouvais lui manquer (2004) et Le Portrait (2014), Fondamental procède d’une maîtrise parfaite de la mélodie, et présente les mots justes qui dans la pop peuvent être simples mais doivent parler à chacun (les paroles de cette chanson sont de Paul Ecole) :

« On a tous
Une chanson de Souchon qui nous traîne
Un vieux col roulé qui nous gêne
Une rentrée, une odeur de trousse
Dans nos souvenirs, on a tous
Toutes ces choses qui durent et qui tiennent
Un vieux poster de Saint-Etienne
Des mots qui nous ont démolis
Des « je préfère qu’on reste amis »
Toutes ces pierres sur lesquelles on se hisse
Et qui font de nous un édifice
On a tous au fond du mental
Toutes ces choses fondamentales
Toutes ces pierres tournées vers le passé
Qui nous poussent et qui nous font pousser
Cachées là, au fond du mental
Ce sont les choses fondamentales »

Calogero, c’est un excellent musicien, un homme classe et une vedette qui ne triche pas. En interprétant son titre Les Feux d’artifice devant son piano le 14 juillet dernier à Nice en hommage aux victimes, le chanteur a fondu en larmes avant la fin de la chanson, laissant l’orchestre jouer les derniers accords. Un moment de grande émotion. Calogero est l’une de ces stars auxquelles nous ne succombons pas pour rien : c’est parce que nous savons au fond de nous que ce sont des personnes entières. Cela se ressent par leur présence, par leur voix, qui tout comme leurs yeux laisse passer l’expression de leur âme. De leur musique. Et c’est ainsi qu’ils deviennent des références. Calogero est désormais l’une d’entre elles.

Ecrire à l’auteur : jonas.follonier@leregardlibre.com

Crédit photo : © Paris Match

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