«bascules ciao», y a-t-il quelque chose à dire?

Les bouquins du mardi – Jonas Follonier

Cette chronique sera accompagnée d’un article contradictoire ainsi que de deux poèmes extraits du recueil bascules ciao dans notre édition de février. Vous serez ainsi invités, chers lecteurs, à donner votre propre avis sur cette poésie.

Que voulez-vous? Dois-je mentir? Le Regard Libre, porteur de la littérature romande? Porteur de ce qui nous interpelle, avant tout, en bien et en mal. Pour ma part, nombreuses sont les fois où je me suis retrouvé déçu par des œuvres que, soit j’avais considérées dans le méli-mélo de la mondialisation bobo-helvético-sérieuse, soit que j’avais appréciées «malgré moi». Cette fois, nul besoin de prendre des pincettes. Nous avons affaire à une pseudo-poésie sans véritable intérêt.

André Petitat nous livre basclues ciao (sans majuscules au titre! oui, ce n’est pas moi), son recueil de poèmes récemment publiés aux Editions de l’Aire, pourtant appréciables et même exemplaires dans le paysage éditorial de notre pays. Cet ouvrage, je l’ai lu. J’ai pleuré. Quelles qualités un texte doit-il présenter pour être considéré comme un poème? Des rimes, dirait un classique. Un rythme, dirait un laxiste. Une âme, dirait un amateur de métaphores.

«je suis tu es
plusieurs dans le même
un méli-mélo
un fil dégagé dans le labyrinthe
des coupures et des nœuds»

Et toi, littérature romande, qu’es-tu? De la médiocrité, dans ta grande majorité. Tout comme la peinture romande. Tout comme la musique romande. Quel média pour dire ce qui doit être dit? Quelle revue pour établir la vérité? Assez de fadeur, assez de lisse, assez de caresses. Osons affirmer que ce qui nous est présenté la plupart du temps est à jeter. Il ne suffit pas de s’autoproclamer auteur pour l’être. Il faut un savoir-faire. Il faut un savoir-être. Il faut ne serait-ce qu’un savoir.

Je suis l’unique et le prêt-à-penser.
le singulier et la série
la madeleine industrielle

Je suis tout, je suis rien, je suis la littérature romande contemporaine dans toute ma splendeur. Je suis médiocre. Ah! On s’indigne! Quelle audace! Oui, il est facile d’aligner des mots. Mais inventer une histoire, agencer des phrases, programmer des sons, jouer avec un genre, voilà qui demande plus de travail. Du travail qui existe en France, qui existe parfois dans nos contrées. Mais que je n’ai pas constaté cette fois-ci. Et inutile de dire que je n’avais pas d’a priori: j’en avais, et ils se sont confirmés.

Un silence de falaise.
Mon croire est mon crime
manivelle, cervelle, eau de javelle.

Cervelle? Au-delà du problème de compréhension que pose un tel recueil, et qui je pense est son défaut majeur, il convient de se questionner sur la forme et, plus encore, sur les volontés de l’auteur. Après tout, la poésie de Rimbaud tend vers un hermétisme incontestable, mais il en demeure quelque chose de fondamentalement beau, en un sens beaucoup plus large que la simple esthétique: une œuvre littéraire doit parler au lecteur, lui procurer quelque chose. Voilà la grande absente de bascules ciao. Ou alors, je suis passé à côté et, si c’est le cas, il ne faudra pas hésiter à être clément vis-à-vis de mon coup de gueule.

Ecrire à l’auteur: jonas.follonier@leregardlibre.com

Crédit photo: © Jonas Follonier pour Le Regard Libre

Une réflexion sur « «bascules ciao», y a-t-il quelque chose à dire? »

  1. Trop émotif et superficiel pour être convaincant ! J’ai acheté le livre: c’est au contraire une poésie qui me paraît variée et intéressante ! 36 poèmes différents et à chaque lecture, de nouvelles découvertes ! Un peu comme une oeuvre d’art ou un morceau de musique que l’on peut regarder ou écouter sans se lasser …

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