L’Ukraine rurale dépeinte dans «When the trees fall»

Neuchâtel International Fantastic Film Festival (NIFFF) – Jonas Follonier

Le film When the trees fall, présenté en compétition internationale du NIFFF la semaine dernière, s’ouvre sur une forêt où nous allons assister à une scène d’amour entre Larysa, la protagoniste principale, et un voyou dont elle s’est éprise. La cousine de Larysa, une fillette de cinq ans, est laissée sans personne au milieu des bois. L’abandon, ce sera l’un des thèmes centraux du film, si ce n’est le thème central. Le contexte, quant à lui, est tout aussi important : l’Ukraine rurale, où il semble impossible pour les femmes de s’extraire de leur quotidien patriarcal.

Le premier long-métrage de Marysia Nikitiuk, qui a signé aussi bien le scénario – ayant remporté le prix du meilleur script d’Europe de l’Est à Cannes en 2016 – que la réalisation, a le mérite de montrer cette réalité, de mettre en lumière ces ténèbres. D’ailleurs, l’obscurité et la luminosité composent une donnée importante de la photographie dans ce film. Tout comme le cheval qui, comme la lumière, symbolise la liberté et l’émancipation. L’obscurité, elle, accompagne l’autorité, le secret, le viol, la violence, le crime, le sang.

En dépit de son réalisme mélancolique, de son message social, du mélange entre polar et merveilleux, de la tension qu’il arrive bien à rendre et d’une scène de course-poursuite convaincante, When the trees fall ne restera sans doute pas dans les mémoires. La raison ? Son manque de rythme, fléau pourtant facilement évitable mais qui frappe de plus en le cinéma d’auteur contemporain. Proposer un contenu intéressant ne suffit pas, il faut aussi faire en sorte que le spectateur ne baille pas et qu’il supporte autant de malheur, de laideur et de pleurs présentés à l’écran.

WHEN THE TREES FALL (Marysia Nikitiuk) – NIFFF – International competition
Cotations :F
Fuyez !
FFFFF
Frustrant
FFFFFFFFF
Fantastique !
Virginia Eufemi
Thierry FivazFF
Jonas FollonierFF
Hélène LavoyerFFF

Ecrire à l’auteur : jonas.follonier@leregardlibre.com

Crédit photo : © NIFFF

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