Archives par mot-clé : comédie française

«Un homme pressé», l’art du chef-d’œuvre

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Fabrice Luchini endosse dans ce nouveau film d’Hervé Mimran le rôle d’un homme d’affaires surchargé, toujours en mouvement, entre réunions de travail et conférences, un homme à la course, comme une automobile, domaine dans lequel il a d’ailleurs fait carrière suite au décès de son épouse. Bref, c’est un homme pressé. Un beau jour, il est victime d’un AVC. Sa vie change: des troubles du langage et de la mémoire vont désormais le forcer à réapprendre à parler avec une orthophoniste. C’est la rencontre avec cette femme, Jeanne (Leïla Bekhti), qui va l’aider à non seulement retrouver la maîtrise de la parole, mais aussi à reconnaître ses erreurs du passé et rattraper le temps perdu.

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«Le Jeu», une comédie douce-amère

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Un couple de trentenaires sur le tard ou quadragénaires en herbe se réunit pour une nouvelle soirée entre amis, dans un appartement classe. Des couples, pour la plupart; seul Ben (Grégory Gadebois) est en solo, sa fraîche compagne ayant la «gastro». La soirée s’annonce sympathique, même si les plats cuisinés par leur convive, Vincent (Stéphane De Groodt), ne sont pas à proprement parler ragoûtants. Mais «c’est une surprise» – comme le dit Vincent, avec un air délicieusement benêt – et nous vous la laisserons donc aussi, chers futurs spectateurs.

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«Le grand bain» des belles blessures

Les mercredis du cinéma – Alexandre Wälti

Sept types paumés et une femme brisée se reconstruisent grâce au rêve commun de participer aux mondiaux de natation synchronisée. Y parviendront-ils malgré leur mal de vivre? Ce condensé du synopsis annonce l’originalité du film de Gilles Lellouche. Le Grand Bain est une comédie dans laquelle la relation au corps joue un rôle important tout comme les blessures psychologiques. Elles donnent plus de force à l’humour. Nous aurions envie de parler d’ode à la difformité physique, d’éloge de la différence, d’apologie du singulier. Sans avoir peur de ces grands mots puisqu’ils soulignent précisément les particularités du film.

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«I feel good» – vraiment, Jean Dujardin?

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Dans cette farce aux allures de sketch de dix minutes qui a mal tourné, Jean Dujardin incarne Jacques, un paumé convaincu par les bienfaits du capitalisme. L’homme n’est rien, il se rêve grand patron. Pire, il sait qu’il va l’être, il est convaincu qu’il doit l’être, qu’il ne peut que l’être. Mais il ne sait rien faire, et surtout pas des travaux manuels. Pourtant, c’est aux portes d’une communauté Emmaüs qu’il va toquer, près de Pau, gérée par sa sœur Monique, interprétée par Yolande Moreau. Il va alors y présenter sa (brillante) idée de se lancer comme indépendant à la tête d’une petite entreprise de chirurgie esthétique low-cost.

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« Les vieux fourneaux »

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Pierrot, Mimile et Antoine sont trois amis d’enfance désormais septuagénaires, dont les retrouvailles s’inscrivent dans le contexte de l’enterrement de Lucette, la femme d’Antoine. L’élément déclencheur du film : Antoine découvre une lettre qui lui révèle un secret du passé le mettant en rogne. Depuis son Tarn natal, il se met alors en route vers la Toscane. Ses deux acolytes, accompagnés de Sophie, la petite-fille d’Antoine enceinte de six mois, se lancent alors à sa poursuite pour l’empêcher de commettre un crime passionnel… cinquante ans plus tard !

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Poelvoorde dans un « Au poste ! » totalement absurde et génial

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Au poste !, la nouvelle comédie de Quentin Dupieux, est un huis clos dans un poste de police, où le spectateur assiste à un tête-à-tête entre un garde à vue, Fugain (Grégoire Ludig) et un commissaire, Buron (Benoît Poelvoorde). Le premier est innocent, mais il est soumis à l’interrogatoire car il a appelé la police pour signaler la présence d’un cadavre au bas de son immeuble. Or, en tant que première personne à avoir vu le cadavre, il est considéré comme le suspect numéro un. C’est pour ça.

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« Bécassine ! », un humble spectacle d’émerveillement

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

« Vous pouvez m’appeler simplement Bécassine. »

Bécassine est une fille gentille. Bécassine est une fille simple, et même un peu simplette. Bécassine, on la connaît. C’est la bécasse de la bande dessinée, qui devient désormais un personnage de film, avec sa personnalité et ses aventures propres. Elle est bretonne ; elle rêve de Paris, de sa grandeur et de ses lumières. Au fond d’elle, elle veut en fait simplement se rendre utile, travailler et être heureuse.

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« Je vais mieux », un bon moment à passer au cinéma

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Laurent (Eric Elmosnino) est un quinquagénaire victime du mal du siècle : lors d’un repas avec sa femme et un couple d’amis, il ressent soudain d’affreuses douleurs au dos, alors même qu’il n’a fait aucun faux mouvement. Les spécialistes qu’il consulte ensuite sont unanimes : l’origine est à chercher du côté psychologique. Difficile d’identifier le problème pour cet homme si mou et victime de la méchanceté humaine : le mal vient-il du harcèlement qu’il subit au travail, du divorce que réclame sa femme à sa grande surprise, du manque d’affection de la part de ses parents ? Ou ne faudrait-il pas considérer toutes ces pressions ensemble ? Continuer la lecture de « Je vais mieux », un bon moment à passer au cinéma

« MILF », mais où va-t-on ?

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Trois femmes approchant la quarantaine se rendent à la maison de vacances de l’une d’entre elles (Virginie Ledoyen), en bord de mer. Le séjour s’annonce plutôt ennuyeux : elles doivent vider les affaires de cette dernière en vue de la vente prochaine de la demeure. Mais les adultes, dit-on, gardent tous en eux une part d’enfance. Aider leur amie dans cette phase difficile, trop épuisant, quoi. « Et si on allait faire de la voile ? C’est bien, la voile ! »

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« Gaspard va au mariage », le film le plus bizarre de ce printemps

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Déjà le générique aux lettres vertes « fluo » témoigne d’une esthétique particulière, plutôt désagréable. Tout comme la musique qui l’accompagne, digne des pires répondeurs automatiques de filiales commerciales. Puis, une invraisemblable première scène. Sans rire, le hasard de circonstances qui réunit Gaspard (Félix Moati) et Laura (Laetitia Dosch), nous n’y croyons pas une seconde, si tant est que nous y comprenions quelque chose.

Mais, qui l’eût cru, le pire reste à venir. Le spectateur se dit : non, tout de même, ils n’ont pas osé ? C’est bien l’annonce d’un premier chapitre au titre kitsch qu’il voit défiler à l’écran, avec en arrière-fond le plan d’un personnage au ralenti. Au ralenti ! C’est comme si le directeur de la photographie découvrait, euphorique, les quelques options d’iMovie et qu’il tentait une première expérimentation. Redevenons un peu sérieux : ce découpage en quatre parties n’était vraiment pas une bonne idée – un « reste du scénario », selon le réalisateur Antony Cordier – car la matière du film, elle, mériterait une meilleure forme.

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