Les duos subtils de Véronique Sanson nous la font redécouvrir

Les mélodies du jeudi – Jonas Follonier

Cet article sera accompagné d’encadrés, de commentaires et de compléments sur l’œuvre et la vie de Véronique Sanson, dans notre édition de janvier, en commande ici.

La grande artiste française Véronique Sanson n’avait pas besoin de publier cet album pour que l’intemporalité de son génie soit reconnue. Et pourtant, elle a bien fait de le faire. Duos volatils, sorti le 23 novembre dernier, réunit des duos inédits avec d’autres figures actuelles de la chanson française, toutes générations confondues. Sanson réinterprète ainsi en studio ses plus grands succès avec des confrères. Cette dimension essentielle de l’altérité a le mérite de nous faire entrer encore plus dans le monde de la chanteuse. Nos trois coups de cœur.

Véronique Sanson, c’est une personne que l’on ne présente plus. C’est une véritable personnalité. Elle s’est imposée dans le patrimonie francophone et même européen de la chanson tant ses qualités d’auteur-compositeur-interprète ont été unanimement reconnues par les critiques et par le public. Véronique Sanson, c’est Chanson sur ma drôle de vie, c’est Besoin de personne, c’est Vancouver, c’est Rien que de l’eau. Rien que du génie, avant tout, pour celle qui n’a pas toujours bu que de l’eau.

Les étapes douloureuses de sa vie, justement, ont marqué son œuvre par des titres bouleversants comme Je me suis tellement manquée ou Toute un vie sans te voir. Sanson, c’est aussi un versant joyeux et, bien plus encore, amoureux: on se rappelle que ce fut la femme de Michel Berger, la véritable femme de sa vie, certainement, à en croire la réussite que fut leur union sur le plan artistique. En somme, la dimension du duo est intimement ancrée dans l’identité de Véronique Sanson. Cet album que voici apparaît donc comme une évidence.

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Mais ici, il n’est pas question de dialogue. En réalité, les différences d’interprétation entre Sanson et l’artiste qui l’accompagne pour chaque chanson et les différences d’interprétation entre Sanson l’actuelle et celle des versions originales sont si intéressantes et si minimes qu’on ne peut les qualifier que de cet adjectif: subtiles. Ce qualificatif sied en réalité à l’ensemble des quinze titres de Duos volatils, mais nous en retiendrons trois.

Trois perles de cet album

Tout d’abord, le morceau qui ouvre l’opus est une réussite absolue. L’idée de faire chanter Vianney sur Chanson sur ma drôle de vie relève du nez le plus fin. Il y a dans le timbre de cette nouvelle vedette de la scène française quelque chose de diablement tendre et de terriblement touchant. Quelle merveille aussi que l’instrumentation enjouée, mais délicate, qui sert le tout. Bravo, Véronique, ça c’est un début d’album!

Puis, nous nous arrêtons sur Bahia, madame, parce que Bahia, et parce que Alain Souchon. L’évolution de l’orchestration depuis l’originale de 1972 est si bien pensée que l’on peine à trouver une hiérachie entre les deux versions. Pourquoi en chercher une? Il s’agit tout simplement de deux chefs-d’œuvre absolus, ou peut-être de deux occurences d’un même chef-d’œuvre, se situant dans une autre dimension. Celle de la musique immortelle.

Enfin, et ce sera notre plus grand coup de cœur, écoutez le duo avec Juliette Armanet sur l’incontournable et indémodable Une nuit sur son épaule! Vous n’en reviendrez pas. Tout simplement parce que d’un voyage avec Véronique Sanson, on ne revient jamais. On n’en revient jamais. Comme vous avez dû le vivre vous-même, Juliette. Et comme vous le vivrez vous aussi, chers lecteurs, si vous vous mettez à l’écoute de ce bijou musical qui nous invite à la vie.

Ecrire à l’auteur: jonas.follonier@leregardlibre.com

Crédit photo: © Capture d’écran YouTube

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