«Shazam!», le super-héros des teenagers

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

Thaddeus n’est qu’un bon à rien. Gamin à lunettes et introverti, il est moqué par son père et son frère lors d’un voyage en voiture parce qu’il joue avec une petite boule magique. Lorsqu’il a soudain une vision qui le transporte dans une autre dimension : un magicien l’a choisi pour lui transmettre ses pouvoirs pour combattre les forces du mal. Mais le jeune garçon se révèle impur et n’obtient pas les pouvoirs. Retour dans la réalité; violent accident de voiture et coupure. C’était il y a à peu près quarante ans. 

De nos jours, on retrouve Billy, un adolescent débrouillard qui n’en fait pas une de bonne. Présumé orphelin, il fuit ses familles d’accueil, jusqu’à ce qu’il en trouve une, très particulière, qui paraît lui plaire. Loin d’être un ange, le jeune est à son tour transporté dans le monde magique, et il obtient étonnamment les pouvoirs. Il est métamorphosé en super-héros, sous la forme d’un adulte très musclé, et il lui suffit de prononcer «Shazam», son nouveau nom, pour redevenir le Billy normal et vice-versa. Outre sauver des gens, Billy entre dans une quête de soi, et apprend peu à peu à quel point la famille est précieuse. Surtout lorsqu’un certain Thaddeus, désormais investit par les forces du mal, s’en prend à Billy et à ses nouveaux frères et sœurs. 

La liste des défauts du film serait assez longue à établir. Des effets spéciaux ridicules et très électriques, une morale toujours prête à pointer son nez, des stéréotypes en masse, des répétitions à n’en plus finir et un scénario pas toujours très fin. Mais la subtilité, c’est que Shazam! s’assume comme tel, il se veut comme tel. Oui, il y a les stéréotypes des films de super-héros, mais pour en rire; oui, il y a l’habituelle morale de l’altruisme et de la famille, mais elle va chercher plus loin. Parce que son but n’est pas d’atteindre le philosophe ou le cinéphile averti, elle veut parler à l’adolescent. La famille est un don qu’il faut chérir; le message peut passer d’une certaine manière dans du cinéma d’auteur, et d’une autre manière, plus simpliste et non moins efficace, dans un film pour adolescents. 

Le choix de placer le héros dans la branche desteenagers– on sait qu’il a quatorze ans – oriente d’ailleurs le film vers une tranche d’âge bien précise, à savoir les dix dix-huit ans en gros. Il faut en effet qu’il y ait possibilité d’identification de la part du jeune public. Et c’est réussi! Les filles le trouvent sans doute très mignon, et les garçon veulent être comme lui: un bad boyencore un peu enfant, rêveur et imperméable à l’autorité. 

Du côté de l’humour, même s’il est un peu surfait, il passe. Franchement, par moments le film est drôle même pour un adulte. Même si lesdites vannes font clairement référence à la culture des actuels adolescents – le titre en dit déjà beaucoup. Ce qui n’empêche pas au long-métrage d’avoir un esprit auquel il demeure fidèle: la dérision. A tel point que le méchant Thaddeus est ridiculisé par Billy, lequel se calme un peu lorsqu’il se ramasse une bonne raclée. Rien n’est vraiment pris au sérieux, à l’exception de la question familiale dans ses dimensions les plus profondes. En conclusion, Shazam! n’est pas un chef-d’œuvre, vous l’aurez bien compris, mais il a quelques super pouvoirs qui donneront aux adolescents un bon moment de divertissement dans les salles. 

Ecrire à l’auteur: loris.musumeci@leregardlibre.com

Crédit photo: © DC Comics and Warner Bors

Shazam!
ETATS-UNIS, 2019
Réalisation: David F. Sandberg
Scénario: Henry Gayden
Interprétation: Asher Angel, Zachary Levi, Jack Dylan Grazer, Mark Strong, Djimon Hounsou
Production: New Line Cinema, DC Entertainment
Distribution: Warner Bors Switzerland
Durée: 2h12
Sortie: 3 avril 2019
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