{"id":14938,"date":"2018-07-19T09:00:29","date_gmt":"2018-07-19T08:00:29","guid":{"rendered":"http:\/\/leregardlibre.com\/?p=14938"},"modified":"2022-09-25T16:22:55","modified_gmt":"2022-09-25T14:22:55","slug":"retour-a-buenos-aires-long-fleuve-tranquille","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leregardlibre.com\/en\/literature\/retour-a-buenos-aires-long-fleuve-tranquille\/","title":{"rendered":"\u00abReturn to Buenos Aires: a long, quiet river"},"content":{"rendered":"<p><em><a href=\"https:\/\/leregardlibre.com\/en\/editions-parues\/numeros-36-a-40\/numero-39\/\" data-type=\"page\" data-id=\"15832\">Le Regard Libre N\u00b0 39<\/a> - Nicolas Jutzet<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\"><strong>Published by Slatkine &amp; Cie, French author Daniel Fohr's story takes us on an adventure. There's plenty to think about, and the story he tells plunges us into a nostalgic past.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<!--more Lire l\u2019article-->\n\n\n\n<p>Au centre de l\u2019attention, l\u2019Aviateur. C\u2019est en sa m\u00e9moire que son petit-neveu prend le large. Parti du Havre, il a pour mission de rejoindre l\u2019Am\u00e9rique du Sud. Et plus pr\u00e9cis\u00e9ment Buenos Aires, apr\u00e8s une escale \u00e0 Santos. Afin d\u2019accomplir la derni\u00e8re volont\u00e9 du vieux sage. Il veut voir ses cendres plong\u00e9es dans le\u00a0Rio de la Plata. Et pourquoi? Pour retrouver son amour perdu.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">L&#8217;Aviateur, vestige d&#8217;un monde oubli\u00e9<\/h3>\n\n\n\n<p>H\u00e9ros de guerre, l\u2019Aviateur est un homme solide. Apr\u00e8s avoir survol\u00e9 le monde tout au long de sa carri\u00e8re dans l\u2019aviation, il profite de sa retraite. Exemple de long\u00e9vit\u00e9, il finit par s\u2019\u00e9teindre \u00e0 118 ans, fr\u00f4lant le record du monde. Dernier membre d\u2019une famille sujette au drame, le petit-neveu entre alors en sc\u00e8ne. C\u2019est \u00e0 lui que s\u2019adresse le testament. Il h\u00e9rite de l\u2019appartement du d\u00e9funt, ainsi que d\u2019une mission. Celle de faire le voyage qu\u2019il n\u2019a jamais pu faire. Rejoindre l\u2019Am\u00e9rique du Sud, en bateau, depuis la Normandie. La ville, lourdement touch\u00e9e lors de la Seconde Guerre mondiale, est au c\u0153ur du grand m\u00e9lodrame de la vie du vieil homme. C\u2019est ici qui tout se termine, et que, paradoxalement, tout recommence.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans sa prime jeunesse, l\u2019homme avait rencontr\u00e9 une resplendissante Sud-am\u00e9ricaine qui, non contente d\u2019\u00eatre renversante, avait la chance d\u2019\u00eatre bien n\u00e9e. Venue d\u00e9couvrir l\u2019Europe, profitant de l\u2019hospitalit\u00e9 de sa tante, \u00e9tablie sur le Vieux Continent, elle finira par s\u2019amouracher du vaillant ing\u00e9nieur en formation qu\u2019\u00e9tait \u00e0 l\u2019\u00e9poque l\u2019Aviateur. Du haut de ses vingt-cinq ans, il parvient \u00e0 s\u00e9duire la jouvencelle de vingt-et-un ans. C\u2019est le d\u00e9but de l\u2019aventure d\u2019une vie. Ou du moins, c\u2019est le destin commun que se jurent les tourtereaux.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>\u00abJ\u2019\u00e9prouve \u00e0 chaque instant le besoin de me convaincre que tu n\u2019\u00e9tais pas un r\u00eave. J\u2019ai l\u2019impression d\u2019\u00eatre n\u00e9 \u00e0 la seconde o\u00f9 je t\u2019ai rencontr\u00e9e.\u00bb<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Malheureusement, sa bien-aim\u00e9e doit, comme pr\u00e9vu, rejoindre sa terre natale \u00e0 la fin de son p\u00e9riple europ\u00e9en. Elle y retourne \u2013\u00a0autre temps, autre r\u00e9alit\u00e9\u00a0\u2013 en bateau. Une longue travers\u00e9e l\u2019attend. Les \u00e9changes de courriers, voil\u00e0 le seul lien qui unit alors ce couple follement amoureux. Et en ce temps, la poste est diff\u00e9rente, elle prend des semaines et des semaines pour livrer d\u2019un continent \u00e0 l\u2019autre. La situation est infernale pour qui se trouve dans l\u2019attente d\u2019une r\u00e9ponse de sa moiti\u00e9. Inimaginable pour nous, \u00e0 l\u2019heure des messages en instantan\u00e9, du surplus d\u2019informations. S\u2019y ajoute la lente travers\u00e9e de l\u2019oc\u00e9an Atlantique. Une vraie le\u00e7on d\u2019humilit\u00e9 pour la g\u00e9n\u00e9ration ultra-connect\u00e9e dont nous sommes issus. La patience raviverait-elle les \u00e9motions?<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image alignnone size-full wp-image-16512\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/leregardlibre.com\/wp-content\/uploads\/2018\/07\/fohr_retour_3D-scaled.jpg\" alt=\"fohr_retour_3D\" class=\"wp-image-16512\"\/><figcaption>\u00a9 Editions Slatkine<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Enfin dipl\u00f4m\u00e9, il se d\u00e9cide \u00e0 la rejoindre. A l\u2019aventure! Il fera le m\u00eame chemin, par bateau, depuis Le Havre. Tout est d\u00e9cid\u00e9; l\u2019impatience est palpable.\u00a0Mais, un jour avant le d\u00e9part, alors qu\u2019il s\u2019appr\u00eate \u00e0 rendre sa chambre dans un h\u00f4tel havrais, le monde s\u2019effondre sur la t\u00eate du futur pilote. Laconique, un t\u00e9l\u00e9gramme vient briser, peut-\u00eatre \u00e0 jamais, l\u2019illusion d\u2019un bonheur atteignable.\u00a0\u00abAi r\u00e9fl\u00e9chi. Histoire termin\u00e9e. Ne t\u2019aime plus. Ne souhaite plus te voir. D\u00e9finitif.\u00bb Exp\u00e9ditif.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>\u00abIl avait vingt-cinq ans, et celle qui venait de lui fermer la porte d\u2019un avenir en commun n\u2019en avait que vingt-et-un.\u00bb<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Un long fleuve tranquille<\/h3>\n\n\n\n<p>Le petit-neveu h\u00e9rite donc d\u2019un voyage qui aurait d\u00fb mener son anc\u00eatre au bonheur. L\u2019Aviateur le fera finalement, des ann\u00e9es plus tard, enferm\u00e9 dans une urne. Port\u00e9 par son rejeton qui veille au grain. Un dernier voyage, a la recherche du repos, et de r\u00e9ponses, sans doute. Le petit-neveu, biblioth\u00e9caire peu passionnant, prend la mission tr\u00e8s \u00e0 c\u0153ur. C\u2019est parti pour un mois, non sur un paquebot de croisi\u00e8re, mais sur un porte-conteneurs, impersonnel au possible.<\/p>\n\n\n\n<p>A travers les remarques du personnage, nous faisons connaissance avec le monde parfois abrupt des marins. Solitude, sacrifice et esprit collectif. On croit reconna\u00eetre un esprit de caserne. Avec ses nombreuses \u00e9num\u00e9rations et un rythme ralentissant, l\u2019auteur parvient parfaitement \u00e0 faire percevoir le <i>tempo<\/i> pour le moins paisible du voyage. A 17km\/h, sur un cargo rouge, la vie est calme, monotone. Par moment, l\u2019ennui du narrateur manque de contagier le lecteur.<\/p>\n\n\n\n<p>Entrecoup\u00e9e par une temp\u00eate r\u00e9veillant un mal de mer violent et quelques frayeurs pour l\u2019Aviateur qui voit sa nouvelle maison faire quelques acrobaties sur le bateau, la torpeur qui s\u2019installe est agr\u00e9able pour qui r\u00eave un jour de vivre pareil d\u00e9fi. Souvent livr\u00e9 \u00e0 lui-m\u00eame, le biblioth\u00e9caire tente de comprendre, de d\u00e9couvrir les \u00e9l\u00e9ments manquants et simplement de nouer contact avec les autres. Sans grand succ\u00e8s. On s\u2019attache aux employ\u00e9s pr\u00e9sents sur le bateau qui tentent, tant bien que mal, d\u2019\u00e9gayer leur quotidien.<\/p>\n\n\n\n<p><i>\u00abJ\u2019ai pens\u00e9 \u00e0 l\u2019Aviateur en route pour son dernier voyage et \u00e0 moi, charg\u00e9 de le ramener vers son amour de jeunesse, une chim\u00e8re rest\u00e9e coinc\u00e9e pendant presque cent ans dans son cerveau reptilien, si\u00e8ge de l\u2019amour romantique.\u00bb<\/i><\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 le huis clos parfois angoissant, on peine \u00e0 d\u00e9couvrir la profondeur des personnages.&nbsp;Percer la carapace du narrateur restera une chim\u00e8re, lui qui parle avant tout de l\u2019urne qui l\u2019accompagne et de son quotidien finalement bien banal. On d\u00e9couvre, par l\u2019entremise des \u00e9changes de lettres laiss\u00e9es au petit-neveu, l\u2019histoire des deux amants, sans toujours parvenir \u00e0 se faire une r\u00e9elle id\u00e9e globale. Il faudra attendre les derni\u00e8res pages pour r\u00e9ellement comprendre la soudaine m\u00e9tamorphose de la douce.<\/p>\n\n\n\n<p>On regrettera \u00e9galement le peu de temps pass\u00e9 sur la terre ferme. Quelques chapitres pour s\u2019impr\u00e9gner de la vie si distincte de ce que nous connaissons, en Argentine, aurait donn\u00e9 un force suppl\u00e9mentaire au r\u00e9cit. On sent l\u2019aventure na\u00eetre, mais elle ne d\u00e9collera pas, ou si peu. Mais l\u00e0 n\u2019est pas le but du livre. Il ne s\u2019agit pas d\u2019un <i>thriller<\/i>, mais d\u2019un roman de voyage, initiatique et historique. Or pour se retrouver, pour comprendre son histoire et comprendre son amante, il faut du temps, pas des rebondissements sans fin.<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">Interview de l\u2019auteur, Daniel Fohr:<\/h1>\n\n\n\n<p><b><em>Le Regard Libre<\/em>: On retrouve dans votre ouvrage plusieurs clins d\u2019\u0153il \u00e0 Blaise Cendrars. Pourquoi?<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>Daniel Fohr: Parce que c\u2019est d\u2019abord un \u00e9crivain d\u2019aventures, d\u2019aventures humaines: la Russie avec le Transsib\u00e9rien, le Br\u00e9sil en cargo, la ru\u00e9e vers l\u2019or en Am\u00e9rique ou encore les tranch\u00e9es de 14. J\u2019avais envie de m\u2019inscrire dans ce registre, mais de fa\u00e7on d\u00e9cal\u00e9e. Le nom de Buenos Aires est charg\u00e9, comme ceux de Maraca\u00efbo, de Valparaiso, etc. Mon go\u00fbt pour Cendrars, qui n\u2019est pas exclusif, tient aussi \u00e0 son \u00e9criture et \u00e0 son travail sur la langue. Comme clin d\u2019\u0153il litt\u00e9raire pour un cargo, c\u2019\u00e9tait lui ou Conrad, mais celui-ci est une r\u00e9f\u00e9rence trop sombre pour l\u2019histoire que je voulais raconter. Il y a un humour plus l\u00e9ger et goguenard chez Cendrars, l\u2019humour des f\u00eates \u00e0 Montparnasse, alors que celui de Conrad est ironique, sarcastique et critique. M\u00eame si la mort est pr\u00e9sente dans le roman, elle est toujours contrebalanc\u00e9e par l\u2019humour. Sans doute y-a-t-il un rapport entre les cendres que transporte le narrateur et le pseudonyme de l\u2019\u00e9crivain \u00e0 la main coup\u00e9e. Et puis, mon personnage est d\u2019une certaine fa\u00e7on un \u00ab\u00a0amput\u00e9 psychologique\u00a0\u00bb, il n\u2019a jamais vraiment aim\u00e9, et prend conscience de ce manque lorsqu\u2019il se voit confront\u00e9 \u00e0 une histoire d\u2019amour qu\u2019il ne comprend pas.<\/p>\n\n\n\n<p><b>La vie a bord est d\u00e9crite avec pr\u00e9cision et talent, avez-vous vous-m\u00eame travaill\u00e9 sur un bateau de cette taille? D\u2019o\u00f9 vient cette volont\u00e9 de d\u00e9crire la vie des marins?<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>Je n\u2019ai pas travaill\u00e9 sur un bateau de cette taille, mais j\u2019ai navigu\u00e9 \u00e0 son bord pour effectuer la travers\u00e9e du Havre jusqu\u2019\u00e0 Buenos Aires, comme mon personnage. C\u2019\u00e9tait la moindre des choses si je voulais toucher une certaine v\u00e9rit\u00e9. Le lecteur doit faire le voyage aussi, on doit y croire, une fiction doit poss\u00e9der sa v\u00e9rit\u00e9. Si quelqu\u2019un qui a fait ce genre de travers\u00e9e me lit, il ne doit pas avoir le sentiment que je raconte n\u2019importe quoi, sinon il jettera le livre, et il aura raison. Il y a des choses qu\u2019on ne peut pas inventer. On ne peut pas tout trouver sur internet, l\u2019exp\u00e9rience est irrempla\u00e7able, parce que ce qui fait la v\u00e9rit\u00e9 des choses, ce sont des d\u00e9tails qu\u2019on ne trouve nulle part, et une fa\u00e7on de les observer. Hemingway donnait comme premier conseil \u00e0 quelqu\u2019un qui veut \u00e9crire: ne parlez que de ce que vous connaissez. C\u2019est parfaitement juste. Ensuite, \u00e0 partir de cela, on peut inventer ce qu\u2019on veut. Quand je dis que je n\u2019ai pas travaill\u00e9 sur ce porte-conteneurs, ce n\u2019est pas tout \u00e0 fait vrai: j\u2019\u00e9crivais tous les jours des passages, des notes, des r\u00e9flexions, pour le livre. La volont\u00e9 de d\u00e9crire les travailleurs de la mer vient sans doute d\u2019une modeste carri\u00e8re de journaliste <i>free-lance<\/i> que j\u2019ai eue, il y a longtemps. Les r\u00e9alit\u00e9s sociologiques m\u2019int\u00e9ressent, tout comme la fa\u00e7on dont les gens vivent des r\u00e9alit\u00e9s \u00e9loign\u00e9es de la mienne. Je cultive une fascination pour cela, j\u2019ai le go\u00fbt des choses exotiques. C\u2019est ce que j\u2019ai aim\u00e9 aussi lorsque j\u2019ai fait de la publicit\u00e9: un jour, je visitais une fabrique de camemberts en Normandie, un autre jour une usine automobile au Japon, et un autre encore je partais tourner un film \u00e0 Cuba ou en Afrique du Sud. C\u2019est toujours ce qui m\u2019a int\u00e9ress\u00e9, m\u00eame dans des m\u00e9tiers apparemment diff\u00e9rents. Ma famille a toujours voyag\u00e9, j\u2019ai une m\u00e8re qui voyage encore \u00e0 nonante-sept ans, elle vient de rentrer du Canada. J\u2019ai deux fr\u00e8res, l\u2019un qui vit \u00e0 Madrid, l\u2019autre \u00e0 Mexico. J\u2019ai toujours eu plus d\u2019int\u00e9r\u00eat pour ce qui est loin que pour ce qui est proche; cela repr\u00e9sente sans doute une limite.<\/p>\n\n\n\n<p><b>Le rythme du r\u00e9cit est \u00e0 l\u2019image de la rapidit\u00e9 du porte-conteneurs. L\u2019action est rare. Pourquoi ce choix?<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>Je voulais \u00e9crire un r\u00e9cit initiatique classique, celui qui m\u00e8ne d\u2019une rive \u00e0 l\u2019autre, un retour \u00e0 Ithaque. J\u2019avais envie de quelque chose de d\u00e9pouill\u00e9, sans trop d\u2019action justement, aussi parce que mon pr\u00e9c\u00e9dent roman, <i>L\u2019\u00e9clair silencieux du Catatumbo<\/i>, \u00e9tait assez foisonnant. Il s\u2019agissait d\u2019une forme d\u2019hommage \u00e0 une certaine litt\u00e9rature latino-am\u00e9ricaine dont je me sens proche. Avec <i>Back to Buenos Aires<\/i>, je me suis demand\u00e9 si je serais capable d\u2019\u00e9crire un r\u00e9cit o\u00f9 il ne se passe pas beaucoup d\u2019actions, comme <i>Ballard dans L\u2019\u00eele de b\u00e9ton<\/i>: un personnage tombe avec sa voiture un soir de pluie dans un <i>no man's land<\/i> entre une s\u00e9rie d\u2019\u00e9changeurs autoroutiers et de rocades, et il ne va plus sortir de ce terrain vague et revenir \u00e0 l\u2019\u00e2ge de pierre. J\u2019entreprends chacun de mes livres comme une nouvelle exp\u00e9rience. Comment parler de la r\u00e9p\u00e9tition des jours sans se r\u00e9p\u00e9ter? Comment g\u00e9rer le temps, la dur\u00e9e? Comment parler de l\u2019ennui sans ennuyer? Cela m\u2019a forc\u00e9 \u00e0 \u00eatre pr\u00e9cis dans l\u2019\u00e9criture, \u00e0 \u00eatre fluide et \u00e0 toujours me mettre du c\u00f4t\u00e9 du lecteur, ce qui \u00e9vite une certaine complaisance. Il m\u2019arrive d\u2019\u00eatre tr\u00e8s satisfait d\u2019un long passage que je trouve parfaitement construit, bien \u00e9crit, mais qui n\u2019apporte absolument rien au r\u00e9cit, voire qui le freine. Il faut savoir amputer un texte, pour poursuivre la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 Cendrars. Comme j\u2019ai tendance \u00e0 beaucoup me relire et \u00e0 beaucoup r\u00e9\u00e9crire, si un passage commence \u00e0 m\u2019ennuyer, que j\u2019ai tendance \u00e0 le relire trop vite, je sais qu\u2019il ennuiera le lecteur. Le texte doit me plaire encore au bout de cinquante relectures; il s\u2019agit l\u00e0 du meilleur des tests. Mais le style, la tonalit\u00e9 ne suffisent pas, il faut \u00e9galement qu\u2019il y ait un enjeu. En dehors des \u00e9pisodes avec l\u2019\u00e9quipage et de la vie \u00e0 bord, la d\u00e9couverte progressive de cette histoire d\u2019amour constitu\u00e9e de six lettres que le protagoniste relit avec nous, jusqu\u2019au d\u00e9nouement final \u2013\u00a0savoir ce qui attend notre personnage \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e \u2013\u00a0est un ressort qui pousse le lecteur \u00e0 tourner la page et, je l\u2019esp\u00e8re, \u00e0 rendre le roman moins ennuyeux que la travers\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Write to the author:\u00a0<a href=\"mailto:nicolas.jutzet@leregardlibre.com\">nicolas.jutzet@leregardlibre.com<\/a><\/em><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Regard Libre N\u00b0 39 \u2013 Nicolas Jutzet Publi\u00e9 par Slatkine &amp; Cie, le r\u00e9cit de l\u2019auteur fran\u00e7ais Daniel 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