«Monster Hunt 2», une comédie familiale bonnarde

Neuchâtel International Fantastic Film Festival (NIFFF) – Virginia Eufemi

Après avoir été l’un des plus grands succès du box-office chinois en 2015, Monster Hunt revient pour un deuxième onglet, avec sa dose de comique, de combats virevoltants et bien sûr de monstres métamorphiques.

Monster Hunt 2, réalisé par Raman Hui, est indéniablement une grande, très grande production chinoise. Impossible de compter les figurants, les costumes, les décors différents et les interventions animées. Nous retrouvons le petit monstre Wuba, objet de convoitise des monstres et des humains, toujours en guerre entre eux. Deux thématiques ressortent de ce film : l’importance de la famille (de manière très insistante) et l’acceptation de la différence dans le but de cohabiter pacifiquement.

Le premier point est abordé avec les deux parents humains adoptifs de Wuba, Huo (Bai Baihe) et Song (Jing Boran), qui souffrent d’avoir été séparés de leur enfant. Le deuxième thème est une occasion ratée de conférer de la profondeur au film. La thématique est intéressante, nous voudrions en savoir plus sur les monstres, mieux comprendre leur inimitié avec les humains et nous réclamons un personnage qui fasse réellement comprendre aux personnages que monstres et humains peuvent cohabiter en paix. Le petit Wuba est censé avoir cette part, mais ne sachant prononcer que son prénom, à l’instar d’un Pokémon, il peine à être convaincant dans l’activisme pro-tolérance. Le personnage de Tu (Tony Leung), un imposteur exploitant des monstres pour arnaquer les humains, semble trop pris par son activité ou sa survie pour militer pour la paix entre monstres et humains.

Si vous ne savez pas quoi faire de vos enfants un après-midi pluvieux, mettez-les devant Monster Hunt 2 car vous pourrez avoir devant vous deux longues heures pour vaquer à vos occupations. Oui, ce film, malgré la sympathie qu’il dégage, semble ne jamais finir, il est beaucoup trop long pour un film d’animation destiné, il faut le dire, à un public jeune, très jeune. On peine à trouver les acteurs bons, car leurs personnages sont tellement caricaturaux et presque ridicules qu’il est difficile d’évaluer leur jeu. Certaines scènes du film (ce qui peut-être contribue à le rendre plus long) n’ont d’autre fonction que d’être des parenthèses comiques qui n’ont pas de rapport significatif avec l’histoire : il s’agit de sortes d’intermèdes futiles destinés uniquement à faire rire la galerie.

Le comique de ce long-métrage laisse perplexe. S’il est vrai que le récit reste empli de bons sentiments et transmet des messages positifs, il fait appel à un comique de gestes un peu sot ; l’humour n’est pas très élevé, ni fin. Le soir suivant la projection de Monster Hunt 2 en Open Air au NIFFF, nous nous sommes rendus à la cérémonie de clôture du festival, où était projeté Hôtel Transylvania 3. Il s’agit d’un film d’animation américain qui, lui, est réellement tout public. Les enfants peuvent y trouver des personnages « rigolos » et les adultes un humour beaucoup plus intelligent que dans Monster Hunt 2. Les degrés de lecture sont multiples, les références intéressantes et le comique peut-être absurde, mais pertinent et au goût du jour.

Tout n’est pas à jeter dans Monster Hunt 2 : on apprécie les combats virevoltants typiques du cinéma chinois, les images chargées de couleurs et le décor fantasy, quand bien même un peu trop artificiel. Et on a envie de retenir que, malgré la différence, monstres et humains peuvent vivre ensemble dans le respect et l’amour de l’autre.

MONSTER HUNT 2 (Raman Hui) – NIFFF – Films of the third kind
Cotations :F
Fuyez !
FFFFF
Frustrant
FFFFFFFFF
Fantastique !
Virginia EufemiFFF
Thierry Fivaz
Jonas Follonier
Hélène LavoyerFFFF

Ecrire à l’auteur : virginia.eufemi@leregardlibre.com

Crédit photo : © NIFFF

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