Archives par mot-clé : divine comédie

Jean-Michel Olivier: «La littérature est une sorte de banquet des disparus»

ENTRETIEN LONG FORMAT, Ivan Garcia | Dans le quartier des Grottes de Genève, près des «Schtroumpfs», ces étranges bâtiments qui auraient pu être construits par Gaudi, réside Jean-Michel Olivier. Ecrivain, enseignant retraité de français et d’anglais au Collège de Saussure, il a reçu le Prix Michel-Dentan en 2004 pour son récit L’Enfant secret. Il est également le seul écrivain helvétique à avoir été le lauréat du Prix Interallié: il l’a obtenu en 2010 pour son roman L’Amour nègre. En novembre 2020, l’écrivain genevois a publié un nouveau récit aux Editions de Fallois, Lucie d’enfer, un «conte noir». Simon, un écrivain perdu, y poursuit une certaine Lucie, une femme fatale, au sens propre comme au figuré. C’est à son domicile genevois, dans l’appartement où il a écrit tous ses livres, que Jean-Michel Olivier me reçoit pour parler de son dernier ouvrage, de son œuvre littéraire, de la photographie, de femmes fatales et d’écriture.

Ce contenu est réservé à nos abonnés.

Déjà un compte? Connexion

Pas encore de compte? Voir nos différentes formules d’abonnement (abo d’essai d’un mois gratuit)

Méditations syriennes

Le Regard Libre N° 9 – SoΦiamica

« Perte de la vue puis perte de la foi et de la destination : Aussi ma nuit extrême est-elle trois nuits. » Abul Ala Al-Ma’ari

Né en 973 après J.-C. près d’Alep en Syrie, Abul Ala Al-Ma’ari est un des plus grands poètes et penseurs de l’Âge d’or islamique. Il devint aveugle dès quatre ans, ce qui ne l’empêchera pas de faire ses études à Alep, Antioche et Tripoli, et de publier un premier recueil de poésies philosophiques intitulé Saqt az-zand, soit l’Étincelle d’Amadou. Devenu populaire, il est invité par les prestigieuses instances intellectuelles de Bagdad, auxquelles il refuse de vendre une partie de ses œuvres et dont il perdra par conséquent le soutien. Il rentre alors en 1010 en Syrie où il mène une vie d’ascète jusqu’à la fin de sa vie en 1057, retiré dans une modeste maison. À la fois respecté pour ses talents littéraires et blâmé pour l’audace de sa pensée libre, Al-Ma’ari écrit son deuxième ouvrage, la Nécessité de ce qui n’est pas Nécessaire (Luzum ma lam yalzam), suivi de l’Epître du Pardon (Risalat al-ghufran), auquel on comparera souvent la Divine comédie de Dante. Son œuvre se terminera avec le recueil d’homélies Al-Fusul wa al-ghayat, littéralement Paragraphes et Périodes. Une grande partie de ses écrits est aujourd’hui malheureusement perdue.

Continuer la lecture de Méditations syriennes