Docteur Gab’s, la recette d’une bière plus qu’artisanale

Les vendredis de la microbrasserie – Jonas Follonier

Dans la zone industrielle de Puidoux, à quelques minutes de train de Lausanne, se nichent les tout nouveaux locaux de la désormais réputée Brasserie du Docteur Gab’s. Et autant vous dire que ça claque. Surtout quand c’est son directeur Reto Engler qui nous fait visiter son industrie, tout en répondant à nos questions indiscrètes.

Imaginez. Vous sortez du train Lausanne-Puidoux, offrant d’excellentes vues sur le Léman et ses rives enchanteresses. Vous regardez votre iPhone pour vous aiguiller vers votre destination. Direction la zone industrielle. Soit! Le périple n’est pas long, mais la température est si haute quand vous en venez déjà à rêver des potentielles dégustations à venir. Travail oblige. Alors vous arrivez à un carrefour et un panneau vous fait tourner la tête – autant que le soleil – vers ce qui ne peut plus qu’être ça vu que c’est écrit en très, très grand: la brasserie vaudoise du Docteur Gab’s.

Une brasserie artisanale qui en veut. © Jonas Follonier pour Le Regard Libre

Nous nous annonçons et sommes bientôt accueillis par Reto Engler, directeur en opérations et un des trois fondateurs associés de la brasserie. Ce sont des locaux représentant 3’000 mètres carrés que nous fait visiter le jeune directeur. «Le double de ce que nous avions avant à Savigny», nous informe Reto. «Surtout, la situation est idéale: nous nous trouvons à côté de l’autoroute, il y a des quais de chargement et des stations couvertes pour les véhicules.» L’agrandissement, c’est la grande constante de l’entreprise. En termes de litres, c’est assez impressionnant: 40’000 litres vendus dans les années 2010, un million en 2018… et un million et demi de prévus pour 2019.

Débutée par Gabriel Hasler, David Paraskevopoulos et Reto Engler comme activité accessoire à côté du gymnase ou de l’apprentissage, Docteur Gab’s représente aujourd’hui leur activité principale et dépasse les 100% de travail pour les trois associés. Au total, ce sont trente-cinq personnes qui sont employées dans la société, vingt-cinq équivalents temps plein. Peut-on à ce stade encore parler de microbrasserie et même de brasserie artisanale? «Oui, dans la mesure où l’artisanal n’est pas qu’une affaire de quantité, mais surtout de qualité et de mentalité», me répond sereinement notre interlocuteur du jour. «La brasserie Brooklyn aux USA est plus grande que Feldschlösschen, et pourtant son mode de fabrication se rapproche plus de l’artisanal. De plus, ce qui est essentiel, c’est l’indépendance de la marque.»

Un différence de nature plus que de degré, donc. En parlant de degrés, les bières de Docteur Gab’s ne suivent pas forcément la mode du moment, qui voudrait qu’on fasse presque seulement des IPA ou des bières acides. Le moins qu’on puisse dire, c’est que le brasserie propose un large panel de mousses allant de la bière de soif – la fameuse «Swaf» à 4,8%, «pas si facile à faire» – à la bière ambrée – la dénommée «Chameau» à 7% – en passant par une blanche – la traditionnelle «Houleuse» à 4,8% – ou une triple blonde à 8% (bon à savoir avant de la boire), la «Tempête».

Les cuves estivale et hivernale de la brasserie du Docteur Gab’s, qui changent désormais chaque année de composition. Nous approuvons les actuelles! © Jonas Follonier pour Le Regard Libre

Docteur Gab’s s’est même lancé dans le cidre, obtenant un certain succès. Les caisses de crafty sont d’ailleurs déjà passées par Le Regard Libre avant que nous nous y intéressions dans le cadre de cette rubrique. C’est un cidre fort agréable et réussi, rien à dire de plus. Et il est vrai que si l’on fait du jus de pomme suisse en grandes quantités avec nos bons fruits, alors pourquoi pas fabriquer du cidre helvétique au lieu de le faire importer de Normandie? Reto nous présente également la nouvelle collaboration de Docteur Gab’s avec la réputée «Blanche de Namur», ainsi qu’un partenariat sous forme de processus collaboratif avec QoQa. Autant de recettes, sans aucun doute, d’une brasserie plus qu’artisanale.

Ecrire à l’auteur: jonas.follonier@leregardlibre.com

Crédit photo: © Jonas Follonier pour Le Regard Libre

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