Archives du mot-clé comédie française

« Gaspard va au mariage », le film le plus bizarre de ce printemps

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Déjà le générique aux lettres vertes « fluo » témoigne d’une esthétique particulière, plutôt désagréable. Tout comme la musique qui l’accompagne, digne des pires répondeurs automatiques de filiales commerciales. Puis, une invraisemblable première scène. Sans rire, le hasard de circonstances qui réunit Gaspard (Félix Moati) et Laura (Laetitia Dosch), nous n’y croyons pas une seconde, si tant est que nous y comprenions quelque chose.

Mais, qui l’eût cru, le pire reste à venir. Le spectateur se dit : non, tout de même, ils n’ont pas osé ? C’est bien l’annonce d’un premier chapitre au titre kitsch qu’il voit défiler à l’écran, avec en arrière-fond le plan d’un personnage au ralenti. Au ralenti ! C’est comme si le directeur de la photographie découvrait, euphorique, les quelques options d’iMovie et qu’il tentait une première expérimentation. Redevenons un peu sérieux : ce découpage en quatre parties n’était vraiment pas une bonne idée – un « reste du scénario », selon le réalisateur Antony Cordier – car la matière du film, elle, mériterait une meilleure forme.

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« Place publique », une métaphore de Thierry Ardisson

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Castro (Jean-Pierre Bacri) est un célèbre animateur de télévision dont la notoriété commence à s’effriter à cause des années. Il est convié par sa productrice, Nathalie (Léa Drucker), à la pendaison de crémaillère de sa nouvelle demeure, à une trentaine minutes de Paris. Décor champêtre, brochette d’invités issus du gratin audiovisuel de la capitale : l’ambiance est aux festivités, mais aussi à la bien-pensance. Castro, misanthrope et réplique parfaite de Thierry Ardisson, fait contraste parmi tous ces bobos – dont son ex-femme. La soirée va alors s’enflammer sous fond de tensions sociales, professionnelles et familiales.

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« Taxi 5 », ou Pattaya à Marseille

Les mercredis du cinéma – Marina De Toro

Tout commence avec Sylvain Marot (Franck Gastambide), policier à Paris, qui est muté contre sa volonté à la police municipale de Marseille. Ce transfert a surtout été effectué à cause de sa relation adultère avec la femme du préfet de Paris, mais il y a aussi ses prouesses en tant que pilote casse-cou et expérimenté qui n’ont pas joué en sa faveur. Arrivé à Marseille, Sylvain découvre son nouveau poste de police décrépi et sa nouvelle équipe composée de bras-cassés et de marginaux. Pourtant, il s’intègre rapidement et le travail ne manque avec l’ex-commissaire Gilbert (Bernard Farcy), désormais maire de Marseille, qui fait face à des voleurs italiens arrivant toujours à fuir en Ferrari. Le policier parisien comprend très vite que la traque s’annonce difficile, en particulier avec les véhicules utilitaires dont dispose la police municipale marseillaise.

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« Tout le monde debout » pour Franck Dubosc !

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Dans cette nouvelle comédie française, le célèbre Franck Dubosc incarne Jocelyn, un riche homme d’affaires menant une vie de Don Juan, et surtout de menteur. « Baiser en étant moi-même, ça ne me tente pas. » Voilà bien la philosophie de vie d’un homme plutôt ridicule et méprisable. Son meilleur ami Max (Gérard Darmon, excellent) ne manque d’ailleurs pas de le lui faire remarquer. « Tu es vraiment fou », dit-il, las, en écoutant les nouvelles histoires de ce manipulateur. La nouvelle idée de Jocelyn ? Se faire passer pour un paraplégique, afin de susciter la pitié et donc l’amour d’une autre handicapée. Celle-ci est incarnée par l’excellente Alexandra Lamy, qui dévoile ici tout son potentiel dramatique. Lire la suite « Tout le monde debout » pour Franck Dubosc !

« La Ch’tite famille » : un film pas très bo(o)n

Les mercredis du cinéma – Thierry Fivaz

Il y a dix ans de cela, à la même période, sortait dans les salles de l’Hexagone et de Suisse romande Bienvenue chez les Ch’tis (2008). Seconde réalisation de l’acteur et humoriste Dany Boon, cette comédie désormais bien connue racontait l’histoire d’un Français du Sud quelque peu affabulateur (Kad Merad) qui se voyait muter – pour son plus grand désarroi – à Bergues, petite ville située dans le Nord, et dans laquelle il rencontrait un Ch’ti au grand cœur (Dany Boon). Cette reprise du tandem antagoniste et l’alchimie qui se dégageait entre les deux comédiens rappelèrent immédiatement certains grands succès du cinéma populaire français – à l’image de La Grande Vadrouille (1966) – et demeure, sans doute, une des raisons de l’incroyable succès de ce film aux vingt millions d’entrées. Lire la suite « La Ch’tite famille » : un film pas très bo(o)n

« Momo » : mauvais, mauvais…

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Dans la comédie Momo, à l’affiche depuis le 27 décembre, Christian Clavier endosse une fois de plus le rôle d’un bourgeois français, bohème ou bourru, peu importe. Oui, car on connaît la chanson. Après un Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ? d’une grande qualité qui tournait en dérision les mariages cosmopolites et un A bras ouverts moyennement apprécié où le jardin de Clavier se faisait envahir par des Roms, le nouveau fond de commerce du célèbre interprète de Jacquouille semble suivre une pente de la mort.

A présent, place à l’arrivée d’un sourd dans la vie du riche. Un sourd ridicule que personne ne comprend et qui apparaîtra bien vite comme le fruit d’une des relations extra-conjugales de Clavier. On peine à rire devant cette énième comédie franchouillarde ne reposant sur rien d’autre que l’adage « on peut rire de tout ». Certes, tout objet est un sujet risible en puissance, mais encore faut-il qu’il soit servi avec goût, surtout au cinéma. Les chefs-d’œuvre Le dîner de cons ou La soupe aux choux ont beau être des comédies françaises à la sauce beauf, elles ne peuvent cependant pas être vues comme de simples copies de brèves de comptoir. Il y a un art de la beaufitude. Lire la suite « Momo » : mauvais, mauvais…

Rencontre avec Guillaume Gallienne, pour son nouveau film « Maryline »

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Guillaume Gallienne est un comédien et cinéaste qui s’est forgé une place de premier choix dans le paysage cinématographique français. Sociétaire de la Comédie-Française, il a été récompensé de deux Molières en 2010 et en 2011 ainsi que de quatre Césars en 2014 pour son premier film, aussi touchant qu’hilarant, Les Garçons et Guillaume, à table !. Cette année, Guillaume Gallienne livre un second long métrage puisant dans la veine dramatique, avec toujours en arrière-fond la thématique du jeu d’acteur. Rencontre à Lausanne quelques jours avant la sortie de Maryline.

Jonas Follonier : Maryline est un film sur le cinéma, sur le mutisme et sur l’alcoolisme notamment. Vous êtes-vous inspiré d’éléments réels, que vous avez vus ou vécus, pour la conception de ce film ?

Guillaume Gallienne : Ce film m’a été inspiré par une femme que j’ai rencontrée il y a quinze ans. Il s’agit d’une personne d’une grande humilité, qui m’a beaucoup touché. Elle m’a raconté sa vie. Son histoire m’a bouleversé, je la porte en moi depuis quinze ans. C’est avant tout l’histoire d’une femme qui n’a pas les mots pour se défendre et qui, malgré les humiliations et grâce à la bienveillance, va trouver son envol. J’ai choisi le cinéma et le théâtre comme un contexte, qui m’a permis d’exacerber mon propos. C’est en effet l’un des rares métiers où l’on vous dit : « Il faut tourner ici et maintenant, action ! »

Qu’est-ce qui vous a fait choisir Adeline d’Hermy, elle aussi sociétaire de la Comédie-Française, pour le rôle principal ?

J’ai rencontré Adeline lorsqu’elle est entrée à la Comédie-Française il y a six ans. Ce qui m’a d’abord impressionné chez elle, c’est l’humilité du personnage. Je pense que c’est quelque chose qui ne se compose pas. Ensuite, le film est construit comme une chronique, mais je visais le drame. Je savais qu’Adeline porterait ce drame de part en part et qu’elle tirerait le fil dramatique jusqu’au bout. Aussi, Adeline vient de la danse ; elle peut donc exprimer sans parler, et elle a l’art de s’exprimer dans le minuscule : dans un cou qui se tend, dans un mouvement d’épaule, dans une position du corps. Enfin, on sent que c’est une personne qui vient de sa campagne. Lire la suite Rencontre avec Guillaume Gallienne, pour son nouveau film « Maryline »