Cinquante nuances plus ridicules encore

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Le couple Grey est de retour sur les écrans. Ce troisième et ultime film d’une saga qui – nous l’espérons – finira aux oubliettes, s’ouvre sur le mariage en grande pompe de Christian et Anastasia. S’ensuit un voyage de noces à Paris puis au bord de la plage – devant tant de clichés, on pense immédiatement à Flaubert et son Dictionnaire des idées reçues ou Catalogue des opinions chic : « PARIS : La grande prostituée. Paradis des femmes, enfer des chevaux. […] ITALIE : Doit se voir immédiatement après le mariage. Donne bien des déceptions, n’est pas si belle qu’on dit. »

Et l’histoire des menottes et des fessées se remet en route, les scènes d’érotisme (la grosse blague) et de possessivité sexuelle s’accumulent. Dans la salle, nous pensons à l’article que nous allons écrire et nous nous demandons bien qu’est-ce que nous allons noter sur notre calepin. Tandis qu’Anna dit, tragique, à son mari : « tu m’as refusé l’orgasme ! », nous avons le temps de revivre mentalement notre journée, avant de reporter notre attention sur l’écran et d’observer, avec amusement, les couples voisins dévorer leur pop-corn.

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Sincèrement, on peut se demander comment un cinéma aussi pitoyable peut attirer les foules. Autant de niaiserie, d’amateurisme et surtout de vacuité, cela faisait longtemps que l’on n’avait pas eu la chance et l’honneur d’y assister. On fait souvent la différence entre les films d’auteur et les films de divertissement. Le problème, c’est que Cinquante nuances plus claires ne fait même pas partie de la seconde catégorie. C’est là le point essentiel : on s’ennuie, pas comme devant un bon vieux film d’action, aussi cliché soit-il !

Ecrire à l’auteur : jonas.follonier@leregardlibre.com

Crédit photo : © Universal Pictures

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