Franck Dubosc, le plus beauf des beaufs, dans «All Inclusive»

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Dans All inclusive, Franck Dubosc incarne plus que jamais le personnage de beauf qu’il est devenu. Le film, avec ses défauts, épouse à merveille la beaufitude et fait passer un très bon moment aux spectateurs. Une réussite.

Bruno (François-Xavier Demaison) est le vainqueur du concours «Lune 2 Miel» et gagne ainsi une semaine de vacances aux Caraïbes dans un hôtel all inclusive. A l’aéroport, sa femme se rend compte que son passeport est périmé, ce qui provoque une petite dispute au sein du couple. Elle n’embarquera pas. Bruno peut partir seul. Tant mieux, se dit-on dans le public. Ce n’est pas plus mal, il pourra profiter d’une semaine en toute liberté. Mais c’est sans compter Jean-Paul Cisse (Franck Dubosc), qui a été témoin de la scène et que Bruno devra supporter tout le séjour.

Honnêtement, le film est bien construit et on a envie de répondre à ceux qui souhaitaient voir Franck Dubosc jouer dans un autre registre d’aller voir ailleurs – expression typique beauf. Tout comme les spectateurs que nous formions, le film ne se prend pas le chou. C’est un registre. Et il faut dire que les dialogues signés Fabien Onteniente (le réalisateur), Guy Laurent et Franck Dubosc confirment le caractère répétitif – et donc drôle – de ce cinéma franchouillard et fier de l’être. Petit florilège:

«Pour l’instant, ta femme, c’est The Voice: tu t’es retourné sans la connaître.» (Jean-Paul Cisse, All inclusive, Paris, 2019)

«Jean-Paul, il a pété dans l’eau.» (Caroline, Manon, Sonia et. al., op. cit.)

«Tu déconnes, mon ange.» (Bruno, op. cit.)

All inclusive, c’est aussi une Josiane Balasko «retraitée et veuve, et surtout veuve, et donc libre, et quand je dis libre, c’est vraiment libre, genre libre de chez libre» avec ACDC sur les seins – typique beauf. C’est un Thierry Lhermitte incarnant un directeur d’établissement en mode «plus ringard tu meurs» et homosexuel refoulé. C’est un Franck Dubosc en génie de la beaufitude et un François-Xavier Demaison qui ne joue pas très bien. Mais «on s’en bat les steaks», comme qui dirait.

Ce qui est formidable, c’est de voir tout ce ridicule montré à l’écran, assumé et magnifié, sous forme de soirées déguisées, de pool bar, de code de natel «0000» et de cocktails gratuits. A l’image comme dans la salle de cinéma, il y a des beaufs dans toutes les générations. Et qu’est-ce qui les rend si attendrissants? C’est que ce sont les vrais gens, tout simplement. Les personnes de la classe moyenne et victimes d’une époque qu’ils ne comprennent pas toujours. Des individus avec beaucoup d’imperfections, comme ce film d’ailleurs, et qui sont donc pleinement humains. Sans artifices.

Ecrire à l’auteur: jonas.follonier@leregardlibre.com

Crédit photo: © Prasens-Film

All Inclusive
FRANCE, 2019
Réalisation: Fabien Onteniente
Scénario: Fabien Onteniente, Guy Laurent, Franck Dubosc
Image: Vincent Gallot
Production: Olivier Delbosc
Distribution: Franck Dubosc, François-Xavier Demaison, Josiane Balasko
Durée: 1h35
Sortie: 30 janvier 2019

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