Archives par mot-clé : comédie dramatique française

«Première année», et si on séchait?

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Cette semaine, vous vous êtes peut-être rendu au cinéma pour visionner le nouveau film du médecin et réalisateur français Thomas Lilti. Son long-métrage Première année s’intéresse justement au monde de la médecine, plus spécifiquement aux études qui y mènent, en plein Paris. Le concours de médecine, tout un monde. Antoine débute sa première année… pour la troisième fois consécutive, c’est donc un « triplant ». Benjamin, lui, fait sa première première année. De l’amitié circonstancielle va naître entre les deux hommes, mais va-t-elle résister à la pression de la compétition ?

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Du grand art avec « Cornélius, le meunier hurlant »

Neuchâtel International Fantastic Film Festival – Jonas Follonier

Le mythe du loup-garou revisité en un conte hilarant, puisant dans diverses traditions : projeté dans la catégorie des « Films of the Third Kind » du NIFFF, Cornélius, le meunier hurlant est le premier long-métrage de Yann Le Quellec. Une œuvre complète et virtuose.

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« Je vais mieux », un bon moment à passer au cinéma

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Laurent (Eric Elmosnino) est un quinquagénaire victime du mal du siècle : lors d’un repas avec sa femme et un couple d’amis, il ressent soudain d’affreuses douleurs au dos, alors même qu’il n’a fait aucun faux mouvement. Les spécialistes qu’il consulte ensuite sont unanimes : l’origine est à chercher du côté psychologique. Difficile d’identifier le problème pour cet homme si mou et victime de la méchanceté humaine : le mal vient-il du harcèlement qu’il subit au travail, du divorce que réclame sa femme à sa grande surprise, du manque d’affection de la part de ses parents ? Ou ne faudrait-il pas considérer toutes ces pressions ensemble ? Continuer la lecture de « Je vais mieux », un bon moment à passer au cinéma

« Gaspard va au mariage », le film le plus bizarre de ce printemps

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Déjà le générique aux lettres vertes « fluo » témoigne d’une esthétique particulière, plutôt désagréable. Tout comme la musique qui l’accompagne, digne des pires répondeurs automatiques de filiales commerciales. Puis, une invraisemblable première scène. Sans rire, le hasard de circonstances qui réunit Gaspard (Félix Moati) et Laura (Laetitia Dosch), nous n’y croyons pas une seconde, si tant est que nous y comprenions quelque chose.

Mais, qui l’eût cru, le pire reste à venir. Le spectateur se dit : non, tout de même, ils n’ont pas osé ? C’est bien l’annonce d’un premier chapitre au titre kitsch qu’il voit défiler à l’écran, avec en arrière-fond le plan d’un personnage au ralenti. Au ralenti ! C’est comme si le directeur de la photographie découvrait, euphorique, les quelques options d’iMovie et qu’il tentait une première expérimentation. Redevenons un peu sérieux : ce découpage en quatre parties n’était vraiment pas une bonne idée – un « reste du scénario », selon le réalisateur Antony Cordier – car la matière du film, elle, mériterait une meilleure forme.

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« Jalouse », une Karin Viard en pleine crise de la cinquantaine

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Jalouse est le nouveau long-métrage de David et Stéphane Foenkinos. S’inscrivant dans la comédie dramatique française, il met en scène la tourmente d’une femme s’approchant de la ménopause. Comme le note Le Figaro, cette thématique commence à devenir récurrente en France : « De L’Aurore de Blandine Lenoir à Retour chez ma mère d’Eric Lavaine en passant par L’Avenir de Mia Hansen-Love, le cinéma hexagonal ne paraît pas réfractaire à l’idée de traiter de ce sujet a priori casse-gueule ».

Casse-geule ? Le terme est bien choisi par le quotidien de droite. En effet, si le sujet abordé est grave, et intéressant, il comporte un risque cinématographique du fait de son caractère unilatéral. C’est bien le désavantage de toutes les œuvres à tendance psychologique, qui étendent sur la durée d’un film une question touchant au caractère d’un des protagonistes. Les frères Foenkinos sont tombés à moitié dans le piège, soignant la distribution au détriment de l’intrigue. Explications. Continuer la lecture de « Jalouse », une Karin Viard en pleine crise de la cinquantaine

« Demain tout commence » avec Omar Sy

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Le plagiste Samuel (Omar Sy) mène la belle vie, entre soirées arrosées et journées en bateau. Un jour, une « aventure d’un soir » vient lui apporter un bébé qui a curieusement un peu plus de dix mois. Samuel apprend qu’il en serait le père. Et, comble de stupeur, il voit la femme se volatiliser dans un taxi, laissant à Samuel ses affaires et… son enfant. Il va alors s’envoler pour Londres avec le bébé et finalement l’élever dans cette ville aux côtés d’un ami producteur remarquablement bien interprété. La suite, le film vous le dira.

Bien entendu, l’histoire est mielleuse. Bien entendu, le spectateur n’est pas invité à de profondes réflexions. Bien entendu, la mise en scène est « commerciale », comme on dit. Or j’ai de plus en plus de peine à être d’accord avec les médias qui définissent comme mauvaise toute oeuvre jugée populaire, ou efficace. Qu’y a-t-il de foncièrement mauvais à proposer un film qui va plaire à un public large ? N’est-ce pas là plutôt la marque d’un certain talent ? Continuer la lecture de « Demain tout commence » avec Omar Sy

« Le coeur en braille » ou l’échec de cette fin d’année

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Marie (interprétée par Alix Vaillot) est une jeune fille atteinte d’une maladie des yeux qui lui fait perdre progressivement la vue. Victor (interprété par Jean-Stan du Pac), un camarade de classe, est épris d’elle, même s’il met du temps à l’avouer. Lui n’a pas de problème de vue : il souffre plutôt de son incapacité à avoir des bonnes notes. S’installe alors une histoire d’amitié puis d’amour entre Victor et Marie, elle lui donnant des cours de soutien, lui l’aidant à cacher sa maladie pour pouvoir participer au concours dont elle rêve tant : une audition de violoncelle.

L’histoire s’annonce prenante, elle est d’ailleurs tirée d’un roman au même titre que le film. Or l’oeuvre qui nous est présentée sur les écrans depuis aujourd’hui possède tant de défauts que cela fait mal au coeur. La réalisation est ratée, voilà bien un constat qui met d’accord Le Monde, Télérama et la plupart des autres médias, auxquels s’ajoute Le Regard Libre. Continuer la lecture de « Le coeur en braille » ou l’échec de cette fin d’année

« Victoria » ou l’écriture d’un genre

Un article inédit de Jonas Follonier

Il est difficile de se prononcer sur le film Victoria sorti le mois dernier. La critique n’est pas unanime, les parents ne partagent pas l’avis de leurs enfants, les voisins ne sont pas d’accord entre eux. Normalement, cette situation résulte d’un clivage opposant d’un côté un public populaire à la recherche de divertissement et, de l’autre, des spectateurs ouverts à la poésie et au cinéma d’auteur.

Ici, il n’en est rien. Dans le camp des satisfaits aussi bien que dans le camp des mécontents, on trouve des vieux et des jeunots, des lourdauds et des intellos, des beaufs et des bobos. La subtile division de la presse et du public semble exprimer ce qui pourrait bien être la force de ce film : un brouillage des pistes. Continuer la lecture de « Victoria » ou l’écriture d’un genre