« Number 37 » : beaucoup de sang pour pas grand-chose

Neuchâtel International Fantastic Film Festival (NIFFF) – Hélène Lavoyer

Hier matin matin était projeté au NIFFF le (très) long-métrage Number 37. Un thriller inspiré du Rear Window qui avait valu à son réalisateur, Alfred Hitchcock, quatre nominations aux Oscars. Dans cette version produite par Benjamin Overmeyer et Bradley Joshua, le cadre migre en Afrique du Sud dans un quartier pauvre où la seule loi valide est celle du plus violent, ou du plus chanceux.

Endetté à hauteur de vingt-cinq mille rand après un deal qui lui a couté l’usage de ses jambes, Randal (Irshaad Ally) reste enfermé chez lui à longueur de journée pour observer depuis sa fenêtre la vie qui continue dans la rue. Un jour, son créancier vient lui rendre visite. Randal sait bien que s’il n’a pas réunit l’argent d’ici à la date limite, sa conjointe Pam (Monique Rockman) et lui mourront.

C’est alors qu’en épiant l’appartement d’un groupe de criminels, il est témoin du meurtre d’un policier véreux et découvre qu’environ cent mille rand sont à présent cachés dans l’appartement de Lawyer et de ses complices. Il décide donc de menacer ce dernier de le dénoncer à la police s’il refuse de lui céder le sac. Un nouveau plan qui les plongera, Pam et lui, dans de sombres moments.

Lenteur sans profondeur

Plusieurs éléments rendent ce thriller peu intéressant. Le premier est la lenteur à laquelle s’installent les événements qui en réalité ne s’installent pas mais surviennent après des scènes plutôt futiles, n’amenant pas la suite mais maintenant plutôt une image à l’écran, sans vraiment apporter de profondeur à l’histoire.

En près de deux heures de film, une certaine matière se doit d’être apportée aux personnages, à l’environnement également. Dans Number 37, ce qui empêche d’entrer dans l’histoire est cette présentation de faits qui dit : « cette histoire s’est déroulée ainsi », sans que quelque chose de plus soit dit sur la vie des personnages, leurs histoires, leurs liens.

Finalement, c’est ponctuellement que se montre l’attente et l’inquiétude liées aux thrillers. Grâce à la bande sonore typique des films de genre, la tension monte lors de moments décisifs pour la réussite des plans imaginés par Randal. Elle disparaît cependant de façon soudaine, coupée par une nouvelle scène montrant d’autres personnages.

Bien sûr, cela pourrait tenir facilement la route et même amplifier encore l’angoisse, mais l’histoire est si morcelée que l’on n’a pas le temps de se prendre à ces scènes gores et inquiétantes, car elles sont rares et courtes. Number 37 ne parvient somme toute pas à se démarquer d’un autre thriller et ne marque pas durablement. A moins que vous y voyiez des éléments non recensés ici, en vous rendant à la séance de ce samedi 14 juillet.

NUMBER 37 (Nosipho Dumisa) – NIFFF – Films of the Third Kind
Cotations :F
Fuyez !
FFFFF
Frustrant
FFFFFFFFF
Fantastique !
Virginia EufemiF
Thierry Fivaz
Jonas Follonier
Hélène LavoyerFF

Ecrire à l’auteur : helene.lavoyer@leregardlibre.com

Crédit photo : © NIFFF

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