Archives de catégorie : Editoriaux

Une Europe de destin

Le Regard Libre N° 52 – Jonas Follonier

Les élections européennes de mai dernier ont été à nouveau l’occasion pour les différents partis de faire croire à leur volonté de «réformer l’Union européenne». C’est bien beau, mais il est permis de douter. Sur les douze candidats d’un débat télévisuel français, tous ont appelé à plus de protectionnisme au sein d’une Union jugée «ultralibérale», «néolibérale» ou tout simplement «libérale», un mot qui suffit à l’insulte dans un pays qui pourtant mériterait une bonne douche de libération de l’économie, de redimensionnement des services publics et de baisse des impôts. Et si, au lieu de dénoncer le libre marché sur lequel s’est construite une UE certes imparfaite, on reconnaissait qu’il s’agit là du meilleur système économique qui soit tout en affirmant que le problème est ailleurs, à savoir au niveau civilisationnel?

Lire la suite de l’éditorial

L’heure des pros du journalisme

Le Regard Libre N° 51 – Jonas Follonier

Au sein du paysage télévisuel français, certaines émissions cultes telles qu’ «On n’est pas couché» déçoivent. Nombreuses sont les personnes qui, sur Internet, dans les cafés ou même sur les plateaux de télévision, justement, affirment que le célèbre talk-show de Laurent Ruquier n’est plus ce qu’il était. La raison? Le téléspectateur n’est plus surpris; le caractère attendu des prises de parole a pris le dessus, alors même que ce rendez-vous hebdomadaire reste une référence culturelle pour un certain public.

Lire la suite de l’éditorial

Les forces d’un mensuel

Le Regard Libre N° 50 – Jonas Follonier

Que de travail bénévole réalisé cinq ans et trois mois durant, mais que de plaisir également! En me rasant le matin, il m’est arrivé bien plus d’une fois de me demander si cette belle aventure n’était pas plus folle que belle. A quoi bon toutes ces heures quotidiennes consacrées à la vie de cette revue? A l’occasion de la publication de notre cinquantième édition, j’en suis plus que convaincu: non seulement notre investissement n’est pas vain, mais nous pouvons aussi voir ses fruits concrètement. Là, devant nos yeux. En nous efforçant de procurer de la matière intéressante à nos lecteurs, de plus en plus nombreux, voilà que nous arrivons fièrement à ce résultat, un magazine classe de soixante-huit pages, produit chaque mois par la passion de quelques jeunes.

Fiers, nous pouvons l’être. Fiers de susciter le débat et de proposer de grands dossiers culturels. Fiers de compter parmi nos abonnés et nos soutiens d’éminentes personnalités. Fiers de notre effort de réflexion pour dépasser le flux de l’information. Fiers d’avoir tenu bon face au manque d’ouverture et de considération de la part d’une certaine caste journalistique et artistique. Fiers d’avoir cru à une démarche à laquelle personne ne croyait. Fiers d’avoir donné la parole à des individus aux sensibilités diverses, des passionnés, des êtres déjantés parfois, critiques toujours; jamais fades.

Lire la suite de l’éditorial

Galanterie, machisme et indifférence

Le Regard Libre N° 49 – Jonas Follonier

La galanterie est aujourd’hui considérée comme machiste, du moins par certaines féministes. Selon elles, cette forme française de savoir-vivre masculin à l’égard des femmes cacherait une vision sexiste où la femme serait traitée comme un être faible et fragile.

Or, la galanterie est une marque de civilité parmi d’autres et ne peut donc sérieusement que s’opposer à des réflexes balourds tels que le machisme ou la sauvagerie. Ce qui frappe quand on prend le métro à Lausanne ou à Paris, ce n’est pas le machisme de méchants hommes de droite blancs cis-genres occidentalo-centrés, mais tout simplement le manque de civilité de quelques «ouesh ouesh», de plus en plus nombreux. Ceux qui écartent leurs jambes en empiétant sur les autres sièges avec leur training insupportable.

Lire la suite de l’éditorial

Des gauches inconciliables

Le Regard Libre N° 48 – Jonas Follonier

Quelques actualités illustrent une réalité politique bien peu discutée et pourtant intéressante et fondamentale: la présence dans le paysage idéologique contemporain de diverses gauches inconciliables. Voici trois exemples.

Premièrement, la loi sur la laïcité de l’Etat de Genève acceptée par la population genevoise le 10 février dernier a résulté de débats de deux ans au parlement. Le Parti socialiste, les Verts et Ensemble à gauche ont passé leur temps à taxer cette disposition légale de liberticide, discriminatoire et même islamophobe.

Lire la suite de l’éditorial

La consommation rend heureux

Le Regard Libre N° 47 – Jonas Follonier

L’acte de consommation, au sens large, a toujours existé. La consommation de produits fabriqués par d’autres a elle-même existé depuis que l’homme est un fabriquant. Le fait de pouvoir actuellement loger dans l’appartement d’un inconnu grâce à Airbnb tandis que seul le fils de l’homo sapiens je ne sais quoi pouvait utiliser sa cuiller en bois ne change pas grand-chose à la donne. La «société de consommation» dans laquelle nous vivons est une redondance ancestrale.

Lire la suite de l’éditorial

Les «gilets jaunes»: quelques réflexions

Le Regard Libre N° 46 – Jonas Follonier

Les médias en ont évidemment beaucoup parlé, peut-être trop. Sans eux et les réseaux sociaux, les «gilets jaunes» n’auraient sans doute même pas existé en tant que mouvement. Mais celui-ci fait désormais partie de l’Histoire. Pour le meilleur et pour le pire.

Les «gilets jaunes» ont le mérite de poser une question essentielle: celle de la place des régions périphériques dans les préoccupations du gouvernement français. Mais aussi, plus largement, du sort des perdants de la mondialisation, en France comme ailleurs.

Continuer la lecture de Les «gilets jaunes»: quelques réflexions

Agassiz, censurer le passé?

Le Regard Libre N° 44 – Jonas Follonier

Au bord du lac de Neuchâtel, aux pieds des Jeunes Rives, se niche la Faculté des lettres et sciences humaines de l’Université, sise à l’Espace Louis Agassiz. Cet espace porte le nom d’un grand scientifique américano-suisse du XIXe siècle, Jean Louis Rodolphe Agassiz, devenu professeur à l’académie de Neuchâtel, qui allait devenir ce que les modernes appellent l’UniNE.

Seulement voilà, c’était sans compter les bien-pensants qui peuplent les différentes ramifications étatiques. Louis Agassiz était un raciste, voyez-vous, il fallait donc, d’urgence, ôter son nom de cet espace et le remplacer par celui, plus politiquement correct, de Tilo Frey, qui a – pardonnez mon sarcasme – la triple compétence d’être une femme, une métisse et une «pionnière de l’égalité». La proposition a été formulée par le Conseil général de la Ville de Neuchâtel et s’est vue validée par le rectorat de l’Université.

Continuer la lecture de Agassiz, censurer le passé?

Football leaks: une révélation, vraiment?

Les lundis de l’actualité – Diego Taboada

Cette semaine, nous avons eu droit à une nouvelle «vague de révélations» concernant le monde du football. Ces dossiers «leakés» régulièrement de manière anonyme depuis quelques temps mettent généralement en lumière des fraudes fiscales de joueurs célèbres ou des intrigues obscures au sein de différentes instances du football.

Les nouveaux éléments épinglent cette fois-ci particulièrement le Paris Saint-Germain, club de la capitale française racheté en 2011 par le Qatar et connu notamment auprès du grand public pour les montants faramineux de certains de ses transferts de joueurs de plus d’une centaine de millions d’euros. Ils sont accusés d’avoir investi près de deux milliards lors de ces sept dernières années. Théoriquement à l’encontre des règles financières en vigueur – «le fameux fair play financier»  les montages financiers mis en place auraient été couverts par Michel Platini et Gianni Infanito, respectivement ancien président et ancien secrétaire général de l’UEFA.

Continuer la lecture de Football leaks: une révélation, vraiment?

«Le Regard Libre», orienté?

Le Regard Libre N° 43 – Jonas Follonier

Il n’est pas rare que l’on me pose la question. Et il est même récurrent que la chose soit supposée alors qu’elle n’a pas véritablement été pensée. Le Regard Libre serait-il un média orienté? La préoccupation est légitime. On aime, et c’est normal, savoir si ce qu’on lit émane d’une certaine famille idéologique. A cette question, il sera répondu que non. Définitivement. L’idéologie n’a trouvé et ne trouvera jamais sa place dans notre revue.

Lire la suite de l’éditorial