Are you on a smartphone?

Download the Le Regard Libre app from the PlayStore or AppStore and enjoy our application on your smartphone or tablet.

Download →
No thanks
Home » «Women artists are dangerous»: art by women, hidden but alive

«Women artists are dangerous»: art by women, hidden but alive3 reading minutes

par Hélène Lavoyer
1 comment

Tuesday books - Hélène Lavoyer

One is a journalist, essayist and historian, notably of feminism in the 19th and 20th centuries, the other an independent researcher and art historian. Laure Adler and Camille Viéville are two women, but above all two individuals who have joined forces in a battle that, although centuries old, has lost none of its relevance or necessity: the struggle undertaken by many women to carve out a place for themselves in fields that have always been ruled by men. In this book, published by Editions Flammarion, they draw up portraits of some fifty women creators.

For anyone interested in art, this book is a treasure trove of discoveries of new stylistic «griffes». But for all those who are interested in women's history and want to know how the how, in concrete terms, the patriarchal world has weighed heavily on her expression on her expression and integration into the world of art, this is a landmark work not to be left on bookshop shelves. And this both for its subject matter and the way and the way it is presented, in a sharp but fluid style, categorical with reason.

«Faut-il faire une histoire de la peinture “sexuée”? Sûrement pas; être femme ne vous donne ni une manière de voir ou de faire ni une particularité qui signalerait “l’essence femme”. D’autre part, être du sexe féminin ne rattache à aucune école ni courant. […] Contrairement à l’impressionnisme – qui fut l’un des premiers mouvements à accueillir des femmes – ou au surréalisme – qui souvent en fit l’éloge -, aucun “féminisme” pictural ne rassemble lignes de force ou courants esthétiques.»

La toute première œuvre que rencontrent les lecteurs annonce la couleur des propos qui suivront. Il s’agit d’un poster réalisé par les Guerilla Girls qui pose la question suivante : « Do women have to get naked to get into the Met. Museum ? » (« Les femmes doivent-elles se dénuder afin d’entrer au musée du Met. ? »). En effet, et cela est inscrit plus bas sur le papier au fond jaune, moins de quatre pour-cent des artistes exposés dans la partie « Art moderne » dudit musée sont des femmes, alors que quelques septante-six pour-cent des nus représentent des femmes. Paradoxe.

Avant de laisser parler les courts récits biographiques des peintres, sculptrices ou encore photographes choisies pour évoquer l’art par la femme et sa diversité, quelques dix pages de ce haut et large volume légitiment sa publication par un parcours historique. Ce dernier propose de questionner la légitimité du regard qui dirige l’histoire de l’art, une discipline qui « du plus loin qu’on s’en souvienne, a été pensée, écrite, publiée, transmise par des hommes à destination d’un public majoritairement masculin… ». En soulevant cette problématique, ce livre pose les jalons d’une nouvelle façon de la penser et de la diffuser.

«”Ni femme ni homme, ni vieux ni jeune.” Peintre, juste peintre. Ni expressionniste abstrait ni postimpressionniste. Considérant que la volonté d’inventer quelque chose est une obsession masculine, Joan Mitchell revendique simplement le droit de peindre, juste de peindre, et de continuer à peindre; elles sont nombreuses […] à ne rien réclamer, si ce n’est de pouvoir passer leur vie, jusqu’à leur dernier souffle, à peindre, dans le désir non pas de montrer mais tout simplement d’exister.»

Yoko Ono, Frida Kahlo, Artemisia Gentileschi mais aussi Yto Barrada ou Lola Gonzàlez, des femmes aux casquettes tout aussi diverses que celles portées par les auteures. Leurs parcours de vie inspirent une profonde admiration et illustrent plusieurs constats, et notamment celui que les œuvres de ces femmes, parfois adulées en leur temps, sont ou ont été trop souvent occultées par l’histoire de l’art. Des portraits précis, qui parlent tant des influences et des inspirations que des spécificités et des combats qu’ont dû mener ces artistes.

«De [ces] créatrices il est question dans ce livre: il restitue la force de leur pensée et transmet leur perception de la beauté, qui continue à nous émouvoir et à nous faire réfléchir par-delà les siècles nous séparant.»

Write to the author: helene.lavoyer@leregardlibre.com

Camille Viéville et Laure Adler
Women artists are dangerous
Editions Flammarion
2018

158 pages

Credit photo: © Hélène Lavoyer pour Le Regard Libre


Vous aimerez aussi

1 comment

1011art 14 October 2019 - 9 09 51 105110

Plasticienne engagée, je me permets de répondre à votre article. Petite proposition : une vision contemporaine de l’iconographie traditionnelle à des fins critiques..
Je travaille entre autre sur la représentation du corps de la femme au travers des dérives religieuses ou des sociétés viriles.
A découvrir :
Ecce Homo : https://1011-art.blogspot.com/p/ecce-homo.html
Vera Icona : https://1011-art.blogspot.fr/p/vera-icona_5.html
Corpus Christi: https://1011-art.blogspot.com/p/corpus-christi.html
Ou encore Noli me Tangere : https://1011-art.blogspot.fr/p/noli-me-tangere.html

Reply

Laisser un commentaire

Contact

Le Regard Libre
P.O. Box
2002 Neuchâtel 2

2025 - All rights reserved. Website developed by Novadev Sàrl