2016, une grande année pour la chanson française

Le Regard Libre N° 13 – Jonas Follonier

Nous voici plongés dans une année paire – à ce qu’on dit, ce sont les meilleures ! En tout cas, 2016 promet rien qu’en ce qui concerne la chanson française. En effet, c’est cette année que de grands artistes issus du terreau fertile 1965-1975 vont faire leur retour.

Tout d’abord, Michel Polnareff, auquel nous avions consacré cinq pages dans notre huitième édition, sortira un nouvel album en mars, son dernier remontant – tenez-vous bien – à 1990, soit il y a vingt-six ans. L’homme en rouge, qui contient les thématiques de notre édition spéciale « Noël 2015 », est le premier extrait de l’album et a déjà été dévoilé sur internet par l’artiste. Et Polnareff effectuera une grande tournée, avec deux dates en Suisse : le 28 mai à l’Arena de Genève et le 17 juillet à Sion. J’y serai ! Continuer la lecture de 2016, une grande année pour la chanson française

Noël optimiste (Rencontre avec Suzette Sandoz)

Le Regard Libre N° spécial « Langue française » – Sébastien Oreiller

Tout d’abord un grand merci à Mme Suzette Sandoz, ancienne conseillère nationale vaudoise, qui a gentiment accepté de répondre aux questions du Regard Libre pour son édition de Noël ! Durant cette entrevue, les questions ont tourné autour de trois thèmes : Noël comme fête religieuse, comme fête familiale et comme fête consumériste.

Sébastien Oreiller : Madame, que répondre à ceux qui trouvent que le rôle de Noël est déplacé, étant donné que beaucoup de gens ne croient pas en Dieu ? Peut-on partager des valeurs chrétiennes sans être croyant ?

Suzette Sandoz : Tout à fait. Noël est une fête de lumière et de générosité, y compris pour une personne qui n’en partage pas la raison d’être. C’est la célébration d’une naissance, reprise de la fête païenne de la lumière, la renaissance de la vie. Il s’agit donc d’une valeur tout à fait conciliable, même pour celui qui ne croit pas. Mais Noël, c’est aussi la fête de cette valeur éminemment chrétienne qu’est le don. Pour la population, cela se traduit par le fait d’offrir des cadeaux, indépendamment du consumérisme sur lequel nous reviendrons plus tard.

Selon vous, quelle est la place de Noël dans un Etat laïque ?

Noël est une fête ; si quelqu’un la refuse et préfère aller travailler, très bien ! Il n’y a aucun problème quant à cette célébration dans un Etat laïque : notre culture est marquée par le christianisme depuis deux mille ans. Les fêtes qui ont été instaurées sont devenues des jours fériés, ce qui a contribué, comme tout ce qui est chrétien par ailleurs, à une amélioration du sort des travailleurs. Quant à la polémique récente sur les cantiques de Noël en Italie, celle sur le crucifix ou les crèches, par exemple, j’appelle cela le syndrome de Palmyre, en référence aux destructions de Daesh. Il s’agit de renier toute culture, et nous faisons la même chose. Aujourd’hui, nous tendons à ne reconnaître l’importance de la culture qu’à partir du moment où elle est morte. Continuer la lecture de Noël optimiste (Rencontre avec Suzette Sandoz)

Alain Finkielkraut, itinéraire d’un essayiste singulier

Le Regard Libre N° 12 – Jonas Follonier

Alain Finkielkraut est né en 1949 de parents juifs polonais tous les deux rescapés de la Shoah. Naturalisé à l’âge de un an, il estime avoir une dette envers la France qui lui a permis, à travers l’école républicaine, de devenir français en recevant la culture de son pays d’accueil, et plus particulièrement la langue et la littérature françaises.

D’abord engagé en tant que maoïste puis en tant que gauchiste dans les années 60, Finkielkraut s’est toujours distingué du socialisme dans ce qu’il avait de subversif et de totalitaire. Il faut dire que sa vie intellectuelle ressemble à celle d’un de ses modèles, Charles Péguy, car, comme le dit Yann Moix en s’adressant à l’homme qui nous intéresse: «Péguy était socialiste tout seul, peut-être même le seul socialiste digne de ce nom pendant l’affaire Dreyfus, et comme Péguy a été récupéré par la droite et qu’il n’a jamais renié une ligne de son œuvre, vous vous identifiez un petit peu à lui. Parce que finalement dans son immobilité, il a eu toujours raison.»

A ses débuts, il publie deux ouvrages avec son ami Pascal Bruckner puis s’affirme comme essayiste à force de nombreux écrits, dont La défaite de la pensée fut le premier à avoir beaucoup de succès. Cet essai ainsi que les suivants, qui se comptent en dizaines, témoignent d’une profonde cohérence et bien qu’il n’ait pas vraiment érigé un système métaphysique comme l’ont fait Platon ou Descartes, Finkielkraut a néanmoins énoncé un certain nombre d’idées construites et argumentées.

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Noël 2015 vu par un théologien protestant (Rencontre avec Félix Moser)

Le Regard Libre N° spécial « Noël 2015 » – Jonas Follonier

Docteur en théologie de l’Université de Neuchâtel, Félix Moser a d’abord été pasteur et aumônier des prisons en France pendant quatre ans, puis pasteur dans le canton de Neuchâtel durant onze ans. Après avoir passé huit ans à la Faculté autonome de théologie de Genève, il est revenu à l’Université de Neuchâtel en tant que professeur. Voici notre entretien réalisé à la Faculté des lettres et sciences humaines de l’UniNE.

Jonas Follonier : Nous allons commencer par la question la plus importante : quelle est l’histoire de Noël et quelle est sa signification, pour le théologien que vous êtes ?

Félix Moser : Au départ, historiquement, les premiers chrétiens se sont rassemblés autour de ce qui était le noyau de la foi chrétienne, à savoir l’amour et la résurrection du Christ ainsi que le cycle festif de Pâques. La fête de Noël est vraiment tard venue puisqu’elle est intervenue au IVe siècle où elle s’est généralisée. Continuer la lecture de Noël 2015 vu par un théologien protestant (Rencontre avec Félix Moser)

François-Xavier Putallaz : « Noël passe aussi par les symboles »

Le Regard Libre N° spécial « Noël 2015 » – Loris S. Musumeci

François-Xavier Putallaz est professeur de philosophie à l’Université de Fribourg notamment, membre du Comité national d’éthique et membre du Comité international de bioéthique de l’UNESCO.

Loris S. Musumeci : Nous approchons de la grande fête de Noël. Les rues sont illuminées, les centres commerciaux se transforment en étouffants labyrinthes desquels on ne peut sortir tant que l’on n’a pas trouvé, haletant en folie, tous les cadeaux parfaits pour nos proches. Dans cette période d’affolement, il nous plairait de comprendre le véritable sens du Noël. Pourriez-vous nous décrire ce que cette fête est originellement ?

François-Xavier Putallaz : Noël est inouï ! La naissance d’un être humain, déjà, est magnifique, car c’est l’éclosion d’une vie nouvelle. Alors pensez : une seule fois dans l’histoire, un homme est né, dont la personne est Dieu lui-même. A Noël, Dieu est né en tant qu’homme. Celui qui n’a pas de commencement, Celui par qui tout a été fait, Celui qui tient toute chose au-dessus du néant, le voici qu’il naît petit enfant : pauvre, fragile et dépouillé. Noël, c’est ce mystère de l’amour. Comment ne pas le célébrer chaque année ? C’est l’événement le plus inouï de l’histoire humaine ! Continuer la lecture de François-Xavier Putallaz : « Noël passe aussi par les symboles »

Permettons Noël

Le Regard Libre N° spécial « Noël 2015 » – Jonas Follonier

« A vous autres, hommes faibles et merveilleux, Qui mettez tant de grâce à vous retirer du jeu. Il faut qu’une main posée sur votre épaule Vous pousse vers la vie, Cette main tendre et légère. » Ainsi s’ouvre la meilleure chanson du monde, Quelque chose de Tennessee. Ainsi s’ouvre notre édition spéciale NOËL 2015.

Les fêtes de fin d’année constituent la période où les familles se réunissent et où l’on clôt l’année en beauté, avec un flot d’amour et d’optimisme. Or au moment où l’on expose ses projets pour l’an prochain, où l’on revient sur les grands moments que nous avons vécus, où l’on s’émerveille des récits d’autrui, il y a des personnes qui souffrent de leur faiblesse, de leur vieillesse, de leur maladie, de leur solitude surtout. C’est le moment où l’homme qui n’a rien (ou croit ne rien avoir) a le plus conscience de ce néant. Continuer la lecture de Permettons Noël

Ah ! le tourisme d’achat

Le Regard Libre N° 12 – Nicolas Jutzet

Ah ! le tourisme d’achat, ce sujet polémique par excellence. En tant qu’habitant d’un canton qui partage sa frontière avec la France, j’y suis sans cesse confronté. Les arguments fusent, les débats se tendent, les « touristes » sont vites taxés de mauvais patriotes, qui mettraient l’économie suisse à mal. Pourtant, dans le camp adverse, on défend mordicus qu’après tout, il est logique et légitime de vouloir payer moins cher ses achats quand l’occasion se présente à une si courte distance. Dans les lignes qui suivent, je me permets un modeste décryptage, dans le but de permettre à chacune et chacun d’avoir une partie des tenants et des aboutissants au moment d’affronter ses responsabilités de consommateur. Alors docteur, c’est grave le tourisme d’achat ?

Déjà sensible avant janvier 2015, le sujet s’est définitivement installé dans les débats depuis l’abolition du taux plancher. La force du franc pénalise certes fortement les exportations, mais de l’autre côté il favorise le Suisse face aux vendeurs étrangers. De facto, l’annonce du 15 janvier fait des heureux dans les ménages. Les individus qui font, chaque weekend ou occasionnellement, le déplacement en France, en Allemagne ou encore direction l’Italie, sont les vainqueurs opportunistes de la décision de la BNS. Cette aubaine se traduit par une explosion du volume des achats hors frontières. En face, on s’affole. On crie au loup. Qui a tort, qui a raison ? Penchons-nous sur les arguments des deux camps. Continuer la lecture de Ah ! le tourisme d’achat

Une guerre contre la civilisation

Le Regard Libre N° 12 – Jonas Follonier

« Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles. » Jamais il n’y eut de plus prophétique personnage que Paul Valéry, mort en 1945.

Le 13 novembre 2015, l’horreur est devenue plus horrible encore. A la tuerie de Charlie Hebdo le 7 janvier dernier, la cible était claire : le milieu journalistique, le milieu intellectuel, le milieu laïque. Or aux attentats de ce sombre mois, un seuil a été franchi : les cibles, ce sont tout le monde, les innocents, les hommes, les femmes, les adolescents, les personnes âgées, qu’ils soient musulmans, juifs, chrétiens ou athées.

Cette gradation dans le mal est capitale : véritables chiens enragés et assoiffés de sang, les islamistes veulent nous abattre, nous réduire au néant, et non plus viser « seulement » ceux qui se moquent d’Allah. La France est-elle en guerre ? Non : l’Europe est en guerre, l’Occident est en guerre ! Notre civilisation est menacée plus que jamais. Notre particularité occidentale, tout ce que nous avons bâti, la liberté, la laïcité, l’égalité, le droit à la satire, mais aussi notre art de vivre, notre culture, nos festivités, tout cela est attaqué. Continuer la lecture de Une guerre contre la civilisation

A la santé du transhumanisme !

Article inédit – Loris S. Musumeci

Qu’il est délectable et honorifique de s’indigner contre le monde et de le critiquer avec désinvolture. Blâmer la tendance « transhumaniste » de la société, typiquement, est aujourd’hui plus que jamais en vogue. On s’oppose à celle-ci, mais, paradoxalement, on la glorifie aussi. En effet, lorsqu’elle est dans une optique « méliorative » – c’est-à-dire d’augmentation du genre humain – on crie au démon, alors que si elle est destinée à des fins thérapeutiques, ce sont les doux anges que l’on chante pour rendre grâce de ce miracle des sciences. Tout cela est bel et bon ; cependant, ne faudrait-il pas se demander si les lubies d’« hommes-robots » et d’autres dérives du transhumanisme mélioratif, ne proviennent pas, en fait, du côté médical du phénomène ? Plus précisément, c’est sur l’actuelle définition référentielle de la santé qu’il convient sérieusement de se questionner : « La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité. » (OMS, 1946). Cette conception ne serait-elle pas, en réalité, un lourd facteur du transhumanisme ? Continuer la lecture de A la santé du transhumanisme !

Il était une fois un chef d’œuvre


Le Regard Libre N° 11 – Jonas Follonier

L’année 1968 marqua l’histoire des idées, de la chanson, mais aussi du cinéma. En effet, avec Il était une fois dans l’Ouest (C’era una volta il West), Sergio Leone n’avait plus à prouver la force du western italien apparu cinq ans plus tôt et dont il fut sans conteste le plus grand réalisateur.

Le bon, la brute et le truand, en 1966, avait déjà amorcé l’apogée du genre. L’apparition de gros plans au tout début du film suffisait à considérer l’art de Sergio Leone comme une révolution cinématographique. Toutefois, il serait fou de ne pas expliquer ces chefs d’œuvre, du moins partiellement, par la musique d’Ennio Morricone. Continuer la lecture de Il était une fois un chef d’œuvre

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