«HEX», entre cordes synthétiques et incantations spectrales

Les mélodies du jeudi – Glenn Gomes

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Fans de Nine Inch Nails et des bandes sonores de John Carpenter, ceci est pour vous. Les Genevois de HEX sortent ce vendredi 25 mai leur premier album. Une musique sombre et prenante qui utilise les dernières technologies dans le domaine pour un résultat dense.

A la base de ce son d’une envergure quasi orchestrale, il y a ces rythmiques, lourdes et propulsives, obstinément martelées par une batterie, un séquenceur et des guitares grailleuses. De ceux-ci émergent en nuées hallucinatoires cordes synthétiques et incantations spectrales.

Créé en 2011 à Genève, le groupe se remodèle plusieurs fois avant de prendre sa forme définitive. D’abord en trio au format rock réduit – une batterie et deux guitares – il pose alors les premiers jalons identitaires du projet: une musique abrasive basée sur la répétition, la linéarité et la densité. Afin d’épaissir l’enveloppe sonore, le combo complète l’instrumentation d’une basse et d’une guitare supplémentaire. Désormais en quintet, le groupe décide de développer son esthétique en y intégrant un arsenal plus sophistiqué: la section rythmique est décuplée à l’aide d’un dispositif électronique; des synthétiseurs viennent supplanter la basse électrique. Puis, une voix féminine apportant une dimension envoûtante à l’ensemble par la délicatesse de son timbre.

Si les lignes mélodiques retorses et la noirceur sur cet album convoquent la nébuleuse avant-gardiste des années septante, rock in opposition, (Henry Cow, Univers Zero, Stormy Six), le tonus instrumental semble lui au bénéficie d’un branchement sur le courant electronic body music (EBM). En relevant finalement une inclinaison pour l’éthéré façon 4AD et une force de frappe héritée du hardcore punk, on reste comme saisi devant la rigueur magnétique et l’éclatante contemporanéité de ces quatre titres.

Hex, Hex (2018), Hummus Records, 4 titres (EP)

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Crédit photo: © Mehdi Benkler

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