«Première année», et si on séchait?

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Cette semaine, vous vous êtes peut-être rendu au cinéma pour visionner le nouveau film du médecin et réalisateur français Thomas Lilti. Son long-métrage Première année s’intéresse justement au monde de la médecine, plus spécifiquement aux études qui y mènent, en plein Paris. Le concours de médecine, tout un monde. Antoine débute sa première année… pour la troisième fois consécutive, c’est donc un « triplant ». Benjamin, lui, fait sa première première année. De l’amitié circonstancielle va naître entre les deux hommes, mais va-t-elle résister à la pression de la compétition ?

Le sujet, à l’évidence, peut être intéressant. Il l’est en tous cas pour les personnes concernées par la difficulté des études de médecine, qui passeront sans doute un bon moment en allant voir le film. Mais pour le spectateur autre, que je suis à titre d’exemple, Première année peine à s’affirmer comme un film captivant, ou même divertissant. La faute en est au jeu des acteurs, qui ne parviennent pas à proposer quelque chose d’exceptionnel, et à la réalisation, qui se trouve en dessous de ce qu’on pourrait attendre dans une comédie dramatique française.

Les dialogues sauvent un peu la donne, comme ce conseil donné par Antoine (Vincent Lacoste) à son acolyte : « Chaque fois que t’as envie de pleurer, tu mets ça dans une boîte et tu l’ouvres après le concours. » Ou cette occurence comique du père de Benjamin : « Tu as grossi, non ? Fais gaffe, parce que comme t’es petit, si tu deviens gros, tu seras un p’tit gros ! » Autre point positif à soulever, la scène d’ouverture, portant sur la pertinence plus que discutable des conseillers en orientation.

A l’heure du bilan, il faut cependant l’avouer : même si elle pourra plaire à un certain public, celui des étudiants en médecine, parce qu’ils se reconnaîtront dans cette machinerie infernale de la compétition qui broie tout sur son passage, cette heure et demie de cinéma laisse l’impression d’un film plutôt vide. On peine à imaginer qu’il laissera des traces à long terme dans le cinéma français. Après coup, je me dis que j’aurais peut-être du le sécher, ce film sur les amphithéâtres bondés. Mais ce n’est que mon humble avis. Quel est le vôtre ?

Ecrire à l’auteur : jonas.follonier@leregardlibre.com

Crédit photo : © Filmcoopi – Denis Manin

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