Voyage gustatif dans les lieux de « L’Improbable »

Les vendredis de la microbrasserie – Jonas Follonier

Préparez vos palais pour un voyage de plus au pays de la bière artisanale. L’Improbable, à Lausanne, est une microbrasserie qui mise sur la légèreté et la finesse de ses différentes bières. Expérience faite avec l’un des collaborateurs, Hugo Claude Lopes, qui nous a fait visiter les lieux et goûter à quelques mousses singulières.

Comme beaucoup de brasseries artisanales en Suisse, L’Improbable est née d’une bande d’amis qui se sont découvert une passion pour les boissons houblonnées. Fondée en 2013 par Ken Katanishi et Noé de Preux, elle a été rejointe quelque temps plus tard par François van Ouwenaller, qui a contribué au développement de la microbrasserie. Hugo Claude Lopes, qui nous a ouvert la porte de la bâtisse à la rue de la Tour, est le dernier arrivé. Affable et passionné, il nous a présenté toutes les salles et les particularités de la brasserie, et a répondu à nos questions dans le même temps.

Jonas Follonier : Vous disposez de grands espaces et de beaucoup de matériel, votre brasserie semble avoir déjà acquis une certaine importance, je me trompe ?

Hugo Claude Lopes : Au départ, la bière de l’Improbable se faisait dans le garage d’un des co-fondateurs. Pour faire face à l’agrandissement de la brasserie, nous avons opté pour des locaux plus grands et adaptés à notre activité, au niveau de la température ou du matériel par exemple. Nous partageons actuellement ces lieux avec une autre microbrasserie, celle du Lance-Pierre, également tenue par des jeunes, mais qui espèrent vivre de leur passion, contrairement à nous.

L’Improbable n’a donc pas de vocation économique ?

Non, c’est pour chacun de nous une activité annexe que l’on fait par plaisir et par défi. Cela n’empêche pas que nous avons tous des petits projets personnels.

Le vôtre, quel est-il ?

Mon rêve serait d’ouvrir un brewpub où ne travaillent que des personnes en situation de handicap, qui pourraient ne pas trouver d’employeur : des autistes, des aveugles pourquoi pas. Ma copine est d’ailleurs ergothérapeute ; ce projet lui plaît.

Quel profil a la majorité des clients de l’Improbable ?

Ce sont des bars ou des magasins, dans les villes de Lausanne et de Vevey. Nous sommes présents dans le mythique bar La Mise en Bière, mais également au café du Pont, au bar Chez Ernest, ou encore au Folklor.

S’il fallait relever un élément qui distingue votre microbrasserie de toutes les autres, lequel évoqueriez-vous ?

Nous ne restons jamais sur nos acquis : nous n’allons jamais nous satisfaire d’une bière, nous cherchons en permanence des méthodes et des ingrédients des quatre coins du monde. Bref, nous essayons d’être improbables.

Malgré toutes les formules différentes que vous proposez, suivez-vous une ligne directrice ?

Nous essayons de produire des bières plutôt légères et pas trop complexes, afin qu’elles plaisent aux consommateurs. Si une bière est forte, ses défauts se verront moins. Nous ne choisissons donc pas la facilité.

Votre houblon préféré ?

Un houblon légèrement citronné.

Suite à cette question qui, déjà, éveillait nos papilles, nous sommes justement passés à l’étape de la dégustation, aimablement proposée par notre interlocuteur en compagnie de Simon, de la microbrasserie du Lance-Pierre. Ma curiosité se porta sur leurs bières acides, dont Hugo m’avait parlé durant notre discussion. Pour la première, la couleur – si j’ose – était donnée : d’allure violacée, la bière à la betterave constitua une surprise gustative relativement déroutante. Hugo a très bien résumé ce que nous trois avons ressenti en bouche : « la bière à la betterave, un voyage gustatif ».

Simon, lui, a même osé parler d’un paradoxe : « au début, la betterave est si prononcée que tu reçois la bière comme une chose absolument bizarre, puis l’acidité vient contrebalancer la forte présence du légume et fait monter les saveurs au palais, pour finir dans un équilibre très intéressant ôtant à la bière sa bizarrerie première. » L’absence de concurrence entre les deux microbasseries est ici manifeste. Tout comme la joie commune qui accompagne la dégustation de la seconde bière acide, dont on me laisse à présent deviner le parfum. Après un blanc de vocabulaire, les mots me sont venus : fruit de la passion ! Un bonne conclusion pour ces aventures brassicoles qui sont véritablement le fruit d’une passion.

Ecrire à l’auteur : jonas.follonier@leregardlibre.com

Crédit photo : © Jonas Follonier pour Le Regard Libre

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