Et si la fin du monde était une bonne nouvelle?

Le Regard Libre N° 55 – Jonas Follonier

Une fois n’est pas coutume, Greta Thunberg me fait penser à une chanson de Michel Sardou. «Des rois enfants, conduits par des femmes inhumaines / Des rois méchants, soufflant la fureur et la haine»: l’An Mil chanté naguère par Sardou semblerait bien être de retour en Occident. L’infantilité de Greta, même manipulée, est tout ce qu’il y a de plus normal: c’est une jeune fille. Plus consternante est l’infantilité de tous ceux, dirigeants, journalistes ou citoyens, qui la révèrent comme une sainte – Saint-Jean, quand tu nous tiens. Avec ton apocalypse.

Greta Thunberg me fait également penser à une chanson de Renaud, Amoureux de Paname.«Ecoutez-moi, vous, les ringards / Ecologistes des grands soirs / La pollution n’est pas dans l’air / Elle est sur vos visages blêmes». Ces paroles de 1975 ne vous font-elles pas penser à quelqu’un? Face à tant d’esprit de sérieux mais si peu de sérieux tout court, accordons-nous un peu d’humour.

Et si la fin du monde prêchée par les écologistes hardcore et autres prophètes johanniques était en réalité une bonne nouvelle? Qui regretterait une seconde le fait que plus aucun être humain n’ait à écouter les injonctions menaçantes de la déesse du Nord? Et ce n’est pas tout, voyez plutôt ce qui suit.

Une fois la race humaine éteinte, il n’y aura plus de concert de Damso, de «toilettes non-genrées» ou de trottinette électrique conduite par un trentenaire muni d’écouteurs intra-auriculaires. Pas plus de téléréalité ni de chirurgie esthétique ignoble, de goas, de boas, de bobos, de Booba.

Quand le monde ne sera plus, plus personne n’aura à supporter de tics de langage ou autres formules artificielles. Finis les «du coup», les «en fait», les «celles et ceux», les «étudiants et étudiantes», les «personnes en situation de handicap», les «techniciens de surface», les «valeurs de la République», les «brainstorming» et les «crowdfunding». Terminé le vide, bienvenue dans le néant d’un univers sans Terre!

Quand notre planète aura été détruite, il n’y aura même plus de dérèglement climatique. Magnifique, n’est-ce pas? Il n’y aura pas de mention du climat dans les gazettes du paradis et, en enfer, où je me trouverai, on pourra parler de tout ce qu’on voudra en faisant griller des merguez, par exemple: Wagner, Flaubert, D’Alembert, Voltaire – et même Albert le Vert.

Bannie sera l’époque de l’image, car de vue nous n’aurons plus. Bénie sera plutôt l’intelligence pure, celle des chérubins et des séraphins. Nous téléportant où bon nous semble, nous ne fréquenterons plus que les âmes qui seront nos amies.

Envolées seront les paroles des accusateurs et des moralisateurs. Tel est le sens de mon message caché sous une bonne farce: des personnes qui font avancer les choses, à toutes les échelles, il y en a. Et le monde s’améliore sous plusieurs plans – de loin pas tous, bien entendu! Mais tout de même.

Gare au catastrophisme. De plus en plus de gens en ont assez des discours apocalyptiques. Et cela pourrait bien porter préjudice à la cause.

Ecrire à l’auteur: jonas.follonier@leregardlibre.com

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