Archives de catégorie : Littérature

Un beau gosse écrivain «De la race des seigneurs»

Les bouquins du mardi – Loris S. Musumeci

«N’oublie jamais que tu es un Delval, mon fils. Tu es de la race des seigneurs.» 

Alex Delval, fils d’Alexandre Delval, cherche sa place. Et ce n’est pas chose facile. Le jeune garçon voudrait se lancer dans le cinéma pour la bienveillance et l’amour qu’offrent un plateau de tournage sous les projecteurs et le regard de la caméra. Mais la place semble déjà prise, pour l’éternité. Un seigneur du cinéma y siège: Alexandre Delval. Alors le fils est perdu. Ce qui le pousse à commettre quelques – grosses – conneries. Drogue, violence et l’art de toujours tout gâcher, en tout. Un soir, Alex rencontre un psy. La discussion entre les deux s’entame, pour aller puiser dans le fond des souffrances de l’un comme de l’autre. 

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«Leurs enfants après eux»: un Goncourt social

Tour d’horizon de quelques grands prix littéraires – épisode #1

Le Regard Libre N° 47 – Loris S. Musumeci

«Voilà que toute le monde se retrouvait plus ou moins larbin, à présent. La silicose et le coup de grisou ne faisaient plus partie des risques du métier. On mourait maintenant à feu doux, d’humiliation, de servitudes minuscules, d’être mesquinement surveillé à chaque stade de sa journée; et de l’amiante aussi. Depuis que les usines avaient mis la clef sous la porte, les travailleurs n’étaient plus que du confetti. Foin des masses et des collectifs. L’heure, désormais, était à l’individu, à l’intérimaire, à l’isolat. Et toutes ces miettes d’emplois satellitaient sans fin dans le grand vide du travail où se multipliaient une ribambelle d’espaces divisés, plastiques et transparents: bulles, box, cloisons, vitrophanies.»

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«Simili-love», la quête d’un homme

Les bouquins du mardi – Ivan Garcia

Dans un monde – à quelques années près – de notre quotidien, contrôlé par une multinationale gargantuesque, Maxime, scénariste de séries télévisées désenchanté et aliéné, vit une idylle avec Jane, une androïde. A travers cette romance à doses de Simili-love, le protagoniste finit par avancer, à la recherche de son humanité, au sein d’une civilisation en ruines.

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Didier Burkhalter, vision d’une «Terre Minée»

Les bouquins du mardi – Hélène Lavoyer

Extrait de notre dossier spécial Didier Burkhalter contenu dans notre numéro d’avril, en commande ici

Lorsqu’un ancien politicien se met à écrire des romans, il peut être compliqué de séparer l’œuvre artistique de l’auteur et de la personnalité politique. Didier Burkhalter, dès le lendemain de sa démission, se mit à la rédaction de son premier ouvrage qui parut quelques semaines à peine après le début de ce nouveau chapitre de sa vie. Depuis ce premier livre intitulé Enfance de terre, trois autres ont été publiés aux éditions de L’Aire. Le dernier en date, Terre Minée (arrivé le 25 mars dans les librairies de Suisse romande), fait suite au roman Mer Porteuse, dont il explique que «les personnages sont revenus frapper à la porte de [son] cœur».

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Philippe Claudel: «Comment les siècles futurs jugeront-ils votre époque?»

Le Regard Libre N° 48 – Loris S. Musumeci

Philippe Claudel est l’une des grandes figures actuelles de la littérature française. Mais son art s’étend jusqu’au théâtre et au cinéma. Aussi, il est membre de la prestigieuse académie Goncourt. Son dernier roman, L’Archipel du Chien, raconte l’histoire d’une île où l’on retrouve un beau matin trois corps d’hommes noirs échoués sur la plage. Des migrants. Pour qui l’espoir d’une vie meilleure autre part a été noyé à jamais. Des habitants de l’île voient ces cadavres comme une menace pour leur avenir. Ils doivent s’en débarrasser.

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Pourquoi nier la réalité?

Le Regard Libre N° 48 – Alexandre Wälti

Il suffit de passer quelques minutes sur l’instructif site internet du réseau des relevés glaciologiques suisses (GLAMOS) pour constater la fonte massive des glaciers. Même nos rues et nos routes montrent, aussi grossièrement que sur une affiche publicitaire, le lien évident entre les émissions de CO2 et la disparition de plus en plus rapide des neiges éternelles en Suisse. Petite chronique entre littérature et observations au cours d’une descente au centre-ville.

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Les «Arpèges» d’une amitié, entre lettres et couleurs

Les bouquins du mardi – Jonas Follonier

Arpèges est la réunion de la peinture et du verbe. Publié chez Slatkine suite au décès de Jocelyne Gagliardi, qui fut professeur de littérature et d’histoire de l’art en Valais, cet ouvrage célèbre l’amitié de cette femme avec la peintre Isabelle Tabin-Darbellay. Par une sélection de lettres qu’elle lui a envoyées. Un véritable coup de cœur.

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La traduction, un acte de lecture

Le Regard Libre N° 47 – Hélène Lavoyer

«La langue de l’Europe, c’est la traduction», écrivait Umberto Eco dans son ouvrage Dire presque la même chose. Qu’entendait-il par là? Que l’Europe s’est construite dans la découverte de l’autre par le biais de sa propre langue en rapport à celle de l’autre, certes, mais pas seulement: que la traduction, sujet qui nous intéressera au fil des prochains paragraphes, a été jusqu’ici la manière d’être même de l’Europe. Et ce, dès les textes fondateurs de notre continent. De la Bible à la philosophie, du Cantique des Cantiques à la Métaphysique d’Aristote, les soubassements de la pensée occidentale – aussi diversifiée et hétéroclite qu’elle puisse être – reposent sur des textes traduits.

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Le chemin tortueux des parents d’enfants autistes

Les bouquins du mardi – Lauriane Pipoz

Dans son premier roman, Un bonheur que je ne souhaite à personne, Samuel Le Bihan nous parle de l’autisme à travers le personnage de Laura. Cette femme est mère de deux enfants, dont un petit garçon autiste. S’étant refusée à le placer en hôpital psychiatrique, elle est la fondatrice d’une structure accompagnant les enfants autistes dans leur différence.

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«Les femmes artistes sont dangereuses»: l’art par la femme, occulté mais vivant

Les bouquins du mardi – Hélène Lavoyer

L’une est journaliste, essayiste et historienne, notamment du féminisme aux XIXe et XXe siècles, l’autre chercheuse indépendante et historienne de l’art. Laure Adler et Camille Viéville, deux femmes mais avant tout deux individualités qui ont engagé leurs forces dans un combat qui quoique vieux de plusieurs siècles n’a ni perdu de son actualité ni de sa nécessité : celui entreprit par nombre de femmes afin de se faire une place dans des domaines régis de tout temps par des hommes. Dans cet ouvrage paru aux éditions Flammarion elles dressent les portraits d’une cinquantaine de créatrices.

Pour celui qui s’intéresse à l’art, ce livre est un trésor de découvertes de nouvelles « griffes » stylistiques. Mais pour tous les autres, interpellés par l’histoire de la femme et qui cherchent à savoir comment, concrètement, le monde patriarcal a pesé de tout son poids sur son expression et sur son intégration à l’univers de l’art, il s’agit d’un ouvrage marquant à ne pas laisser dormir sur les étagères des librairies. Et ce  tant à cause de son propos que de la façon dont il se voit présenté, sous une plume tranchante mais fluide, catégorique avec raison.

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