«Ralph 2.0»: c’est parti les enfants, on va dans l’Internet!

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

Les jeux d’arcade ont fait leur temps. L’Internet est arrivé, tel un univers dont «on ne sait jamais où il commence ni quand il finit.» Ralph est néanmoins satisfait dans sa vie de personnage de jeu. La journée, il fait son travail en se mettant à disposition des joueurs, et le soir il se repose, sirotant une bonne bière. Jamais seul! Sa meilleure amie, Vanellope, passe tout son temps à rire et à s’amuser avec son gros copain quand elle ne travaille pas. Elle vient d’un autre jeu: la course de voitures. 

Voilà qu’un beau jour le volant de la machine du jeu de Vanellope se casse. Le responsable de la salle n’a malheureusement pas les moyens de commander le dernier volant disponible qu’il reste sur le marché, qui n’est autre qu’eBay. C’est donc dans l’incroyable monde de l’Internet que se rendent Ralph et son amie pour récupérer tout simplement ce volant. Mais la Toile a ses codes que la raison ignore. Et tout se complique, jusqu’à devenir une véritable aventure. 

Les studios Pixar nous ont gâtés ces dernières années. Leurs dessins animés et ceux de toute la compagnie Disney en général sont non seulement de qualité, mais ils sont également investis d’une pédagogie plutôt saine pour les enfants. C’est désormais à Internet qu’on s’attaque, ou plutôt qu’on aborde. Parce que si Ralph 2.0 met en garde dans une certaine mesure les plus jeunes contre les dangers du plus grand réseau du monde, il n’en montre pas moins les bons côtés. Peut-être un peu complaisant; en tout cas pas manichéen. 

Le dessin animé essaie de jouer la carte de la mesure en présentant à la fois internet comme un lieu où tout est possible, jusqu’à se faire beaucoup d’argent en quelques heures grâce à des vidéos stupides. Internet, un miracle? Peut-être. Mais une réelle drogue aussi. La course aux like y est montrée comme un cercle vicieux nourrissant le narcissisme et la déception. Il y est aussi question d’amitié; et c’est là le point le plus précieux. Alors que les réseaux sociaux – on en fait tous l’expérience mitigée – permettent la communication, la création et le maintien de contacts, ils sont également pervers dans la possessivité qu’ils encouragent. Espionnage incessant et involontaire qui observe scrupuleusement la dernière connexion d’un ami et examine toutes les publications pour tâcher d’en tirer un compte-rendu de tout ce qu’il fait, tout ce qu’il vit, comment et avec qui.

Ralph 2.0 s’inscrit aussi dans la tradition de ses pairs en intégrant une structure aristotélicienne de la trame. La joie habite le début, pour mener à des péripéties qui mènent à une crise, laquelle verra une figure de méchant entrer dans l’affrontement jusqu’à arriver à une conclusion apaisante où tout rentre dans l’ordre des choses et chacun en ressort grandi. La musique, quant à elle, grande absente du début, fait tranquillement son apparition de manière ironique pour occuper enfin la place qu’elle mérite dans tous les dessins animés. Parce que les enfants en ont besoin au bout d’un moment; tous leurs sens doivent être mis à la disposition du visionnage d’un film. L’humour enfin, participe dignement au message. Il fera en revanche plus rire les adolescents et les adultes que les enfants. Pourtant, ce sont ces deniers les premiers concernés. Alors, en avant les enfants, on part à l’aventure dans l’Internet. Mais avec prudence!

Ecrire à l’auteur: loris.musumeci@leregardlibre.com

Crédit photo: © The Walt Disney Company Switzerland

Ralph 2.0
ETATS-UNIS, 2019
Réalisation: Rich Moore, Phil Johnson
Scénario: Phil Johnson
Interprétation (doublage original): John C. Reilly, Sarah Silverman, Bill Hader, Gal Gadot, Taraji P. Henson
Production: Walt Disney Animation Studios
Distribution: The Walt Disney Company Switzerland
Durée: 1h53
Sortie: 13 février 2019

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