Archives de catégorie : Cinéma

« L’Amant double », du sexe aux tourments

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

Une rubrique partenaire de Cinérevue, l’émission cinématographique de NeuchVox. Prochain direct : lundi 3 juillet 2017, 20h30 – 21h00

« Hélas, Chloé, il n’y a pas de monstres, il n’y a que des êtres humains, comme toi, moi et Paul. »

La monstruosité, Chloé – interprétée par Marine Vacth, sexe symbole de Jeune et jolie – la connaît dans ses atroces maux de ventre. Elle a suivi une multitude de régimes, elle a même arrêté le gluten, mais rien n’y fait. Vagin en observation sur gros plan à l’écran. « Je crois que c’est surtout psychologique, dans votre tête », estime sa gynécologue. Elle l’envoie donc chez un psychanalyste, Paul Meyer – Jérémie Renier, une partie de lui en tout cas.

La thérapie procède doucement, dans la bienveillance et dans l’écoute. Trop de bienveillance, qui finit par unir sous Aphrodite docteur et patiente. Heureusement, Chloé la perturbée va mieux. Ses douleurs ont brûlé sous le feu de l’amour. Elle emménage chez Paul, et retrouve même un travail, en tant que gardienne dans un musée d’art contemporain. Le couple traduit la joie de la relation apaisante dans d’incessantes copulations effrénées. Paul en arrive jusqu’à demander Chloé en mariage ! Emoustillée de tant d’affection, elle accepte. Et la cassure profonde lorsque celle-ci sort du musée où elle travaille et aperçoit son compagnon avec une autre. Ce dernier nie. « Ce n’était pas moi. » Continuer la lecture de « L’Amant double », du sexe aux tourments

« Pirates des Caraïbes : La Vengeance de Salazar »

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Une rubrique partenaire de Cinérevue, l’émission cinématographique de NeuchVox. Prochain direct : lundi 5 juin 2017, 20h30 – 21h00

Qui, dans les jeunes générations, n’a pas été émerveillé par l’univers fantastique de cette histoire de pirates se déchaînant dans les océans ? Basée sur les aventures du capitaine Jack Sparrow, incarné par Johnny Depp, Pirates des Caraïbes est une série de films qui n’a pas fini de faire parler d’elle. Ce qui devait rester une trilogie avait finalement accouché d’un quatrième film, La Fontaine de jouvence, en 2011. Le dernier bébé en date vient d’arriver : La Vengeance de Salazar.

Que les fans d’Harry Potter soient rassurés : la maison Serpentard n’y est pour rien dans ce film. Salazar est un ancien capitaine espagnol, mort avec son vaisseau dans le terrible Triangle des Bermudes. Le bateau avait fait naufrage suite à l’habileté de l’anti-héros Jack Sparrow, alors qu’il était encore jeune. Le fantôme de Salazar, rongé par la haine et condamné à rester dans l’obscurité de ce fameux triangle mystérieux, n’attend qu’une chose : la vengeance. Continuer la lecture de « Pirates des Caraïbes : La Vengeance de Salazar »

« Les Fantômes d’Ismaël » ou le passé qui nous rattrape

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

Une rubrique partenaire de Cinérevue, l’émission cinématographique de NeuchVox. Prochain direct : lundi 5 juin 2017, 20h30 – 21h00

« Ne sois pas jalouse des fantômes, ma chérie. »

Vingt et un ans, huit mois et six jours que Carlotta (Marion Cotillard) a disparu. Son mari, Ismaël (Mathieu Amalric), imbibe d’alcool son deuil inassouvi. Son père, Monsieur Bloom (Laszlo Szabo), vit dans l’horreur constante d’imaginer voir sa fille partout. Et voilà qu’elle ressurgit d’entre les morts, sereine. « Je suis partie seule. Je sais plus pourquoi. »

Elle apparaît un après-midi de soleil doux, sur une plage limpide de Bretagne. Seulement, cela fait deux ans qu’Ismaël est sur une voie – maladroite – de reconstruction. Il a rencontré Sylvia (Charlotte Gainsbourg), une astrophysicienne austère et maternelle. Le fantôme, s’imposant d’un élan naïf et blessé, triangule la relation amoureuse. Continuer la lecture de « Les Fantômes d’Ismaël » ou le passé qui nous rattrape

« Et les mistrals gagnants », une leçon de bonheur

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Une rubrique partenaire de Cinérevue, l’émission cinématographique de NeuchVox. Prochain direct : lundi 5 juin 2017, 20h30 – 21h00

Un film sur l’instant présent, sur le bonheur, sur l’enfance, sur l’humanité, sur la maladie. Et les mistrals gagnants est tout cela à la fois. Ce documentaire signé Anne-Dauphine Julliand réunit toutes les qualités d’un bon documentaire, et propose un regard non pas sur les maladies graves touchant les enfants, mais sur les enfants touchés par les maladies graves. Des enfants respirant la joie de vivre. Un chef d’oeuvre que cette mise en lumière d’enfants gravement malades mais heureux.

C’est justement ce mais qui est questionné dans le long métrage. Centré sur cinq enfants malades ayant entre six et neuf ans, le film ne les porte pas pour autant. C’est eux qui portent le film. Ambre, Camille, Charles, Imad et Tugdual donnent tout simplement une leçon bouleversante au spectateur. Une leçon de vie. Le bonheur est à la portée de chacun, et il ne consiste pas en la somme maximale de plaisirs : il est une foi dans l’existence, avec tout ce qu’elle comporte. Continuer la lecture de « Et les mistrals gagnants », une leçon de bonheur

« Le Procès du siècle » et l’exigence de vérité

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

Une rubrique partenaire de Cinérevue, l’émission cinématographique de NeuchVox. Prochain direct : lundi 5 juin 2017, 20h30 – 21h00

« La voix de la souffrance sera entendue. »

Le professeur Deborah Lipstadt (Rachel Weisz) enseigne l’histoire et la littérature juives à l’Université Emory d’Atlanta. La mémoire de l’Holocauste n’est, pour elle, pas seulement une tâche de son métier. C’est un devoir moral. Une vérité à reconnaître comme telle. L’historien anglais à succès, David Irving (Timothy Spall), n’a pas choisi la même direction. Il préfère « remettre en cause les affirmations de la bien-pensance », selon ses dires. Cette témérité le mène progressivement jusqu’au négationnisme pur et dur. Il est prêt à tout pour proclamer sa construction idéologique au sein des plus hautes sphères intellectuelles. Résultat : il colle un procès à sa rivale sémite, qui a impunément critiqué ses ouvrages. Sans concession.

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« Jour J » ou l’honneur sauvé du cinéma comique français

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Une rubrique partenaire de Cinérevue, l’émission cinématographique de NeuchVox. Prochain direct : lundi 5 juin 2017, 20h30 – 21h00

« La jolie brune Juliette (Reem Kherici, ex-membre de la “Bande à Fifi”, révélée par Canal plus) a fondé avec sa copine Clarisse (Sylvie Testud) une entreprise qui organise des mariages (“Wedding planning”). Un soir, dans un bal costumé, Juliette drague Mathias (Nicolas Duvauchelle) et se le tape dans une calèche. Elle lui laisse sa carte de visite. Mais le lendemain, lorsque la copine de Mathias, la blonde Alexia (Julia Piaton, fille de Charlotte de Turkheim), tombe par hasard sur la carte, le jeune homme, pris de court, prétend qu’il voulait lui faire une surprise : il désire se marier avec elle. Alexia est folle de joie, mais Mathias va désormais devoir organiser un mariage qu’il ne souhaitait pas avec sa petite amie et sa maîtresse d’un soir… » (Les Inrocks)

Il y en a eu suffisamment, ces derniers temps, des comédies ratées servies par nos voisins cinéastes français. Jour J fait exception à la règle. Dieu soit loué ! L’honneur du cinéma comique français est sauf. Si ce second long-métrage de l’élégante Reem Kherici n’est pas un film qui restera dans les mémoires, il réussit néanmoins à faire rire de bon coeur, et c’est tout ce que l’on demande quand on va voir une comédie. Continuer la lecture de « Jour J » ou l’honneur sauvé du cinéma comique français

« Life – Origine inconnue »

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

Une rubrique partenaire de Cinérevue, l’émission cinématographique de NeuchVox. Prochain direct : lundi 1er mai 2017, 20h30 – 21h00

« Bonsoir Lune. Bonsoir Terre. Bonsoir Etoiles. »

Mission Mars, vaisseau Pèlerin I. L’équipage à bord joue ses dernières cartes pour intercepter un satellite qui contient du sable de Mars. C’est fait ! Petit pas pour l’homme et grand pas pour l’humanité. Gloire si l’on décèle la première forme de vie extraterrestre dans la substance martienne. Un être apparaît bel et bien, sous forme unicellulaire. L’exploit est suivi depuis Times Square. En connexion avec les astronautes, les élèves d’une classe new-yorkaise annoncent sur un plateau télévisé le nom qu’ils ont choisi pour la petite bête déjà attachante : Calvin.

Le Britannique Hugh (Ariyon Bakare), responsable du laboratoire d’analyses, stimule la créature en quarantaine sous le regard émerveillé de ses collègues. Elle lui caresse tendrement le doigt à travers le gant plastique traversant la vitrine. Mais la caresse se transforme en poignée violente, qui serre toujours plus, sans sembler vouloir se détacher. La main est broyée, Calvin s’échappe furtivement de son vivarium. L’ingénieur Rory (Ryan Reynolds) plonge dans la salle, sauve son confrère et verrouille de l’intérieur la porte vitrée pour ne pas mettre en danger les autres. Rory ne sortira jamais de ce laboratoire. Il est dévoré intérieurement par le nouvel ennemi qui lui a sauté dans la bouche. Gouttes de sang en apesanteur, bras étendus comme le crucifié. Calvin comporte désormais un haut danger pour les scientifiques du vaisseau. Pas question de rentrer sur Terre avec cette chose. Il faut l’éliminer.

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« Lion », une ode bouleversante à la fraternité

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Une rubrique partenaire de Cinérevue, l’émission cinématographique de NeuchVox. Prochain direct : lundi 1er mai 2017, 20h30 – 21h00

Bouleversant. Tel est l’adjectif sans doute le plus adapté à ce drame tiré d’une histoire vraie. Lion raconte le destin incroyable du jeune indien Saroo, cinq ans, qui se retrouve enfermé dans un train après avoir perdu de vue son frère Guddu. Les portes du wagon ne s’ouvriront que 1500 kilomètres plus tard, à Calcutta. Après des jours d’errance, le jeune garçon est intégré à un orphelinat avant d’être adopté par un couple d’Australiens.

Vingt ans plus tard, Saroo traverse une crise existentielle et cherche à retrouver son village natal avec l’aide du logiciel Google Earth et des quelques souvenirs qui lui restent de cette fameuse nuit où tout a basculé. Cela fait trop longtemps qu’il est rongé par le désir de retrouver sa mère et son frère biologiques. De tout son coeur, il veut que sa première famille sache qu’il va bien, même après toutes ces années.

La première partie du film, présentant au spectateur l’histoire hallucinante du petit garçon depuis le soir où il a été séparé de son frère jusqu’au jour où il va rencontrer ses parents adoptifs, constitue un chef d’oeuvre à elle toute seule. Les lumières sombres, l’omniprésence de la ferraille, les bruits inquiétants du train, tout est traité sous le regard de l’enfant. Le spectateur se retrouve dans un véritable cauchemar, extrêmement bien mis en scène, où le wagon se transforme en prison ; les hommes en monstres ; et le temps, et la faim, et la soif, en supplices. Continuer la lecture de « Lion », une ode bouleversante à la fraternité

Le djihad au féminin – Rencontre avec Noémie Merlant

Le Regard Libre N° 26 – Loris S. Musumeci

Noémie Merlant est une jeune actrice française. Révélation au théâtre, elle se plaît également à pratiquer l’art de la chanson. Sa carrière n’est qu’à l’aube du succès. Après avoir joué dans les films L’Orpheline avec en plus un bras en moins et Les Héritiers, elle a été nommée dans la catégorie du Meilleur espoir féminin aux Césars de cette année, pour Le ciel attendra. Ce film raconte, sous la plume de Marie-Castille Mention-Schaar, l’histoire de Sonia (Noémie Merlant) et Mélanie (Naomi Amarger). Deux jeunes filles normales, que rien ne semble rassembler, si ce n’est un malheureux embrigadement pour le djihad. Dans une France meurtrie par la montée de l’islamisme.

Loris S. Musumeci : Qu’est-ce qui vous a poussée à jouer dans Le ciel attendra ?

Noémie Merlant : J’ai voulu prendre part à ce film pour plusieurs raisons. J’avais d’ailleurs déjà travaillé avec Marie-Castille pour Les Héritiers, ce qui m’avait énormément plu, autant sous le rapport artistique qu’humain. Cette femme traite en effet d’actualité, de jeunesse, d’espoir ; toujours avec profondeur. Lorsqu’elle m’a contactée pour Le ciel attendra, je me suis donc empressée de lire le scénario, et là j’ai pris conscience de l’ampleur du thème. Il était devenu, pour moi, simplement nécessaire d’en parler. Autrement que dans les médias. Qui avait déjà entendu parler d’un djihad féminin ? Sans doute très peu de monde. Aussi, l’avantage d’un support artistique pour traiter la grave question, c’est de toucher ces jeunes dans leur vie émotionnelle, toujours avec une bonne distance. Ensuite, je me suis sentie également prise par la mission de rendre la vérité sur l’identité des adolescentes qui partent en Syrie. Ce ne sont pas forcément des filles de banlieues, délaissées, pauvres, sans parents. Les pourcentages nous indiquent que la moitié de ces dernières sont des converties. De tous les milieux sociaux.

En fait, ce sont, pour la plupart, des jeunes filles absolument normales.

Oui, tout à fait. Elles peuvent être très bonnes à l’école, avoir des amis et des parents merveilleux. Mais Daesh pointe des questions qui nous concernent bien tous. Celles-ci portent sur le sens de la vie et les dérives de notre société de surconsommation. Les réseaux islamistes sur le web posent en réalité de vraies questions ; auxquelles ils apportent évidemment de fausses réponses. Continuer la lecture de Le djihad au féminin – Rencontre avec Noémie Merlant

« A bras ouverts », une comédie pas drôle du tout

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Une rubrique partenaire de Cinérevue, l’émission cinématographique de NeuchVox. Prochain direct : lundi 1er mai 2017, 20h30 – 21h00

A bras ouverts. Après le succès de son très bon film Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ? (2014) qui mettait en scène Christian Clavier dans le rôle du traditionnel Français de droite confronté au multiculturalisme avec les compagnons de ses filles, Philippe de Chauveron signe son huitième opus. Du côté de la distribution, on retrouve Christian Clavier et Ary Abittan. L’histoire part aussi de la même idée, sauf que cette fois, ce n’est pas la bourgeoisie catholique qui se heurte à la différence, mais la gauche caviar.

En effet, Clavier incarne Jean-Étienne Fougerole, une caricature évidente des intellectuels multiculturalistes à la Bernard-Henri Lévy. Sur un plateau de télévision, il cède à la pression populaire pour ne pas être le perdant du débat et déclare, devant son contradicteur d’extrême-droite, qu’il serait prêt à accueillir des Roms chez lui pour montrer l’exemple. Bien sûr, son appel généreux va être pris à la lettre. Des « gens du voyage » vont débarquer chez lui. Continuer la lecture de « A bras ouverts », une comédie pas drôle du tout