« Climax », le climat du maximum

Neuchâtel International Fantastic Film Festival – Jonas Follonier

Nous sommes en 1996. L’élite des jeunes danseurs urbains s’apprête à faire une petite fête avant de partir en tournée. Un petit banquet a été préparé. Dans ce banquet, de la sangria. Dans cette sangria, un quelque chose qui va leur faire tourner la tête. Tous, danseuses et danseurs, homosexuels et hétérosexuels, toxicomanes et cleans, vont plonger dans un état inquiétant. Une soirée d’horreur va s’ensuivre, un cauchemar donnant le tournis et le vomi. Le réalisateur ? Gaspar Noé, évidemment.

Après Enter The Void qui avait remporté le Narcisse du meilleur film au NIFFF en 2010 et le mélodrame pornographique Love, présenté en 2015 au festival non sans polémiques, l’enfant terrible du cinéma français revient donc avec un opus contenant la thématique du sexe, mais cette fois en partant de la danse. Et de la danse, mesdames et messieurs, vous en aurez durant toute la première partie du long-métrage, en continu, à l’exception de quelques « dialogues » de haut niveau où sodomie sans huile et gorge profonde sont à l’honneur.

C’est la seconde partie qui met en scène le climax, le point ultime de la soirée dégénérée – il faudrait être vraiment pervers pour parler d’orgasme – où il sera question de partouse, de mort et d’effroi. Si le but de Climax consiste à nous rappeler que sexe et violence sont liés, c’est une réussite. Si l’idée du film est de nous faire ressentir l’horreur de la situation, alors c’est un chef d’œuvre, puisque c’est une horreur de film. Un film d’horreur à sa façon, qui « transpire la rage de créer » comme l’a souligné la directrice artistique du NIFFF, Anaïs Emery, puisqu’il a été tourné en deux semaines seulement. Un film, enfin, de l’excès et de l’extrême, ce qui se retrouve dans sa forme. Un film cohérent, donc.

Est-ce pour autant un « film virtuose », autre expression utilisée lors de la petite présentation avant la projection ? Une chose est certaine, Gaspar Noé livre quelque chose d’unique, du jamais vu et du jamais produit, puisqu’il renverse absolument tous les codes cinématographiques. La caméra de Climax se jette sur le sol et se meut comme les danseurs pour ensuite laisser place à un plan fixe de plusieurs minutes ; des noms et des marques s’enchaînent à l’écran pour plusieurs parenthèses ; une bande-son infernale couronne le tout. Mais de là à faire une ovation à cette œuvre transgressive et choquante, il y a un monde. Faut-il vraiment donner raison à ces propos entendus aux urinoirs du festival : « le film est bizarre, donc c’est un bon film » ?

CLIMAX (Gaspard Noé) – NIFFF – International competition
Cotations :F
Fuyez !
FFFFF
Frustrant
FFFFFFFFF
Fantastique !
Virginia Eufemi
Thierry Fivaz
Jonas FollonierFF
Hélène Lavoyer

Ecrire à l’auteur : jonas.follonier@leregardlibre.com

Crédit photo : © NIFFF

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