Le Montreux Jazz Festival s’apprête à débuter sa cinquante-deuxième édition

Montreux Jazz Festival – Jonas Follonier

Plus qu’un jour avant que ne résonnent depuis les rives de Montreux les accords du festival le plus réputé de Suisse romande. Demain, le festival fondé par Claude Nobs s’apprête à débuter sa cinquante-deuxième édition.

Comme chaque année, il y a du lourd : le groupe mythique Deep Purple, la révélation planétaire Rag’n’Bone Man, le légendaire Iggy Pop, le troubadour folk Ben Howard ou encore le maître de la pop française Etienne Daho. Et nous pourrions continuer la liste jusqu’à la fin de l’article. La mention de ces artistes en aura peut-être dérouté quelques-uns, qui pensaient voir se succéder des grands noms du jazz. Pour ceux qui l’ignoreraient, cela fait des années que le festival n’est plus consacré à ce genre musical. Le Montreux Jazz Festival se consacre tout simplement à la qualité. Qu’elle soit déjà reconnue ou non.

C’est cela qui fonde tout le respect que l’on doit à un tel rendez-vous musical, fuyant le mainstream, mais résolument générateur de découvertes et de redécouvertes. Oui, car écouter les accords blues de Van Morrison à l’Auditorium Stravinski, c’est forcément une expérience unique en tous points, intemporelle, d’autant plus quand on a affaire à ce genre d’artistes qui semblent ne pas voir ni entendre dans quelle époque ils vivent – et Dieu qu’on les remercie.

Le Montreux Jazz Festival se caractérise également par le courage du changement. Cette année, une grande innovation au niveau des scènes : le Petit Palais se transforme le temps du festival en House of Jazz. Ce nouveau lieu incontournable ravira les amateurs de club à l’ancienne, avec petites tables ronde et ambiance des plus feutrées. La relève du genre se produira sur la scène gratuite de la Coupole, située au premier étage du bâtiment, qui accueillera également workshops et jazz sessions.

Dans cette maison du jazz sera présentée une exposition consacrée à David Bowie, qui avait découvert son guitariste Stevie Ray Vaughan… au festival – excusez du peu – et qui avait joué il y a seize ans l’intégralité de son album Low, en rappel, pour le public suisse romand. Bref, ces deux anecdotes piochées dans l’immensité des fantômes bowiesques habitant Montreux suffit à montrer que ce n’est pas le festival qui est grand parce qu’il a cette histoire avec Bowie, mais que c’est Bowie qui est grand parce qu’il a cette histoire avec le festival. Et il en va de même pour Deep Purple, dont tout le monde connaît l’origine de leur tube Smoke on the water.

Dès demain, Le Regard Libre arpentera le festival pour vous offrir ses impressions, ne prétendant nullement à la retranscription résumée des concerts. Nous adopterons un ton subjectif, ajusté à la vision du jazz qu’entretient le festival : un genre ouvert, enfant du blues et géniteur du hip-hop, voisin de la soul et ami du funk. C’est même un vœu de son directeur, Mathieu Jaton : « le programme de cette édition raconte une histoire différente à chacun d’entre nous. Je vous invite alors, chers amis des médias, à nous raconter vous aussi votre propre histoire… »

Ecrire à l’auteur : jonas.follonier@leregardlibre.com

Crédit photo : © 2017 FFJM – Emilien Itim

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