Archives de catégorie : Editoriaux

#jesuismaurice

Le Regard Libre N° 53 – Jonas Follonier

L’affaire a fait grand bruit dans le Royaume de France. C’est l’histoire d’un coq nommé Maurice et dont le cri matinal gêne un couple de retraités. Ceux-ci sont des citadins venant passer leurs vacances à Saint-Pierre d’Oléron. Le cocorico de leur voisin Maurice les incommode tellement qu’ils sont allés jusqu’à envoyer des plaintes à répétition et entamer des visites d’huissier. Face à eux, la propriétaire du gallinacé, Corinne Fesseau, et le maire de la commune, Christophe Sueur. Ceux-ci ne l’entendent pas de cette oreille, pour ainsi dire: vouloir interdire le bruit du coq, c’est imposer le mode de vie citadin à la campagne. Pourquoi ne pas interdire les bruits de cloche et les oiseaux qui chantent, pendant qu’on y est?

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Slash Média rejoint Le Regard Libre

Editorial pour diffusion immédiate – Jonas Follonier

Le 24 juillet dernier, Malick Touré-Reinhard, rédacteur en chef de Slash Média, a informé la presse de la cessation d’activités de son webzine au 1er septembre 2019. La raison? Un manque de recrues et de revenus. Une triste étape pour ce média de qualité dédié à la culture et aux sujets de société et fondé sur le Web en 2016 par une personnalité on ne peut plus méritante.

Par un hasard de calendriers, j’ai contacté mon confrère à la même période pour lui proposer un rapprochement avec Le Regard Libre. Cela faisait plusieurs mois que nous souhaitions augmenter l’offre de notre magazine papier. De plus, je me disais qu’entre jeunes médias romands partageant une même vision du journalisme, nous gagnerions à travailler ensemble plutôt que chacun dans son coin. C’est ainsi que j’ai ouvert des discussions avec lemultimedia.info, webzine apparu en 2014 et proposant de riches pages sportives et culturelles, et Slash Média. Au vu de l’arrêt de ce dernier, nous nous sommes dit que l’occasion était venue d’unir nos forces.

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Une Europe de destin

Le Regard Libre N° 52 – Jonas Follonier

Les élections européennes de mai dernier ont été à nouveau l’occasion pour les différents partis de faire croire à leur volonté de «réformer l’Union européenne». C’est bien beau, mais il est permis de douter. Sur les douze candidats d’un débat télévisuel français, tous ont appelé à plus de protectionnisme au sein d’une Union jugée «ultralibérale», «néolibérale» ou tout simplement «libérale», un mot qui suffit à l’insulte dans un pays qui pourtant mériterait une bonne douche de libération de l’économie, de redimensionnement des services publics et de baisse des impôts. Et si, au lieu de dénoncer le libre marché sur lequel s’est construite une UE certes imparfaite, on reconnaissait qu’il s’agit là du meilleur système économique qui soit tout en affirmant que le problème est ailleurs, à savoir au niveau civilisationnel?

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L’heure des pros du journalisme

Le Regard Libre N° 51 – Jonas Follonier

Au sein du paysage télévisuel français, certaines émissions cultes telles qu’ «On n’est pas couché» déçoivent. Nombreuses sont les personnes qui, sur Internet, dans les cafés ou même sur les plateaux de télévision, justement, affirment que le célèbre talk-show de Laurent Ruquier n’est plus ce qu’il était. La raison? Le téléspectateur n’est plus surpris; le caractère attendu des prises de parole a pris le dessus, alors même que ce rendez-vous hebdomadaire reste une référence culturelle pour un certain public.

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Les forces d’un mensuel

Le Regard Libre N° 50 – Jonas Follonier

Que de travail bénévole réalisé cinq ans et trois mois durant, mais que de plaisir également! En me rasant le matin, il m’est arrivé bien plus d’une fois de me demander si cette belle aventure n’était pas plus folle que belle. A quoi bon toutes ces heures quotidiennes consacrées à la vie de cette revue? A l’occasion de la publication de notre cinquantième édition, j’en suis plus que convaincu: non seulement notre investissement n’est pas vain, mais nous pouvons aussi voir ses fruits concrètement. Là, devant nos yeux. En nous efforçant de procurer de la matière intéressante à nos lecteurs, de plus en plus nombreux, voilà que nous arrivons fièrement à ce résultat, un magazine classe de soixante-huit pages, produit chaque mois par la passion de quelques jeunes.

Fiers, nous pouvons l’être. Fiers de susciter le débat et de proposer de grands dossiers culturels. Fiers de compter parmi nos abonnés et nos soutiens d’éminentes personnalités. Fiers de notre effort de réflexion pour dépasser le flux de l’information. Fiers d’avoir tenu bon face au manque d’ouverture et de considération de la part d’une certaine caste journalistique et artistique. Fiers d’avoir cru à une démarche à laquelle personne ne croyait. Fiers d’avoir donné la parole à des individus aux sensibilités diverses, des passionnés, des êtres déjantés parfois, critiques toujours; jamais fades.

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Galanterie, machisme et indifférence

Le Regard Libre N° 49 – Jonas Follonier

La galanterie est aujourd’hui considérée comme machiste, du moins par certaines féministes. Selon elles, cette forme française de savoir-vivre masculin à l’égard des femmes cacherait une vision sexiste où la femme serait traitée comme un être faible et fragile.

Or, la galanterie est une marque de civilité parmi d’autres et ne peut donc sérieusement que s’opposer à des réflexes balourds tels que le machisme ou la sauvagerie. Ce qui frappe quand on prend le métro à Lausanne ou à Paris, ce n’est pas le machisme de méchants hommes de droite blancs cis-genres occidentalo-centrés, mais tout simplement le manque de civilité de quelques «ouesh ouesh», de plus en plus nombreux. Ceux qui écartent leurs jambes en empiétant sur les autres sièges avec leur training insupportable.

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Des gauches inconciliables

Le Regard Libre N° 48 – Jonas Follonier

Quelques actualités illustrent une réalité politique bien peu discutée et pourtant intéressante et fondamentale: la présence dans le paysage idéologique contemporain de diverses gauches inconciliables. Voici trois exemples.

Premièrement, la loi sur la laïcité de l’Etat de Genève acceptée par la population genevoise le 10 février dernier a résulté de débats de deux ans au parlement. Le Parti socialiste, les Verts et Ensemble à gauche ont passé leur temps à taxer cette disposition légale de liberticide, discriminatoire et même islamophobe.

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La consommation rend heureux

Le Regard Libre N° 47 – Jonas Follonier

L’acte de consommation, au sens large, a toujours existé. La consommation de produits fabriqués par d’autres a elle-même existé depuis que l’homme est un fabriquant. Le fait de pouvoir actuellement loger dans l’appartement d’un inconnu grâce à Airbnb tandis que seul le fils de l’homo sapiens je ne sais quoi pouvait utiliser sa cuiller en bois ne change pas grand-chose à la donne. La «société de consommation» dans laquelle nous vivons est une redondance ancestrale.

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Les «gilets jaunes»: quelques réflexions

Le Regard Libre N° 46 – Jonas Follonier

Les médias en ont évidemment beaucoup parlé, peut-être trop. Sans eux et les réseaux sociaux, les «gilets jaunes» n’auraient sans doute même pas existé en tant que mouvement. Mais celui-ci fait désormais partie de l’Histoire. Pour le meilleur et pour le pire.

Les «gilets jaunes» ont le mérite de poser une question essentielle: celle de la place des régions périphériques dans les préoccupations du gouvernement français. Mais aussi, plus largement, du sort des perdants de la mondialisation, en France comme ailleurs.

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Agassiz, censurer le passé?

Le Regard Libre N° 44 – Jonas Follonier

Au bord du lac de Neuchâtel, aux pieds des Jeunes Rives, se niche la Faculté des lettres et sciences humaines de l’Université, sise à l’Espace Louis Agassiz. Cet espace porte le nom d’un grand scientifique américano-suisse du XIXe siècle, Jean Louis Rodolphe Agassiz, devenu professeur à l’académie de Neuchâtel, qui allait devenir ce que les modernes appellent l’UniNE.

Seulement voilà, c’était sans compter les bien-pensants qui peuplent les différentes ramifications étatiques. Louis Agassiz était un raciste, voyez-vous, il fallait donc, d’urgence, ôter son nom de cet espace et le remplacer par celui, plus politiquement correct, de Tilo Frey, qui a – pardonnez mon sarcasme – la triple compétence d’être une femme, une métisse et une «pionnière de l’égalité». La proposition a été formulée par le Conseil général de la Ville de Neuchâtel et s’est vue validée par le rectorat de l’Université.

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