Kaviar Special, « Vortex »

Les mélodies du jeudi – Olivier Graber

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Il semblerait que 2018 soit un grand crû pour le rock hexagonal, toutes inspirations confondues, mais, surtout, dans celles qui tapent le plus. De Pogo Car Crash Control à Volage, en passant par J.C. Satàn, tous semblent avoir décidé de nous pondre de grosses sorties. Kaviar Special ne déroge pas à la règle avec un troisième album qui claque sévère.

Deux ans après un #2 tout bonnement excellent, les Rennais remettent donc le couvert. Le rock étant ce qu’il est, il aura fallu un peu plus de liquidités que ce que le second opus a pu rapporter pour boucler le mastering, l’artwork et la promo de ce nouveau projet. Les backers ayant backé sur Ulule doivent être bien heureux de leur élan de solidarité aujourd’hui, c’eût été bien dommage de passer à côté de ce disque pour quelques (milliers de) pièces.

Car avec Vortex, Kaviar Special passe un cap et confirme que #2 n’était pas un coup de bol, mais bien le début d’une ascension vers les sommets du garage rock français. Longtemps accroché aux tendances californiennes – Ty Segall en tête –, ce dernier semble désormais plus enclin à élargir son rayon d’influences et n’hésite plus à emprunter des chemins de traverse, pour le plus grand plaisir de nos oreilles.

Plus loin, plus fort

Sur Vortex, nous retrouvons les Bretons en pleine forme et plus tranchants que jamais. La bande n’a jamais aussi bien sonné. Le son est puissant, dense et garantit, quand on connaît la discographie de l’équipe, une bonne grosse claque la première fois qu’on lance la galette.

Les années de tournées et de studio se ressentent, l’expérience est là et la maîtrise du subtil équilibre entre chie et petits moments plus chill – toute proportion gardée –  impressionne. Ils sont d’ailleurs bien plus présents sur cet opus, la bande n’hésitant pas à partir tout schuss dans la voie d’un surf rock couillu avec des titres où les guitares règnent en maîtresses (How Come, Dead End ou l’instrumental et éponyme Vortex).

Que les vieux aficionados ne se fassent pas de soucis pour autant, le fond de commerce de Kaviar Special est toujours là, avec son swing permanent et ses riffs déchaînés, annonciateurs de pogos estivaux (Bursting at the Seams, Bedroom, l’excellent The Draugr et la très Bass Drum of Death Scattered (All Around).

Là où bon nombre de groupes auraient simplement repris une formule qui a fait ses preuves, les Rennais montrent une nouvelle fois leur ambition en ajoutant ce qu’il faut d’ingrédients frais pour l’améliorer encore. On salue l’audace, le résultat et ce Vortex a d’ores et déjà sa place dans nos meilleures sorties hexagonales de l’année.

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