« Packing Heavy », où le cinéma a manqué

Festival International de Films de Fribourg – Loris S. Musumeci

« Demain ils vont libérer Nenino. »

Tomas vit avec sa mère. Il erre ; le soir tard, la journée à la place d’aller à l’école. Il a quelques bons amis avec lesquels il peut se balader à vélo, rire, boire du soda et fumer une cigarette pour les grandes occasions. Tomas n’a que douze ans. La mère, veuve, pense à sortir avec son compagnon et délaisse son fils, livré à lui-même. En dépit de son visage tendre et rondelet, l’enfant n’a pas la vie facile. Et tout se complique lorsqu’il apprend que l’assassin de son père est sorti de prison.

La thématique de l’enfant abandonné par une mère qui cherche à se reconstruire après un drame est bien connue. Elle est passée et repassée sur tous les écrans. Pourtant, l’aborder reste nécessaire. L’histoire est toujours poignante. Elle interroge évidemment ; elle répond sans évidence. Point d’issue miracle ni forcément d’happy end hollywoodien. Packing Heavy, dans la veine du néoréalisme à l’italienne, est de ce type-là.

Le réalisateur argentin, Dario Mascambroni, se contente en effet de livrer un tableau social sans morale ni résolution. Il filme l’épisode de vie d’un garçon dont la psychologie est mâtinée d’une innocence toute enfantine et des sentiments de haine et de vengeance. En soi, le projet est toujours intéressant. Malheureusement, le film peine à toucher les cœurs.

Certes, le petit Tomas émeut. Néanmoins, le long-métrage n’est pas porté avec suffisamment de puissance. La caméra commence bien son parcours en filmant les enfants de dos sur leurs vélos la nuit, au beau milieu de la route. L’esthétique y est. Mais tout s’épuise assez vite et Packing Heavy se développe quasiment en compte rendu d’une assistante sociale ; fade et sans style. Dommage, car la thématique y était, les acteurs aussi. Il a simplement manqué à Dario Mascambroni de faire réellement du cinéma.

« Comment est-ce que tu l’as tué ? »

Ecrire à l’auteur : loris.musumeci@leregardlibre.com

Crédit photo : © Packing Heavy

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