Balade photographique

Le Regard Libre N° 36 – Marina De Toro

Un mardi après-midi, vers quatorze heures, je décide d’embarquer mon frère dans une balade photographique. Depuis plusieurs jours, le froid et le brouillard ont pris le dessus et il est difficile de distinguer le gris des autres couleurs qui normalement dépeignent le paysage jurassien. Mais ce 13 février 2018, c’est un soleil radieux qui se lève et ranime la ville et ses habitants. Le fin manteau de neige disparaît peu à peu, il humidifie le sol et laisse apparaître les souvenirs du carnaval sacré de la région. C’est non seulement une journée ensoleillée, mais c’est aussi un énième jour de fête où les chars et les confettis sont mis à l’honneur par les jeunes et les plus expérimentés.

Pendant ce temps, mon frère et moi revisitons le haut de la ville, avec nos Canon au cou, en quête d’un moment à immortaliser. Arrivés à Notre-Dame du Chêne, la ville de Delémont se dévoile sous nos yeux plissés par l’éclat intense qui domine le ciel. Tout est calme et la vue se prête parfaitement à la pratique de la photographie et du réglage de la luminosité. Puis nous descendons et suivons deux lignées d’arbres qui apportent une ombre subtile au chemin qu’elles bordent : endroit propice au portrait et à la maîtrise de la focale fixe. Finalement, nous parvenons à la vieille ville où l’on aperçoit les preuves d’un cortège passé grâce à des pavés multicolores que les enfants se font une joie de réorganiser. Avant de rentrer, nous décidons de remonter dans une ruelle de la ville qui semble plutôt appartenir à nos voisins italiens. L’artère est étroite, instable et nous dévoile de vieilles maisons accolées et rénovées, mais chacune a une couleur et une forme qui lui est propre. Cet endroit nous emmène vers une multitude de possibilités ; en jouant avec la perspective et les couleurs, en expérimentant les différents angles et en utilisant la lumière comme point de repère. Nous traversons cette ruelle avec une attention particulière en cherchant les moindres détails qui nous inspirent pour la réalisation d’un cliché.

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Marina De Toro, « Rue du N », Delémont, 13 février 2018

En fait, ces virées photographiques permettent de redécouvrir le monde dans lequel nous vivons depuis plusieurs années. Nous avons piétiné ces pavés et longé ces murs maintes fois, mais la photographie permet de les réévaluer et de leur apporter l’éternité dans un monde où tout passe et ne revient plus.

Ecrire à l’auteur : marina.detoro@leregardlibre.com

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