Archives de catégorie : Littérature

« Les années silencieuses » questionnent sans cesse

Les lettres romandes du mardi – Alexandre Wälti

Quand une femme de soixante-et-un ans pose un regard rétrospectif sur sa vingtaine, plus précisément les années 1942-1943, alors elle parle aussi de l’histoire de la Suisse. Quand cette femme est Yvette Z’Graggen, écrivaine et journaliste, alors l’exercice peut encore aujourd’hui enrichir l’opinion publique. Si celle-ci existe, bien sûr. L’enrichissement, lui, à la fin de la lecture du récit Les années silencieuses, est certain.

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Metin Arditi : « Dans tous mes livres, j’ai cherché l’estime de mon père »

Le Regard Libre N° 37 – Jonas Follonier

Connu pour ses nombreux engagements dans le milieu culturel, Metin Arditi est devenu depuis quelques années l’un des écrivains les plus importants de Suisse. L’auteur d’origine turque séfarade nous a ouvert les portes de son domicile, à Genève, pour une discussion autour de son dernier roman, Mon père sur mes épaules (2017), paru aux Editions Grasset. Un entretien aussi bouleversant que son ouvrage.

Jonas Follonier : Dans votre ouvrage Mon père sur mes épaules, vous racontez l’épisode marquant où l’une de vos deux filles atteint l’âge de sept ans. Vous écrivez : « Soudain je compris de quoi, à son âge, j’avais été privé. Je fus anéanti. » Est-ce le point de départ de ce livre ?

Metin Arditi : Dans la question de savoir s’il faut condamner Pâris et Hélène du fait que leur amour a déclenché la guerre de Troie, le véritable problème à affronter est le suivant : s’ils n’étaient pas tombés amoureux l’un de l’autre, est-ce que la guerre de Troie aurait eu lieu oui ou non ? Il s’agit de se demander s’il y a une véritable connexion entre les deux événements. Toutes proportions gardées, c’est un peu la même histoire ici. L’observation que j’avais faite de ma fille lorsqu’elle avait sept ans, c’est la cause profonde, en effet. Mais il y a eu des causes beaucoup plus immédiates qui m’ont amené à écrire ce livre, dont une particulièrement.

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Bastien Roubaty, du caractère dès les premières vendanges

Les lettres romandes du mardi – Nicolas Jutzet

Le premier roman de Bastien Roubaty, étudiant en littérature et histoire, est une belle promesse. Parvenant parfaitement à mêler les différents univers, avec un bémol en fin de récit qui cède à la facilité des clichés , il signe un ouvrage réussi, donnant d’ores et déjà envie de le lire les prochains. Plongée dans 174 pages passionnantes.

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« Venir grand sans virgules », la fraîcheur de la simplicité

Les lettres romandes du mardi – Jonas Follonier

Parfois il suffit d’être l’un à côté de l’autre en silence ça me fait le même effet que de m’asseoir au pied du noyer en rentrant de l’école on accepte de ne pas ouvrir la bouche et le vide n’existe plus.
On est là.

C’est simple. C’est d’une beauté primordiale. C’est d’une fraîcheur apaisante et rassurante. C’est le premier roman de Myriam Wahli, publié aux Editions de l’Aire. Née en 1989 dans le Jura Bernois, cette jeune auteur romande a réuni vingt-et-un chapitres de quelques pages chacun pour en faire un ouvrage à l’écriture singulière. Sans virgules, comme l’indique son titre, Venir grand sans virgules raconte l’enfance. L’enfance de l’auteur ? Peu importe. L’enfance tout court, qui se reflète dans l’écriture et les associations d’idées. Continuer la lecture de « Venir grand sans virgules », la fraîcheur de la simplicité

« Notre-Dame des égarées », jusqu’au silence éternel

Les lettres romandes du mardi – Loris S. Musumeci

« Hélène surtout, Provençale dont les parents s’étaient établis ici, ville qui était alors française, a proclamé : « Je suis du Rhône, vaille que vaille ! » Quant à Karel, issu de Prague, il est désigné à jamais comme « homme du Rhin » par la piquante demoiselle. »

Elle est du Rhône, il est du Rhin. Ils se rencontrent dans le Colmar occupé de la fin du XIXsiècle. Les deux travaillent dans le pensionnat « très sélect » pour filles. Elle enseigne le latin et le français ; lui la musique. Leurs regards se croisent. Le sentiment amoureux n’est pas direct, mais finit par s’imposer comme une évidence. L’amour advient, meut les corps, et les unit au soir de la Saint-Sylvestre. Le résultat : « Stella vient de naître en ce 10 octobre 1894 ».

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Le garçon au coeur de fille

Les lettres romandes du mardi – Nicolas Jutzet

Dans son roman Faire le garçon, Jérôme Meizoz, en alternant récit et enquête, s’intéresse à la masculinité et à la violence des normes sociales. En mêlant fiction et récit autobiographique, il signe un ouvrage qui, à défaut d’être un chef-d’œuvre, permet le questionnement.

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Philippe Forest : « De certaines expériences extrêmes, on ne peut jamais rien dire »

Le Regard Libre N° 37 – Loris S. Musumeci

Philippe Forest est un homme de lettres reconnu pour ses amples connaissances en la matière. Il est professeur de littérature et contribue à de prestigieuses revues telles que la NRF. Depuis la mort de sa fille, Pauline, arrachée à la vie toute petite par un cancer, Philippe Forest a commencé à écrire des romans, liant la démarche du deuil à celle de l’écriture. Après plusieurs grands succès, comme son premier roman, L’Enfant éternel (1997), ou Sarinagara (2004), l’auteur se livre à une réflexion romanesque sur l’oubli. Nous l’avons rencontré à Fribourg.

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Prix suisses de littérature 2018

Le Regard Libre N° 36 – Jonas Follonier

Le jeudi 15 février dernier s’est tenue à la Bibliothèque nationale suisse, à Berne, la sixième cérémonie de remise des Prix suisses de littérature. Ceux-ci se composaient de sept Prix littéraires décernés à des auteurs des quatre régions linguistiques du pays parmi une liste de cent dix livres, d’un Prix spécial de traduction ainsi que du Grand Prix suisse de littérature. Le Regard Libre a pu assister à une très belle soirée placée sous le signe des lettres, de l’humanisme et de l’esthétique.

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« Loin de Douala », et l’Afrique vous manque

Les lettres romandes du mardi – Loris S. Musumeci

Roger veut boza. C’est-à-dire qu’il veut partir pour l’Europe. Le jeune Camerounais n’en peut plus de Douala. Il rêve de football, il rêve de liberté. Le garçon est en effet beau gosse aux yeux des filles, et excellent joueur avec le ballon. Mais l’école ne l’intéresse pas : là, il est simplement mauvais. Honte pour la famille. Heureusement, le petit frère, Jean, sauve la mise niveau études : il est brillant. En revanche, avec les filles et les ballons, point de succès.

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« Un Rhône qui fleurit » : des poèmes de Jean-Marie Claret

Les lettres romandes du mardi – Jonas Follonier

Originaire de Fully, en Valais, Jean-Marie Claret conjugue deux grands amours : la gastronomie et la littérature. Créateur et animateur de caveaux gastro-littéraires, l’homme a plusieurs ouvrages à son actif, dont le recueil de poèmes Un Rhône qui fleurit.

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