Archives de catégorie : Littérature

Didier Burkhalter, vision d’une «Terre Minée»

Les bouquins du mardi – Hélène Lavoyer

Extrait de notre dossier spécial Didier Burkhalter contenu dans notre numéro d’avril, en commande ici

Lorsqu’un ancien politicien se met à écrire des romans, il peut être compliqué de séparer l’œuvre artistique de l’auteur et de la personnalité politique. Didier Burkhalter, dès le lendemain de sa démission, se mit à la rédaction de son premier ouvrage qui parut quelques semaines à peine après le début de ce nouveau chapitre de sa vie. Depuis ce premier livre intitulé Enfance de terre, trois autres ont été publiés aux éditions de L’Aire. Le dernier en date, Terre Minée (arrivé le 25 mars dans les librairies de Suisse romande), fait suite au roman Mer Porteuse, dont il explique que «les personnages sont revenus frapper à la porte de [son] cœur».

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Philippe Claudel: «Comment les siècles futurs jugeront-ils votre époque?»

Le Regard Libre N° 48 – Loris S. Musumeci

Philippe Claudel est l’une des grandes figures actuelles de la littérature française. Mais son art s’étend jusqu’au théâtre et au cinéma. Aussi, il est membre de la prestigieuse académie Goncourt. Son dernier roman, L’Archipel du Chien, raconte l’histoire d’une île où l’on retrouve un beau matin trois corps d’hommes noirs échoués sur la plage. Des migrants. Pour qui l’espoir d’une vie meilleure autre part a été noyé à jamais. Des habitants de l’île voient ces cadavres comme une menace pour leur avenir. Ils doivent s’en débarrasser.

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Pourquoi nier la réalité?

Le Regard Libre N° 48 – Alexandre Wälti

Il suffit de passer quelques minutes sur l’instructif site internet du réseau des relevés glaciologiques suisses (GLAMOS) pour constater la fonte massive des glaciers. Même nos rues et nos routes montrent, aussi grossièrement que sur une affiche publicitaire, le lien évident entre les émissions de CO2 et la disparition de plus en plus rapide des neiges éternelles en Suisse. Petite chronique entre littérature et observations au cours d’une descente au centre-ville.

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Les «Arpèges» d’une amitié, entre lettres et couleurs

Les bouquins du mardi – Jonas Follonier

Arpèges est la réunion de la peinture et du verbe. Publié chez Slatkine suite au décès de Jocelyne Gagliardi, qui fut professeur de littérature et d’histoire de l’art en Valais, cet ouvrage célèbre l’amitié de cette femme avec la peintre Isabelle Tabin-Darbellay. Par une sélection de lettres qu’elle lui a envoyées. Un véritable coup de cœur.

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La traduction, un acte de lecture

Le Regard Libre N° 47 – Hélène Lavoyer

«La langue de l’Europe, c’est la traduction», écrivait Umberto Eco dans son ouvrage Dire presque la même chose. Qu’entendait-il par là? Que l’Europe s’est construite dans la découverte de l’autre par le biais de sa propre langue en rapport à celle de l’autre, certes, mais pas seulement: que la traduction, sujet qui nous intéressera au fil des prochains paragraphes, a été jusqu’ici la manière d’être même de l’Europe. Et ce, dès les textes fondateurs de notre continent. De la Bible à la philosophie, du Cantique des Cantiques à la Métaphysique d’Aristote, les soubassements de la pensée occidentale – aussi diversifiée et hétéroclite qu’elle puisse être – reposent sur des textes traduits.

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Le chemin tortueux des parents d’enfants autistes

Les bouquins du mardi – Lauriane Pipoz

Dans son premier roman, Un bonheur que je ne souhaite à personne, Samuel Le Bihan nous parle de l’autisme à travers le personnage de Laura. Cette femme est mère de deux enfants, dont un petit garçon autiste. S’étant refusée à le placer en hôpital psychiatrique, elle est la fondatrice d’une structure accompagnant les enfants autistes dans leur différence.

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«Les femmes artistes sont dangereuses»: l’art par la femme, occulté mais vivant

Les bouquins du mardi – Hélène Lavoyer

L’une est journaliste, essayiste et historienne, notamment du féminisme aux XIXe et XXe siècles, l’autre chercheuse indépendante et historienne de l’art. Laure Adler et Camille Viéville, deux femmes mais avant tout deux individualités qui ont engagé leurs forces dans un combat qui quoique vieux de plusieurs siècles n’a ni perdu de son actualité ni de sa nécessité : celui entreprit par nombre de femmes afin de se faire une place dans des domaines régis de tout temps par des hommes. Dans cet ouvrage paru aux éditions Flammarion elles dressent les portraits d’une cinquantaine de créatrices.

Pour celui qui s’intéresse à l’art, ce livre est un trésor de découvertes de nouvelles « griffes » stylistiques. Mais pour tous les autres, interpellés par l’histoire de la femme et qui cherchent à savoir comment, concrètement, le monde patriarcal a pesé de tout son poids sur son expression et sur son intégration à l’univers de l’art, il s’agit d’un ouvrage marquant à ne pas laisser dormir sur les étagères des librairies. Et ce  tant à cause de son propos que de la façon dont il se voit présenté, sous une plume tranchante mais fluide, catégorique avec raison.

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«A son image»: un roman en funérailles

Les bouquins du mardi – Loris S. Musumeci

«De tous les chants de la messe de funérailles, le Sanctus est le seul dont les paroles ne subissent aucun changement parce qu’il n’y est pas question des hommes, de leur naissance et de leur mort, mais seulement du Seigneur, le Dieu des Armées. Les cieux et la terre sont remplis de Ta gloire– la caresse du bout des doigts sur les paupières, la pulpe de l’index. Simon regarde danser la flamme du cierge guettant toujours le sourire d’Antonia et il ferme les yeux. Dans la messe chantée aujourd’hui, telle qu’elle a été élaborée au cours des siècles dans un minuscule village du centre de la Corse, ce ne sont pas seulement les paroles du Sanctus qui sont immuables mais aussi sa mélodie si bien qu’en l’écoutant les yeux fermés, il est impossible de savoir si l’office auquel on assiste est celui des défunts ou celui des vivants.»

Corse, 2003: Antonia est retrouvée au fond d’un ravin. Sur la route de l’Ostriconi, éblouie par les rayons d’un doux soleil d’août, sa voiture s’est laissée aller à la chute dans le vide. La famille apprend la nouvelle; elle en est meurtrie. Plus particulièrement son oncle et parrain qui, outre la tristesse qui l’accable, doit affronter l’épreuve de célébrer les funérailles. Il est prêtre, malgré lui. Trop dur de faire le récit de la vie de la jeune femme. Il ne veut s’en tenir qu’à la simple et stricte liturgie. On n’en apprend pas moins qu’Antonia était photographe passionnée mais amère. Elle a rêvé toute sa vie de couvrir les grands événements du monde, telles les guerres. Elle l’a fait, en Yougoslavie. Sans résultat. Pour le reste, ses photos consistaient à raconter la vie locale; à couvrir les mariages de son objectif. 

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Bertil Galland, l’homme de lettres romand

Le Regard Libre N° 46 – Alexandre Wälti

Bertil Galland est une personnalité qui a directement influencé le rayonnement d’auteurs romands tels que Jacques Chessex, Maurice Chappaz ou Alexandre Voisard. S’il est journaliste avant d’être éditeur, il a également écrit huit livres passionnants aux Editions Slatkine (voir recension sur www.leregardlibre.com) dans lesquels il évoque à la fois son travail journalistique et éditorial et sa passion des mots. Un homme généreux qui nous a offert plus d’une heure de son temps à Vevey. Une discussion qui a simplement commencé par le désir de savoir qui nous sommes, d’où nous venons et ce que nous faisons au Regard Libre. Un homme à l’écoute et qui a été à l’affût pour révéler au grand public de nombreuses plumes de Suisse romande.

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«La montagne sourde»

Les bouquins du mardi – Jonas Follonier

C’est un petit livre simple et bouleversant que publie en ce début d’année Gilbert Pingeon aux Editions de l’Aire. L’auteur, résidant d’Auvernier, offre au lecteur un récit exprimant son amour d’une montagne en particulier, sa montagne, la Montagne Sourde. Et la quatrième de couverture, par son ton, marque d’entrée le génie solitaire qui se cache derrière le narrateur:

«J’entends souvent dire: « Les montagnes sont à tout le monde. » Voilà le genre d’affirmation propre à vous scier les jambes et vous couper l’envie de marcher. De quoi, en tout cas, vous mettre de mauvaise humeur pour le reste de la journée.»

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