«Alpenbier», la nouvelle star suisse des restaurants CFF

Les vendredis de la microbrasserie – Jonas Follonier

Une véritable expérience que l’aspiration buccale de cette bière inconnue venue du fin fond de la Suisse centrale et mise à l’honneur depuis peu dans les wagons restaurants des trains CFF. Voyage et surprise garantis au pays de l’alcool bio.

Il s’agissait de tester «une autre». Un breuvage houblonné différent de la Nostra, bière tessinoise de piètre qualité que nous avions descendue dans les deux sens du terme. Aujourd’hui, notre média se transforme en regard ivre. Non que j’aie testé plusieurs exemplaires singuliers de cette bière en bouteille: l’ivresse est à comprendre au niveau du plaisir intellectuel. Celui d’avoir passé outre mes préjugés.

Naturellement trouble, comme l’assume la brasserie dans son descriptif consultable ici, l’Alpenbier met dans une situation de malaise l’agent des premières lapées. C’est qu’il faut se faire à toutes ces saveurs inhabituelles qui résultent certainement de l’absence de filtrage et de la turbidité des levures. Une fois la frigidité et le conformisme bousculés, se met en place une forme d’appréciation de plus en plus marquée. Et la magie s’opère, dévoilant avec elle des pointes d’agrumes bizarroïdes et de fraîcheur psychédélique.

Oui, cette bière d’Einsiedeln dans la canton de Schwyz se laisse déguster sans trop de déboires, c’est le cas de le dire. L’occasion de rendre une chronique tout sauf imbuvable. Et d’applaudir en toute sincérité les chemins de fer fédéraux pour leur promotion du local et de l’écologique, puisque après tout nos impôts sont en jeu et qu’il serait honteux de ne pas proposer l’une des cinq cents occurrences de bière artisanale que fabrique notre pays. A votre santé.

Ecrire à l’auteur: jonas.follonier@leregardlibre.com


Crédit photo: © Jonas Follonier pour Le Regard Libre

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