Pour 2018 le Conseil fédéral se dévoile, et s’anime

Les lundis de l’actualité – Nicolas Jutzet

La précédente était hiérarchique, avec un faux air d’affiche de film. Epinglée par la NZZ qui titrait « Die lächelnde Mafia » – tout en essayant de trouver le nom du film ou de la série annoncée par l’affiche – elle renvoyait une froideur et une classe finalement assez inhabituelles pour une Suisse qui se veut travailleuse, sérieuse, mais souriante et ouverte.

Celle qui doit représenter le Conseil fédéral durant l’année 2018, est à classer dans une registre totalement différent. On y voit des conseillers fédéraux hilares, charmeurs, ou pris au dépourvu, la main dans la poche. Un sentiment de récréation flotte. Emmenés par un Alain Berset qui semble parfaitement à l’aise dans ce rôle de premier de cordée, avec son sourire malicieux, le Conseil fédéral et le chancelier de la Confédération, Walter Thurnherr, renouent avec un reflet bien plus fidèle de l’idée suisse. Un pays gouverné avec poigne et talent, par des gens qui, à l’instar de ce qui frappe sur les photos des traditionnelles excursions du collège en début d’été, nous ressemblent.

On notera l’innovation, même peu ambitieuse, qui accompagne le cliché. Il est animé. Du moins son arrière-fond. Ce changement ne suffira pas à faire de la Suisse une start-up nation, mais est à saluer, pour l’idée qu’il sous-entend. La Suisse bouge, le monde avec elle. Pendant ce temps, face à la tempête, le gouvernement doit rester de marbre, souverain, maître de ses émotions, pour affronter l’adversité. Des esprits chagrins et mesquins diront que l’animation du fond contraste et renvoie à l’immobilisme des sages, notamment sur le dossier européen ou le congé paternité.

Il est ensuite intéressant de s’attarder sur le détail du cliché. Entre une soucoupe volante qui semble surveiller le Palais fédéral (La classe politique serait-elle dans un autre monde ?), les éoliennes et la vache bienveillante qui semble lorgner sur l’homme du terroir, Guy Parmelin, les histoires sont nombreuses. L’impact écologique – éoliennes, piste cyclable, transport en commun, neige – et le retour à la nature – symbolisé par la présence marquée d’animaux, pas tous identifiables… – ressortent comme les principaux thèmes de la photographie. Un indice sur les volontés du nouveau président pour son année présidentielle ?

Animation visuelle ou non, l’année de l’équipe gouvernementale sera, elle, assurément animée.

Ecrire à l’auteur : nicolas.jutzet@lereregardlibre.com

Crédit photo : © Chancellerie fédérale suisse

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