Incompréhensions et superficialité dans «The man with the magic box»

Neuchâtel International Fantastic Film Festival (NIFFF) – Virginia Eufemi

Présenté en première suisse au NIFFF, The man with the magic box est une production italo-polonaise qui laisse un goût d’inachevé.

Un jeune ingénieur varsovien des années 1950 (Piotr Polak) arrive à voyager dans le temps grâce à une technique de méditation qu’il a mise au point avec des collègues scientifiques. Pendant quelques minutes, il lévite dans l’air, le temps de se trouver une petite copine dans le futur, car la temporalité d’avenir est dilatée – on ne comprend pas pourquoi. Il a donc le temps de débarquer par bateau dans la Varsovie de 2030 et de trouver un appartement et un travail comme concierge dans une grande entreprise. Là, il fait la connaissance de la belle et arrogante Gloria (Olga Boladz). On ne comprend pas non plus ce qui lie les deux personnages à part le sexe, mais apparemment, c’est un grand amour qui mènera la jeune femme – qui a toujours très mal traité le jeune homme – à aller le chercher dans le passé, une fois la séance de lévitation terminée, pour qu’ils puissent vivre ensemble dans le futur.

Il faut toutefois reconnaître une chose à ce film : il est parsemé de citations au cinéma de science-fiction. L’imperméable transparent de Blade Runner (1982), les décors « futur rétro » à la Terry Gilliam, où les nouvelles technologies côtoient des objets de la fin du XXe siècle, l’ambiance mouillée et au papier-peint décollé à la Jean-Pierre Jeunet et le romantisme des gratte-ciels qui explosent devant une grande vitrée à la Fight Club. Pour ne pas citer les androïdes, les villes post-apocalyptiques ou encore la publicité personnalisée. Mais surtout, le début du film – qui cite ouvertement le « neuralyzer » de Men in black – nous fait penser à L’armée des douze singes (1995), film tiré du sublime court-métrage de 1962, La Jetée. A voir absolument pour ceux qui l’auraient raté.

Quand il est affaire de voyages temporels, les spectateurs semblent devoir signer un contrat de fiction qui stipule qu’ils doivent accepter sans réserve tout illogisme temporel. Dans The man with the magic box le passé est contemporain au futur et ne semble pas l’influencer. C’est plutôt une sorte de monde parallèle avec des temporalités différentes. Très peu nous est dit sur le contexte de la Varsovie de 2030 : pourquoi les bâtiments continuent d’exploser ? Qui pose les bombes ?

Au niveau de l’image, les tons sont froids, illuminés au néon, ce qui leur confère une allure verdâtre ou blanchâtre. Les costumes sont très intéressants, surtout les robes de Gloria qui s’illuminent et présentent un style futuriste inspiré de l’iconographie manga japonaise. The man with the magic box, réalisé par Bodo Kox, est sans doute un hommage au cinéma de science-fiction, mais n’arrive pas à se distinguer lui-même dans le genre. Les acteurs sont mauvais et sans personnalité, les personnages sont agaçants par leur inutilité, l’histoire « d’amour » est pitoyable et n’est pas crédible, le contexte trop flou pour être intéressant, ce qui entraîne une série d’incompréhensions que le spectateur est trop fatigué pour tenter d’approfondir. La crainte qu’en réalité il n’y ait pas d’explications nous accompagne à la sortie de la salle, dans laquelle, peut-être, si nous pouvions remonter dans le temps, nous ne serions pas entrés.

THE MAN WITH THE MAGIC BOX (Bodo Box) – NIFFF – Films of the third kind
Cotations :F
Fuyez !
FFFFF
Frustrant
FFFFFFFFF
Fantastique !
Virginia EufemiFF
Thierry Fivaz
Jonas Follonier
Hélène Lavoyer

Ecrire à l’auteur : virginia.eufemi@leregardlibre.com

Crédit photo : © NIFFF

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