Chris is the Queen!

Paléo Festival 2019 – Amélie Wauthier

Ce soir, il fait encore bien chaud au moment où la pelouse de la grande scène se remplit petit à petit. Il y a du monde partout, mais on ne se marche pas non plus sur les pieds. C’est le premier concert de ce 44e Paléo festival auquel j’assiste et je suis plutôt impatiente de découvrir le show que nous réserve l’artiste de la soirée. Il faut dire qu’elle a beaucoup fait parler d’elle à chacun de ses albums, des prix qu’elle a remportés aux polémiques qu’elle a suscitées.

21h15: on y est, ça va bientôt commencer! Héloïse Letissier fait son entrée sur scène accompagnée par ses musiciens et ses danseuses et danseurs: faites du bruit pour Christine and the Queens! Ou devrais-je écrire Chris? Car c’est le pseudonyme que s’est désormais choisi la chanteuse, qui prend un instant pour nous le rappeler. Afin de nous épargner trop d’efforts et de transpiration en cette période de canicule, paraît-il.

Ce concert commence sous une explosion d’étincelles, au sens propre comme au figuré. Des chorégraphies acrobatiques aux jeux pyrotechniques, la mise en scène est savamment orchestrée: on se prend des feux d’artifices (oui, vraiment, sur scène!) et des confettis plein les yeux! Quant à nos oreilles, elles ne sont pas en reste. La chanteuse enchaîne les titres de sa voix puissante, sensible et envoûtante. J’en attendais beaucoup de cette artiste que je savais grande performeuse, et je n’ai pas été déçue: elle nous a offert un spectacle digne de sa réputation.

Christine and the Queens, Paléo Festival Nyon 2019 © Paléo / Ludwig Wallendorff

Malgré un spectacle méticuleusement pensé et exécuté, la jeune artiste a également su trouver le temps de communiquer avec le public présent, et ce de façon touchante et sincère. C’est avec beaucoup d’authenticité que Christine and the Queens – pardon, Chris! – s’est confiée sur les raisons qui la poussent à écrire, sur ses difficultés à trouver sa place, ses doutes et ses problèmes. Ses chansons, nous confie-t-elle, c’est pour tous les cassés et les abîmés de la vie. C’est d’ailleurs peut-être pour cela que la jeune femme dérange autant certains haters.

Les cheveux désormais (très) courts, vêtue d’une chemise ouverte, d’un soutien-gorge noir et d’un pantalon large, l’artiste bouscule les codes et les genres. De loin, on pourrait presque la confondre avec un certain Michael Jackson. Sur scène, certains danseurs sont peut-être des danseuses, ou alors est-ce le contraire? Et est-ce que cela a vraiment tant d’importance que ça, finalement? Car Héloïse le dit haut et fort: il faut que la vie soit un espace de liberté. Sans jugement, «que de l’amour et du possible». «We accept you» peut-on d’ailleurs lire tatoué sur son avant-bras droit. Et nous, en sommes-nous réellement capables?

22h30: la fin approche. Chris se confie une dernière fois au sujet de sa vie, la voix légèrement cassée par l’émotion. Son kif, c’est de se nourrir de nos émotions et de recevoir tout ce que le public a à lui offrir. Alors Héloïse/Chris/Christine, après t’avoir écoutée avec passion, j’ai envie de te dire merci! Merci pour ce spectacle sensationnel, pour l’émotion que tu as bien voulu partager avec nous. Merci pour ta créativité, ton originalité, et rendez-vous prochainement pour ton troisième Paléo!

Ecrire à l’auteur: amelie.wauthier@leregardlibre.com

Crédits photos: © Paléo / Ludwig Wallendorff

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