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Quentin Mouron: «L’art m’a toujours semblé un artifice»

ENTRETIEN LONG FORMAT, Jonas Follonier | Il est décrit comme le «Houellebecq suisse». Quentin Mouron pourrait tout aussi bien être considéré comme le «Beigbeder suisse». Comme le quinquagénaire français, il cultive une image de bad boy bien sapé, de dandy décadent. Comme le quinquagénaire français, ses œuvres sont plongées dans l’atmosphère des points limites, des bars classes, mais glauques, de la «vulgarité de la bourgeoisie» comme chante Thiéfaine, du sang et de la blanche. Comme le quinquagénaire français, il utilise l’astuce du double littéraire pour peindre avec distance, mais panache, ses paradoxes personnels, jusqu’à pointer ceux de la société entière. Sauf que Quentin Mouron, lui, a la trentaine, et c’est déjà une petite star dans l’univers littéraire francophone. En fin d’année dernière (nous aurions voulu écrire avant le monde de maintenant, qui aurait été le  monde d’après), l’auteur canado-suisse a publié un ouvrage-concept, composé d’un essai sur l’écrivain décadent Jean Lorrain (1855-1906) et d’une nouvelle édition de son roman L’Age de l’héroïne. Le fil rouge  de ces deux textes? La volonté pour leurs figures centrales de s’échapper du monde – volonté qui se solde par une impossibilité. Quoique… L’art ne fait-il pas office de porte de secours? A Quentin Mouron de nous le dire, sans oublier de démolir toute l’époque au passage – y compris le milieu littéraire.

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